La Révolution Prolétarienne, portait en sous-titre « la revue qui n’a pas observé le mouvement ouvrier mais qui l’a vécu ». C’est dire si les grèves y ont tenu une place importante. L’ouvrage paru à l’occasion des cent ans de la revue, en 2025, en témoigne. Nous avons choisi ici des extraits d’articles relatifs à la grève des mineurs, en 1963. Le premier met en avant l’échec de la réquisition et sa signification, les enseignements que le mouvement ouvrier doit en tirer. Le second, pour paraphraser son titre, « fait penser » sur plusieurs sujets d’importance : l’ancrage du syndicalisme dans le réel, le rôle des résistances et des révoltes, l’unité d’action, les nationalisations qui n’ont rien à voir avec une socialisation, etc.
Fondée en janvier 1925 par Pierre Monatte, une figure majeure du syndicalisme du début du 20e siècle, La Révolution prolétarienne affiche depuis un siècle son credo: unité syndicale, autonomie du mouvement syndical vis-à-vis des partis, anticolonialisme, lutte contre le capitalisme et le stalinisme. Au fil des 832 numéros parus, on trouve des articles théoriques, des études documentées sur des grèves et des secteurs professionnels, des comptes rendus de congrès syndicaux, des textes sur le féminisme, le colonialisme, l’environnement, des notes de lecture, des commentaires sur les événements culturels… De la révolution russe de 1917 à la révolution espagnole de 1936, des procès de Moscou aux grèves de juin 1936, de la décolonisation de l’Algérie à l’antiracisme et à la question de la laïcité, tous les grands moments du siècle écoulé se retrouvent dans La Révolution prolétarienne. La revue – qui paraît encore aujourd’hui – se veut toujours une « coopérative intellectuelle », qui ne vend pas d’« articles tout faits » ni de « comprimés d’idéologies ».
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