Grève et culture : dépasser la contradiction

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Conceptrice-animatrice d’ateliers de philosophie, Anouk Colombani est membre de SUD Culture Solidaires et de l’union interprofessionnelle Solidaires Seine-Saint-Denis (93) dont elle est co-secrétaire. Elle est également une des animatrices du site ruedelacommune.com et des activités liées.


Une permanence syndicale sur les statuts et régimes d’emploi de la culture. [SUD Culture Solidaires]
Une permanence syndicale sur les statuts et régimes d’emploi de la culture. [SUD Culture Solidaires]

Depuis plusieurs années, le secteur culturel connait une explosion des luttes sociales. Secteur peu connu du milieu syndical et considéré comme peu intéressant du point de vue de la mobilisation, ces luttes sont passées pour la plupart sous les radars. Cette dissonance est probablement dû aux formes de lutte spécifique du milieu de la culture. Or, si ces formes sont spécifiques, elles n’en sont pas pourtant inoffensives et inefficaces. En effet, comme le montre la réaction du public en 2023 contre les salarié‧es de l’Opéra de Lyon, la grève de la culture et des arts heurte la bourgeoisie. Elle ne supporte pas que ses troublions s’arrêtent et disent qu’ils veulent être traités correctement. Mais cela ne concerne pas que la bourgeoisie, dans les milieux syndicaux aussi, on considère inconsciemment que les arts ne peuvent pas s’arrêter. Après sa manifestation, on ira tranquillement voir un film, un concert… ou regarder sa série sur sa plateforme.  Alors que SUD Culture connait de larges bouleversements, nous livrons quelques éléments d’analyse sur les possibilités de grève dans la culture aujourd’hui.

Quand on pense grève dans la culture revient souvent le mouvement des intermittent‧es [1] de 2003. Ce souvenir – souvent flou – a pour corollaire que les intermittent‧es sont considéré‧es comme les tenant‧es d’une lutte des classes dans la culture. Pour rappel, le mouvement de 2003 se tient dans un contexte particulier, quelques mois après la défaite historique de la gauche à la présidentielle, qui voit l’élection de Jacques Chirac et l’accession de Le Pen au second tour, pour la première fois. L’année connait des luttes contre une réforme des retraites visant à aligner le public sur le privé, un contre-sommet international à Evian, un mouvement étudiant… Les luttes des intermittent‧es commencent au début de l’année 2003, alors que s’annonce une réforme drastique de l’accès au régime. Depuis les années 1960, le nombre d’intermittent‧es a doublé, avoisinant les 100 000 au début des années 2000. Le patronat classique souhaite casser le régime, qu’il présente comme déficitaire. Il s’y essaye à chaque négociation du protocole UNEDIC provoquant manifestations et parfois grève de la Fédération nationale des syndicats du spectacle de l’audiovisuel et de l’action culturelle CGT (FNSAC-CGT ou CGT spectacle). En 2003, des négociations se tiennent pendant plusieurs mois, les festivals sont menacés, certains tournages impactés. Le couperet tombe à la fin du mois de juin, le MEDEF, la CFDT, la CFE-CGC et la CFTC signent un accord augmentant le ratio nécessaire heures/mois pour entrer dans le régime.


Lors d’une journée « Cultures en lutte », le 20 mars 2025. [SUD Culture Solidaires]
Lors d’une journée « Cultures en lutte », le 20 mars 2025. [SUD Culture Solidaires]

Le festival d’Avignon [2] est sur le point de commencer. En réaction à cet accord, se tiennent des grandes assemblées générales réunissant des milliers d’acteurs et actrices de la culture. On débat de la possibilité de la grève. Mais la grève ne peut être votée en une fois puisque le festival d’Avignon comprend deux parties : la partie officielle, financée par des fonds publics, appelée aujourd’hui le « In » et un « Off », qui comprend des centaines de compagnie, plus ou moins grosses, à l’économie plus complexe et fragile. Les AG mettent la pression sur le « In ». La stratégie consiste à mettre la pression via le théâtre subventionné. C’est à lui de prendre les risques. Alors, peut-être, le théâtre privé suivra. Les premiers jours voient un festival quasiment à l’arrêt menant, le 10 juillet, à l’annulation officielle du festival « In ». Une partie du public hue les grévistes, et conspue la CGT. Des « grands noms » expriment aussi, plus ou moins violemment, leurs désaccords comme Bartabas, qui voue aux gémonies la CGT et les grévistes, ou Arianne Mnouchkine, qui, plus calmement, ses doutes sur la grève et son poids réel. Ces deux figures sont deux faces héritées de 68, opposées mais assez proches l’une de l’autre. Bartabas [3] c’est l’artiste entrepreneur. « Je n’ai jamais eu besoin des syndicats, et je n’en aurai jamais besoin » hurle-t-il. Arianne Mnouchkine [4] défend de son côté l’importance de la continuité du propos des arts. L’art a plus de poids s’il parle que s’il se tait. Mais quoiqu’il en soit The show must go on

68 n’est pas une référence hasardeuse. Le festival, créé en 1947, n’avait jamais été annulé, même en juillet 1968. Mais les temps ont changé, le revendicatif aussi. En 1968, le Théâtre de l’Odéon, le Festival de cinéma de Cannes ou encore Avignon sont autant de lieux où on débat de la culture, et surtout de son rôle et de son propos ; mais on débat peu des conditions sociales. Les temps sont au rapprochement entre la culture et les publics. Il faut aller jouer dans les usines, dans les écoles, dans les campagnes et les villages. L’élargissement de l’intermittence sera, au fil du temps, le bras armé de la logique entrepreneuriale qu’on impose à la culture. On vous « offre » l’intermittence mais prouvez-nous que vous êtes rentables. C’est cette logique entrepreneuriale qui constitue le principal frein à la grève, même au nom des idéaux artistiques. C’est d’ailleurs après 68 que sont créées les syndicats patronaux de la culture comme le SYNDEAC, qui regroupe des dirigeants de compagnie ou théâtre. Ce syndicat se donne pour mission « la défense solidaire du spectacle vivant avec les syndicats de salariés » et entretient de fait une relation particulière à la CGT. Ensemble, ils créeront la future convention collective des entreprises du spectacle vivant dit subventionné (Convention collective nationale des entreprises artistiques et culturelles – CCNEAC). Le SYNDEAC et les autres formations professionnelles diverses créées depuis ne sont pas adhérentes au MEDEF.

En 2003, la réforme passe, contre l’avis de la CGT, de FO mais aussi du SYNDEAC. Cependant, la grève devient révélatrice d’une fracture entre un monde ouvrier du spectacle et un monde patron qui ne s’assume qu’à moitié comme tel. L’artiste ne se veut ni ouvrier, ni patron. Or il oublie qu’il est, comme tout le monde, pris à l’intérieur du système capitaliste et qu’à ce titre, il doit choisir son camp. La grève de 2003 laissera des traces du côté des stratégies des intermittent‧es. Les années suivantes verront une partie des intermittent‧es préférer les prises de parole dans des cérémonies ou des lieux culturels, les occupations où l’art ne s’arrête pas et où l’on peut repenser le monde… La lutte s’incarne aussi dans la création des coordinations d’intermittent‧es et précaires (les CIP) qui cherchent à prendre part aux négociations, tout en refusant la logique du dialogue social pour faire valoir une autre logique au sein de l’assurance chômage. Les coordinations posent aussi sur la table la nécessité de repenser toute la politique culturelle, par-delà la seule question du régime de l’intermittence. Les CIP s’imposeront et emmèneront avec elles d’autres organisations non représentatives (comme SUD Culture) aux tables de discussion et de propositions. Elles constituent aussi des lieux d’autodéfense juridique, via des permanences concernant les ASSEDIC, le droit au Revenu minimum d’insertion ou encore les droits liés à la Caisse d’allocation familiale ; elles regroupent ainsi en leur sein plus que des intermittent‧es et pas uniquement des travailleur·euses de la culture.

Cependant, après une nouvelle attaque contre l’intermittence repoussée en 2014, les structures issues de 2003 s’étiolent. En 2021, de nouveau, les intermittent‧es surgissent du chapeau et occupent les théâtres pour demander des garanties après la crise du COVID, durant laquelle la majorité d’entre eux et elles, n’ont pas fait leurs heures. Se joignent d’autres professions précaires de la culture mais aussi de la restauration. Les intermittent‧es auront leur année blanche, pas les autres.

Cet élément n’est pas anodin. Comme pris dans une forteresse assiégée, la stratégie qui a permis de tenir certaines digues s’essouffle. L’intersyndicale de la CCNEAC, renommée Culture en danger, regroupant les syndicats patronaux et salarié‧es n’a pas réussi à résister aux coupes budgétaires récentes. Le spectacle vivant, à l’instar de l’ensemble de la culture, est démantelé morceau par morceau et subit un plan social invisible. Mais la culture persiste à croire en son mythe d’intérêts communs aux patrons que sont les dirigeants des compagnies et des théâtres et aux salarié‧es. Elle se croit monde alors qu’elle est production.

Au stade où nous en sommes, penser les luttes et la grève, c’est repenser l’unité du secteur. Pour cela, quelques chiffres sont utiles pour comprendre la sociologie des métiers culturels : « En 2020, la part des personnes non salariées est ainsi beaucoup plus élevée – plus du triple – que dans le reste des professions (40 % contre 12 %). Cette forme d’emploi tend à s’étendre depuis le début des années 1990, notamment dans les arts visuels, où elle est prépondérante, l’enseignement artistique en amateur, le design. Parmi cette population, se comptent également les artistes-auteurs (plasticiens, écrivains, compositeurs, etc.) qui perçoivent des droits d’auteur au titre de leur création artistique, et dont les effectifs ont crû dans le sillage de l’augmentation des graphistes. Pour les salariés, la part des contrats à durée limitée (CDD, vacations, emplois aidés…) est passée de 20 % à 28 % au cours de la période 2000-2020, contre 11 % à 15 % pour l’ensemble des professions salariées. [5] »

Si une partie de ces contrats sont « compensés [6] » par le régime de l’intermittence, ce n’est pas une règle pour l’ensemble des professions culturelles. Nombre de travailleurs et travailleuses se retrouvent en CDD d’usage/vacation au régime général ou sous des régimes d’indépendance (artistes auteur‧trices, micro-entreprenariat). Ces augmentations sont aussi liées à une explosion du secteur public, qui externalise massivement une partie de ses missions, comme la réalisation des expositions ou la transmission culturelle. Par ailleurs, l’intermittence est loin de protéger aujourd’hui de la précarité. Le taux de remplacement est plutôt de 1100 euros par mois et l’intermittence se paie au prix d’une course aux heures qui ne connait jamais de fin et de repos.


Rassemblement devant le Conseil des prud’hommes de Paris, le 19 janvier 2026, à l’occasion d’une audience concernant la répression exercée par Musea. [SUD Culture Solidaires]
Rassemblement devant le Conseil des prud’hommes de Paris, le 19 janvier 2026, à l’occasion d’une audience concernant la répression exercée par Musea. [SUD Culture Solidaires]

Une partie de ces situations n’est pas nouvelle. La culture et les arts reposent sur le mythe de la bohème. L’artiste doit être pauvre et pas vénal. C’est encore plus vrai des métiers qui entourent les arts et la culture. Il faudrait travailler pour la passion et la grandeur des Arts. Le tout porté par un storytelling adoré des métiers, de l’artiste qui a réussi après des années de galère. Mais arts et culture, si valorisés et prisés dans les discours, ont perdu de leur splendeur. Nombre de travailleurs et travailleuses remettent en cause aujourd’hui une économie toxique, qui tue ses travailleurs et travailleuses, s’accompagnant d’une privatisation de l’accès aux cultures et aux arts. Transformé en marché, on se concentre aujourd’hui sur la privatisation des espaces pour de grands groupes, des entreprises, des riches familles plutôt qu’à un accueil vaste de tous les publics, dans de bonnes conditions. Cette chute de considération ouvre aussi la possibilité de luttes plus dures.

Pour toutes ces raisons, SUD Culture travaille à une réorganisation de ses sections. Formalisant le fait que beaucoup de travailleurs et travailleuses du privé de la culture sont des travailleurs et travailleuses aux statuts bizarres, avec de multi-employeurs, un travail se fait aujourd’hui pour regrouper géographiquement et par grande branche toutes ces travailleur·euses. Le défi n’est pas anodin, car il s’agit aussi de faire sortir les travailleur·euses de la culture d’un discours qui les placerait à part du monde du travail. Ce mélange de statuts est crucial, car il permet qu’un ensemble de personnes se forme et découvre le syndicalisme. Il s’agit de faire connaitre des professions et des droits. Que signifie une posture debout ? travailleur dehors ? Des séries de travail de 12 heures ? Travaille-t-on de nuit quand on finit à 2h ? Etc. Nul doute que cela marque aussi le début d’une nouvelle ère de la grève.

Il s’agit de faire corps dans la culture, qui se présente comme un vaste milieu assez difficilement compréhensible. Le ministère lui-même ne fait rien pour s’y retrouver. Secteur autant public que privé à l’incroyable diversité de statuts d’emploi, il est de fait un lieu de tensions et d’incompréhensions colossales, qui n’en facilitent pas l’organisation. Cet émiettement se retrouve dans le paysage syndical historique. La CGT et la CFDT ont besoin de plusieurs fédérations pour couvrir l’ensemble de la culture et éclatent les travailleur·euses culturels dans des syndicats culture (ministère), spectacle, commerce, tourisme… SUD Culture constitue à ce titre un OVNI. Le syndicat a fait le choix, en 1996, d’être un syndicat transversal, ce qui lui permet encore aujourd’hui d’avoir par exemple pour un seul site comme le Louvre : une section d’agents publics, une section d’agents assimilés fonctionnaires, une section par prestataires, mais aussi des micro-entrepreneurs, des artiste auteur‧trices, des artistes et technicien‧nes sous régime de l’intermittence… Même si la déstructuration du secteur a amené quelques sections du côté de SUD Commerce ou Sud P2ST [7].

SUD Culture a aussi avancé dans la création de sections transversales de travailleurs et travailleuses multi-employeurs. Ce sont des sections géographiques dans la majorité des départements, qui regroupe des travailleur·euses de petites structures, ou multi-employeurs, ou en attente de section propre. La section la plus poussée en la matière est la section francilienne appelée MICAM [8], créée dans une région particulière, puisque l’Île-de-France comprend 30% des métiers culturels non salarié‧es du pays (la région Auvergne-Rhône-Alpes étant juste après, avec 12%) et 51,6 % des métiers salariés. Une autre invention du syndicat développée récemment est le regroupement par branche transversales aux sections. Ces branches hétérogènes permettent de travailler des secteurs et des situations dans leur globalité. A ce titre, l’exemple de la branche Métiers du livre est assez inspirant. Les concerné‧es ont pris la décision de structurer une branche allant de l’auteur‧trice à la vente du livre, comprenant ainsi toutes les étapes de la production d’un ouvrage. En faisant corps commun, iels organisent une solidarité de résistance entre les divers espaces de la production. Un des enjeux est bien la convergence réelle des « bouts » de la culture.

L’une des sections porteuses de cette stratégie depuis des années est celle de la Bibliothèque nationale de France (Paris). Elle porte régulièrement des luttes de vacataires, pour obtenir de meilleurs contrats, voire des titularisations, obtenant souvent des résultats. Elle a aussi soutenu des luttes autour des travailleurs et travailleuses du nettoyage du site de la BNF. Plus inédit, à cheval sur fin 2025-début 2026, le Louvre a été le lieu d’un ensemble de mouvements de travailleurs et travailleuses. La plus visible des grèves est celles des agents, qui portent des revendications sur la situation générale du musée. La grève s’organise une fois par semaine, le lundi. S’y ajoutent des jours de grève isolés, liés à la tenue d’assemblées générales. Les agents témoignent d’un mouvement sans précédent mais aussi de liens qui ne se faisaient pas auparavant entre des catégories différentes de travailleurs et travailleuses du musée.

Cette grève croise deux autres mouvements autour du plus grand musée national : celle des salarié‧es de Musea (entreprise qui possède le marché concernant une partie de l’accueil du Louvre), qui ont fait plusieurs journées de grève depuis l’été 2024 et celle des guides conférencier·ères (qui interviennent via des agences ou en micro-entrepreneur) qui se montrent solidaires de mouvement qui minent leur activité, provoquant une grève de fait. Pour le secteur, ces grèves sont importantes. Plusieurs signes le montrent :
•  une augmentation conséquente du nombre d’adhérent‧es, ces entrant‧es partageant l’idée qu’il est l’heure de la lutte contre la libéralisation du secteur ;
•  la répression, particulièrement marquée dans le cas de Musea avec des licenciements suites à des grèves et des pressions répétées contre la récente section SUD ;
•  la gestion catastrophique de la grève par la direction du Louvre qui ne parvient pas y mettre fin ;
•  l’apparition d’une solidarité effective, qui passe par des rencontres entre les différents groupes, la diffusion des tracts des un‧es et des autres, des communiqués de soutien et même des rassemblements communs.

Cette solidarité est importante, voire nécessaire à la tenue de ces grèves ou à leur réussite. Un des enjeux de la culture est la cohabitation sur un lieu de travail de salarié‧es aux employeurs différents. Ce fait n’est pas seulement celui d’un immense établissement comme le Louvre, il est valable pour des petits lieux comme un théâtre, une salle de concert, etc. Le collectif existe autour d’un objet de travail et non autour d’une administration commune. Cet enjeu de solidarité a aussi été au cœur des mouvements Cultures en lutte, qui sont apparus entre la fin de l’année 2024 et le premier semestre 2025. Ce mouvement, que nous voulions large, a essentiellement rassemblé les travailleurs et travailleuses du spectacle vivant, et plutôt des personnes sous régime dit de l’intermittence, mais il avait vocation à faire solidarité dans l’ensemble de la culture. Pour SUD Culture, de ces luttes est aussi réapparue la nécessité de revendiquer un élargissement de l’intermittence à nombre de professions de la culture qui en ont été privées (comme les festivalier‧es du cinéma ou les guides conférencier‧es), voire un salaire social de la culture.

Autre élément de la recrudescence des luttes, la démultiplication des collectifs par secteur ou métier. Ces collectifs remettent à plat la situation de leur secteur et de leurs métiers. On y trouve aussi une forme de pistage des structures. Les salarié‧es échangent sur tel ou tel lieu avec une direction toxique, maltraitante parfois autrice d’harcèlements et de violences. Ces échanges aboutissent aussi à des grèves, parfois d’une seule journée, mais suffisantes pour créer des remous.

Tous ces éléments viennent attester d’un renforcement du conflit dans tout le secteur. Si les syndicats font leur travail, la grève a de beaux jours devant elle. Au public maintenant de faire aussi son travail …


      Anouk Colombani


[1] Intermittent du spectacle désigne un artiste ou technicien professionnel du spectacle vivant, du cinéma ou de l’audiovisuel qui a ouvert des droits spécifiques au chômage lié à un salaire sur lequel s’applique une cotisation supplémentaire. Ce droit est conditionné par un nombre d’heures travaillées durant l’année. Ainsi un ensemble de travailleurs et travailleuses cotise à l’intermittence sans en bénéficier. L’intermittence est un régime de la sécurité sociale et non un statut d’emploi, les intermittent‧es signent des contrats à durée déterminée d’usage (CDDU).
[2] Le festival d’Avignon est un festival de théâtre se tenant depuis 1947, à Avignon, tous les étés. Il constitue la principale vitrine pour une large partie des compagnies de théâtre.
[3] Fondateur du Théâtre Zingaro, cirque équestre dont le chapiteau fixe est installé à Aubervilliers (93).
[4] Fondatrice du Théâtre du soleil, fixé à Vincennes.
[5] Fiche chiffres clés Emploi Culture, DEPS, 2024, ministère de la Culture.
[6] Je place des guillemets car le recours au CCDU est lié à un accord inter-branche de 1998, et constitue un recul social.
[7] Prestataires de service du secteur tertiaire.
[8] Métiers intermittents de la création des arts et de la médiation.



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