Le Service national universel

Le 13 septembre 2018, le Premier ministre d’alors, Edouard Philippe, déclarait que le SNU devait être pour les jeunes « une fabrique de la citoyenneté et de l’engagement », l’armée étant chargée de « transmettre les valeurs [car elle] en a l’expérience ». Sarah El Haïry, actuelle Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation nationale et des Sports, chargée de la Jeunesse et de l’Engagement, vient de réaffirmer que le Service national universel (SNU) serait obligatoire en 2026, pour 800 000 jeunes de 16 ans. Elle insiste : « Je considère que chanter “la Marseillaise” et donner du respect au drapeau font partie d’un moment d’unité citoyenne. Donc si, au cours du séjour, un jeune refuse de chanter “la Marseillaise”, d’assister au lever des couleurs, ou de porter l’uniforme, il devra quand même s’y conformer ».

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Les Jeunesses syndicalistes

On connait les Jeunesses des organisations politiques (Jeunesses communistes, socialistes, communistes révolutionnaires, libertaires, écologistes, etc.), mais on parle rarement des Jeunesses syndicalistes ou Jeunesses syndicales (JS) ; et pour cause : en France, elles n’ont guère existé qu’au premier quart du siècle passé, et de manière intermittente. Les organisations politiques ne sont pas pour rien dans cette situation : Les Jeunesses socialistes avant la Première Guerre mondiale, plus encore les Jeunesses communistes dans les années 1920, voyaient d’un mauvais œil cette organisation autonome de la jeunesses, basée sur l’appartenance à sa classe sociale, non inféodée à leur parti. Bien plus tard, on retrouvera des débats similaires parmi la jeunesse lycéenne et étudiante des « années 68 » : entre celles et ceux qui voulaient organiser des syndicats ou collectifs larges et d’autres pour qui la priorité était la construction de « leurs » Jeunesses spécifiques. Mais revenons-en aux Jeunesses syndicalistes…

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Étudiant∙es et confinement

Le monde étudiant a été particulièrement touché par le confinement lié à la crise sanitaire. Sachant que plus de la moitié de la population étudiante doit travailler pour vivre, ceci s’est d’abord traduit par de nombreuses pertes d’emploi aux conséquences souvent dramatiques. Faute de moyens, de ressources, la « continuité pédagogique » vantée par le gouvernement n’est qu’un mirage pour les plus démuni∙es. Le confinement a été l’occasion d’accélérer la mise en place de mesures ultralibérales prévues de longue date. Par ailleurs, l’isolement du confinement s’est traduit par une détérioration de l’état de santé global parmi les étudiantes et étudiants. C’est aussi une période où l’organisation collective, le syndicalisme, les luttes, si elles ne sont pas impossibles sont plus difficiles.

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2006 : victoire contre le CPE

Printemps 2006 : un mouvement social fort, entrainé par les étudiant∙es et les lycéen∙nes, obtient la suppression du Contrat première embauche, alors même que la loi le créant avait été voté et promulgué. C’est un coût d’arrêt à la spirale de la précarisation ; c’est une victoire de « la rue », contre « la loi ». Avec Universités sous tension. Retours sur la mobilisation contre la loi sur l’égalité des chances et le CPE , des actrices et acteurs de cette lutte reviennent sur la construction de la mobilisation, sur les moyens d’actions, sur les rapports de force entre ses différentes composantes. Refusant le simplisme du « mouvement historique », ces jeunes camarades produisent alors un texte riche d’enseignements. Nous en publions ici un chapitre.

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Celles et ceux des lycées pro

Hier comme aujourd’hui, la rhétorique ministérielle et gouvernementale de « l’égalité des chances » à l’école se heurte à la sélection sociale instituée par les trois voies du lycée (générale, technologique et professionnelle). Témoin de l’école du tri social, reproduisant les inégalités, le lycée professionnel est dévoré par le « monde de l’entreprise » et les intérêts capitalistes. Les enfants des classes populaires y sont massivement scolarisés. Le combat pour l’égalité et l’émancipation peut et doit néanmoins s’y frayer un chemin.

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Démocratiser l’école … pour mettre fin aux inégalités scolaires et à l’amplification des inégalités sociales

Après que le dispositif PISA ait annoncé que l’école française se place brillamment au dernier rang mondial concernant la résorption des inégalités sociales, qu’elle contribue carrément à amplifier, il nous apparaît urgent de proposer une analyse solide des raisons de cet échec structurel.

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La place centrale de l’enfant dans les pédagogies émancipatrices

Le terme « pédagogies émancipatrices » recoupe une multitude de courants pédagogiques, la plupart ayant émergé dans la première moitié du XXe siècle. Des pédagogies critiques, incarnées principalement par la figure du brésilien Paulo Freire, aux pédagogies institutionnelles développées dans les mouvements d’éducation populaire, en passant par les travaux d’Elise et Célestin Freinet, on retrouve plusieurs principes communs permettant de les regrouper sous cette expression « pédagogies émancipatrices ».

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