Impérialismes, campisme, syndicalisme…

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La période est marquée par une intensification des conflits impérialistes. De Gaza à l’Ukraine, du Moyen-Orient à l’Amérique latine, en passant par les territoires encore colonisés par la France comme en Kanaky, les logiques de domination, de guerre et de contrôle des ressources s’approfondissent. Le génocide mené par l’armée israélienne à Gaza, la guerre impérialiste menée par la Russie en Ukraine et les processus génocidaires en découlant, les bombardements israélo-américains en Iran, les pressions économiques et politiques contre le Venezuela, ou encore le maintien de la domination coloniale française en Kanaky et autres territoires « ultramarins » participent d’un même système. Les logiques impérialistes structurent la période actuelle. Elles prennent des formes multiples, mais produisent partout les mêmes effets : guerre, occupation, répression, exploitation. Ce sont les travailleurs et les travailleuses qui en paient le prix.

Dans ce contexte, notre rôle ne peut pas être déclaratif. En tant que syndicalistes, il ne s’agit pas seulement de dénoncer, mais de construire des solidarités concrètes, durables, utiles. C’est notamment le sens de l’engagement de l’Union syndicale Solidaires au sein du Réseau syndical international de solidarité et de luttes (RSISL). Ce Réseau est un outil pour agir. Il permet de construire des liens directs entre organisations syndicales de lutte, de partir des besoins exprimés localement, et de mettre en œuvre des formes de solidarité qui ne restent pas au niveau des principes. Il permet aussi d’organiser des campagnes communes, des prises de position coordonnées, et d’assurer une circulation rapide d’informations et d’appels entre les différentes organisations membres.

Avec les organisations syndicales palestiniennes, la solidarité s’inscrit dans la durée. Elle passe par le relais de leurs appels, le soutien aux campagnes de boycott, mais aussi par des engagements directs : participation de l’Union syndicale Solidaires aux flottilles pour Gaza, organisation de délégations en Cisjordanie pour rencontrer des syndicalistes et des travailleurs et travailleuses confronté·es à l’occupation. Ces démarches permettent de construire une solidarité ancrée dans le réel, et de renforcer les liens politiques et syndicaux. Cette solidarité s’incarne aussi par des liens de métier à métier, comme le soutien de la fédération SUD PTT au syndicat des travailleurs et travailleuses du secteur postal de Palestine (PPSWU), celui du SNJ aux journalistes palestinien‧nes ciblé‧es particulièrement par l’armée israélienne, l’implication de la fédération SUD Éducation dans la campagne Éducation for Gaza, ou encore l’aide de la fédération SUD Santé Sociaux aux soignant·es de Gaza.


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En Ukraine, les liens construits dans le cadre du RSISL reposent aussi sur des échanges directs. Des délégations du Réseau se sont rendues sur place pour rencontrer les camarades, comprendre la situation concrète et construire des formes de soutien adaptées. Cela se traduit également par des initiatives concrètes, comme par le soutien financier apporté par la fédération SUD-Rail aux syndicats de cheminot·es ukrainien‧nes, ou par la cagnotte mise en place par SUD éducation Paris en soutien à Priama Diia, syndicat étudiant ukrainien. Ce type d’initiative permet un appui matériel direct à des organisations qui s’organisent dans des conditions extrêmement difficiles.

En Amérique latine, notamment au Venezuela, les relations construites dans le cadre du Réseau reposent sur des échanges réguliers, l’accueil de délégations, et un travail d’information permettant de rendre visibles les luttes sociales et les conditions concrètes dans lesquelles elles se mènent.

En Iran, un travail en confiance s’est tissé avec SSTI (Solidarité socialiste avec les travailleurs et les travailleuses en Iran). Cette organisation, en lien direct avec les syndicats en Iran, nourrit le travail de l’Union syndicale Solidaires. Par ailleurs, les travailleurs et les travailleuses de Haft Tappeh (sucrerie) et VAHED (syndicat des bus de Téhéran) sont membres du RSISL, tout comme SSTI.

Ces pratiques reposent sur une méthode : partir des luttes et des travailleurs et travailleuses qui les mènent, construire des liens directs, agir dans la durée, et refuser une solidarité uniquement symbolique ou ponctuelle. Cela suppose de rompre avec une approche descendante de la solidarité. Il ne s’agit pas de parler « sur », mais d’agir « avec ». Cela implique de prendre en compte les réalités locales, leurs contradictions, et de maintenir une ligne claire : indépendance vis-à-vis des États, centralité des intérêts des travailleurs et travailleuses.


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Dans ce cadre, le refus du campisme est essentiel. Le campisme est une grille de lecture qui consiste à diviser les rapports internationaux en camps antagonistes monolithiques et à apporter un soutien politique à l’un de ces camps de manière quasi systématique (actif ou par défaut en refusant de le dénoncer, de le nommer), au détriment d’une analyse indépendante fondée sur les intérêts des peuples, des travailleurs et des travailleuses, et sur des principes d’émancipation.

Le campisme subordonne l’analyse et les principes à l’appartenance à un bloc et revient, par exemple, à considérer qu’il n’y a qu’un seul grand ennemi, un seul grand impérialisme, celui des États-Unis d’Amérique et de son appendice l’OTAN. Le terme « campisme » renvoie à une période historique, celle de la majeure partie du 20ème siècle, durant laquelle une partie des mouvements se réclamant de l’émancipation sociale, de la révolution, du progressisme, considérait que face au camp étatsunien il fallait soutenir, ou ne pas dénoncer, le camp soviétique et/ou chinois.

Le campisme enferme donc dans des logiques d’alignement sur des blocs géopolitiques, d’ailleurs non monolithiques (israélo-américain, russo-iranien, chinois, etc.). Il conduit à relativiser certaines dominations et à en invisibiliser d’autres. Par exemple, soutenir le peuple palestinien face au génocide perpétré par Israël, mais refuser de soutenir la résistance, armée et non armée, des travailleurs et travailleuses en Ukraine face à l’agression russe au motif que la Russie s’oppose aux puissances occidentales, relève d’une logique campiste. De même, pour les organisations qui parce que l’Iran est attaqué par les États-Unis d’Amérique et Israël — ce qu’il faut dénoncer et combattre, bien sûr ! — en viennent à passer sous silence la réalité du régime réactionnaire et sanguinaire des mollahs, voire à le soutenir. Autre exemple, quand des organisations, au nom de la (juste et nécessaire) lutte contre la Françafrique, sont silencieuses face aux impérialismes russe ou chinois et aux régimes liberticides en place. Dit autrement, les ennemi‧es de nos ennemi‧es ne sont pas forcément nos ami‧es. Loin de là !


Le régime iranien s’affiche à la conférence de Porto Alegre. [DR]
Le régime iranien s’affiche à la conférence de Porto Alegre. [DR]

À l’inverse, l’internationalisme que nous construisons avec le RSISL part d’un principe simple : notre « camp » est celui des exploité·es et opprimé·es, partout. Cela signifie refuser de trier entre les oppressions, refuser de justifier des politiques impérialistes au nom d’équilibres géopolitiques, et soutenir les luttes d’émancipation là où elles se mènent. Dans un contexte de montée des guerres, des nationalismes et des politiques autoritaires, cet internationalisme concret est une nécessité. Ce n’est pas un supplément : c’est une dimension centrale de notre syndicalisme de lutte.

Qu’ils soient portés par d’anciennes puissances ou par des puissances émergentes, les impérialismes s’expriment à travers des guerres, des occupations, des sanctions, des rapports de dépendance et des logiques de contrôle des populations et des territoires. États-Unis, Russie, Chine, Israël, France et autres puissances participent, à des degrés et sous des formes différentes, à ces dynamiques de domination à l’échelle mondiale.

L’impérialisme américain se manifeste à travers un ensemble d’interventions militaires, de sanctions économiques et de soutiens diplomatiques et matériels à ses alliés stratégiques, qui structurent des rapports de domination à l’échelle mondiale. Il se traduit notamment dans son rôle central au Moyen-Orient, avec un soutien militaire et politique à Israël dans son génocide du peuple palestinien et dans sa politique de colonisation de la Palestine et du Liban. Il s’exprime aussi par des politiques de pression et d’asphyxie économique contre des pays comme Cuba ou le Venezuela, ainsi que par des opérations militaires ou frappes dans différentes régions, notamment en Iran, où les bombardements américano-israéliens ont causé la mort de milliers de civils depuis le début de l’année 2026.

L’impérialisme russe repose sur une logique de puissance régionale et de contrôle par la guerre, comme en Ukraine, où l’invasion s’accompagne de destructions massives et de déplacements forcés de populations civiles, de crimes de guerre à grande échelle et de processus génocidaires. En Géorgie également, la présence militaire russe et le soutien à des entités séparatistes s’inscrivent dans une stratégie d’imposition de zones d’influence et de remise en cause des souverainetés. Cette logique s’étend également à l’Afrique, où la Russie renforce son influence à travers des accords militaires, des ventes d’armes, des partenariats économiques et le déploiement de sociétés militaires privées comme le groupe Wagner (et ses structures successeures, telles « l’Africa Corps ! »), notamment en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, s’accompagnant d’exactions à l’encontre des populations civiles dans plusieurs pays.

L’impérialisme chinois, souvent oublié, combine expansion économique mondiale, investissements massifs et contrôle d’infrastructures stratégiques avec une forte dimension de répression interne. Cela se traduit notamment par l’oppression des populations ouïghoures au Xinjiang, soumises à un système de surveillance de masse, d’internement et de travail forcé, ainsi que par la restriction des libertés politiques et médiatiques, à Hong Kong depuis l’imposition de la loi sur la sécurité nationale. À l’extérieur, son influence s’exerce aussi via des rapports économiques asymétriques et des projets d’infrastructures qui placent certains États sous forte dépendance financière et stratégique.


Une nouvelle fois, le régime iranien s’affiche à la conférence de Porto Alegre. [DR]
Une nouvelle fois, le régime iranien s’affiche à la conférence de Porto Alegre. [DR]

L’impérialisme français, lui, s’inscrit dans une histoire longue de domination coloniale et néocoloniale, qui continue de se traduire aujourd’hui par des relations inégalitaires avec de nombreux territoires et pays, notamment en Afrique. À travers les dispositifs de la « Françafrique », les accords militaires, les réseaux économiques, la présence de multinationales et le contrôle de certaines ressources stratégiques, la France maintient une influence politique et économique importante sur plusieurs États africains, au détriment de leur souveraineté réelle et des aspirations des peuples. Cette logique de domination se manifeste aussi dans les territoires coloniaux encore sous administration française, comme la Kanaky, où la population Kanak a été confrontée à une histoire de dépossession, de répression et de marginalisation politique et économique.

Ces éléments, une fois posés, doivent aussi nous servir de boussole dans les cadres d’alliance unitaire que nous construisons depuis la France, en soutien aux peuples partout dans le monde.

Le 21 avril 2026


➜ L’ensemble du numéro 29 de la revue Les utopiques, dont le dossier a pour titre « Où va le monde ? » Notamment :
➜ Gérard Gourguechon, « Trump, Musk et Vance : Une nouvelle phase du capitalisme ? », Les utopiques n° 29, été 2025.
➜ Verveine Angeli, « Quelques réflexions sur la situation actuelle », Les utopiques n° 29, été 2025.
➜ Christian Mahieux, « Pour la paix, comme tout le monde ? », Les utopiques n° 29, été 2025.
➜ Patrick Le Trehondat, « Ukraine : syndicalisme en temps de guerre », Les utopiques n° 29, été 2025.
➜ Brendan Chabannes, « Sur le fascisme : Russie, États-Unis, Ukraine… », Les utopiques n° 29, été 2025.
➜ L’ensemble du numéro 21 de la revue Les utopiques, dont le dossier a pour titre « Guerres, paix, impérialismes, désarmement… des questions syndicales », dont :
➜ Verveine Angeli, « Impérialismes ; comment se situer et agir dans un monde multipolaire ? », Les utopiques n° 21, hiver 2022.
➜ Christian Mahieux, Julien Troccaz, « Le syndicalisme dans la guerre en Ukraine », Les utopiques n° 21, hiver 2022.
➜ La note de l’Union syndicale Solidaires adressée, le 19 avril 2026, aux membres du Réseau européen de solidarité avec l’Ukraine et de son comité français.
➜ Et bien sûr, la revue internationale n° 15 : « Vivre l’internationalisme ».

    ⬛      La commission internationale de l’Union syndicale Solidaires


    Le Réseau européen/international de solidarité avec l’Ukraine et son ouverture vers l’Amérique latine

    Il est posé au sein du Réseau européen de solidarité avec l’Ukraine (RESU) la question de sa transformation en Réseau international ; en clair, il s’agit d’officialiser le fait qu’il n’est pas seulement européen. Officialiser, parce que dans les faits il est déjà élargi à quelques personnes ou groupes des continents américains. Pas de quoi faire débat, a priori. Pour l’Union syndicale Solidaires, si les camarades d’autres continents n’ont pas jugé utile depuis 2022 de créer des réseaux continentaux de solidarité avec l’Ukraine et préfèrent rejoindre un réseau devenant international, il y a juste à prendre acte.

    Mais c’est l’occasion pour nous d’attirer l’attention sur les motivations de cette proposition, plus de quatre ans après la création du RESU. Cette proposition est faite à la suite à la conférence antifasciste internationale qui s’est tenue à Porto Alegre, fin mars. Pour redire les choses déjà dites à ne nombreuses reprises, dès janvier 2026, au sein du comité français du RESU. L’Union syndicale Solidaires n’a pas participé à cette conférence internationale antifasciste, pour deux raisons essentielles :
    — d’une part, le fait qu’elle soit convoquée par le PT, le PCdoB et le PSOL. Que ce soient des organisations partidaires participant et/ou soutenant le gouvernement Lula qui convoquent cette initiative n’a pas soulevé l’enthousiasme, d’autant que dans les onze conférences programmées, il n’y avait rien de prévu à propos de la responsabilité des gouvernements de gauche dans la montée de l’extrême droite ;
    — d’autre part, et c’est plus directement lié à ce qui concerne le RESU, parce qu’en matière de guerre, d’impérialisme, de résistance des peuples, jamais il n’était fait état de l’Ukraine et de la Russie, ni dans le texte d’appel, ni dans les onze conférences programmées. Aussi, nous considérions que cette initiative n’avait pas de rapport avec la solidarité avec la résistance ukrainienne. Pour autant, nous précisions n’avoir aucun avis à donner sur le fait que des organisations du RESU participent à cette rencontre, comme chacune peut le faire pour les initiatives qu’elle souhaite.
    La mise en avant, par les organisateurs et organisatrices de représentants et représentantes d’une organisation française connue pour son absence de soutien à la résistance ukrainienne ne risquait pas d’aviver des regrets quant à notre non-participation.

    Nous avons décidé de ne pas fragiliser le comité français du RESU lorsqu’au sein de celui-ci a été acté que la présence de camarades d’Ukraine et du RESU à Porto Alegre était une bonne chose, au nom d’un consensus qui n’existait pas (et pas seulement du fait de représentants de l’Union syndicale Solidaires). Pour ce qui nous concerne, avant comme après, il est clair que cette initiative ne concernait pas le soutien à la résistance ukrainienne. Pour comprendre le contexte, nous partageons ce que disent les représentant‧es du Comité International de la Quatrième Internationale : « En fait, nos organisations [de la 4ème internationale] — en particulier le MES, une tendance au sein du PSOL particulièrement forte dans le Rio Grande do Sul — constituaient une grande partie des participants : d’une part, c’est une source de fierté, mais d’autre part, cela reflète le fait que la lutte pour l’unité, pour la construction d’un mouvement de masse aux côtés des organisations réformistes et des syndicats, reste encore à mener. »

    Si nous revenons sur le sujet aujourd’hui, c’est parce que cette dynamique, à notre sens mortifère pour les activités communes au sein du RESU, continue. Nous ne débattrons pas du caractère positif ou pas que quelques dizaines de personnes déjà convaincues aient participé à un atelier (parmi 150) avec les camarades d’Ukraine au sein de cette conférence rassemblant plusieurs milliers de personnes ; ni du fait que la résistance ukrainienne et le régime de Poutine n’existent toujours pas dans la déclaration finale. Mais les conditions dans lesquelles l’ouverture à l’Amérique latine devient une évidence pour beaucoup interrogent : c’est explicitement dans la suite de Porto Alegre et en se basant sur les liens avec un des courants internes au PSOL, le MES. Qu’une partie d’un parti politique brésilien soutienne la résistance ukrainienne n’est évidemment pas critiquable, au contraire ; qu’en 2026, nous fassions semblant de découvrir qu’il y a des forces syndicales et politiques en Amérique latine, et particulièrement au Brésil qui sont sur ces positions est embêtant : cela existe depuis quatre ans ; et pas seulement en termes de positions, mais aussi de pratiques s’y rapportant.
    ➜ Au sein du comité français du RESU, et plus globalement du RESU, nous avons eu l’occasion d’expliquer à plusieurs reprises le travail commun que nous menions à travers le Réseau syndical international de solidarité et de luttes avec nos camarades de la Central sindical e popular Conlutas.
    ➜ Depuis 2022, ces camarades ont participé à trois convois syndicaux vers l’Ukraine, tant sur le plan des personnes se rendant sur place que pour la solidarité financière et matérielle.
    ➜ La CSP Conlutas a organisé une campagne pour l’eau lancée par le syndicat KVPU des mineurs de Kryvyi Rih. Cette campagne a été lancée lors du dernier congrès de la CSP-Conlutas en 2023 et s’est poursuivie par des actions à São José dos Campos, Rio de Janeiro, Belo Horizonte, Mariana, São João del Rey et São Paulo, en présence d’un responsable du syndicat des mineurs.
    ➜ Ils et elles ont invité des représentantes et représentants de syndicats ukrainiens à leurs congrès où ils et elles se sont exprimé‧es devant 3 000 personnes.
    ➜ La CSP Conlutas a organisé au Brésil la campagne pour la libération de deux militants de mouvements sociaux, Denys Matsola et Vladyslav Zhuravlev, qui ont été faits prisonniers de guerre au début de l’agression à grande échelle en 2022 à Marioupol.
    ➜ Depuis le début de l’agression russe à grande échelle en 2022, la CSP-Conlutas participe régulièrement aux manifestations mensuelles de la communauté ukrainienne à São Paulo.
    ➜ Et puis, des camarades de la CSP Conlutas ont mené plusieurs activités locales : conférences lors des activités de rentrée universitaire dans plusieurs universités, débats au sein des syndicats et du mouvement populaire, ainsi que des activités en ligne avec des militants et militantes en Ukraine.

    En deux mots, depuis 2022 nous savons qu’il existe des forces « non campistes » en Amérique latine, et notamment au Brésil, qui font des choses depuis quatre ans ; la moindre des choses est de s’appuyer sur elles en priorité, non ? Ce serait source d’efficacité, certes sans pour autant prétendre résoudre par ce seul biais la question de « la construction d’un mouvement de masse » ; ce serait signe d’une volonté partagée de continuer à construire ensemble la solidarité internationaliste avec la résistance ukrainienne.

    Le récent texte d’Alfons Bech, coordinateur syndical de l’ENSU, est également mis en avant comme ouvrant des perspectives pour l’avenir à construire ensemble. Quelle est la conclusion de ce texte ? C’est ceci : « Porto Alegre a montré qu’il était possible de se rassembler et de lutter ensemble. La Quatrième Internationale, le MES-PSOL, la LIS, le PSTU-LITCI, l’UIT-CI, Democracia Socialista de Puerto Rico, La Aurora… ainsi que d’autres organisations politiques et revues révolutionnaires s’accordent pour soutenir l’Ukraine. La plupart d’entre elles ont participé à Porto Alegre. Serait-elle d’accord pour travailler ensemble à l’organisation d’une conférence antifasciste en Europe autour de points communs où la lutte contre tous les impérialismes, la liberté des peuples et le front unique de la classe ouvrière seraient la référence commune ? »

    En ce qui nous concerne, si nous participons à l’ENSU/RESU, c’est pour construire et/ou amplifier des actions de solidarité avec la résistance ukrainienne (et les désobéissant‧es russes opposé‧es à la guerre, les forces syndicales du Belarus en exil, etc.). D’où notre choix, confirmé, de ne pas participer à des discussions à propos d’initiatives qui n’entrent pas dans ce cadre. Qu’est-ce qu’une initiative qui ne rentre pas dans ce cadre ? C’est, par exemple :
    ➜ une initiative dont l’appel ne mentionne ni l’Ukraine ni la Russie,
    ➜ une initiative dont les organisateurs et organisatrices confirment que c’est délibérément que ces mots et ces sujets-là ne sont pas mentionnés pour gagner certaines organisations,
    ➜ une initiative qui ne prévoit aucune séance plénière consacrée à l’Ukraine, à la Russie
    ➜ une initiative dont le texte final ne mentionne ni l’Ukraine ni la Russie.
    Reste que bien évidemment chaque composante de l’ENSU, chaque composante du comité français du RESU a toute liberté pour y participer sans que cela interfère avec l’activité et les réunions ENSU/RESU.

    Ceci étant, puisque cette rencontre ne cesse d’être évoquée dans les réunions et les échanges du RESU et de son comité français, ajoutons qu’a posteriori, la présence dans la conférence d’un agent d’influence de la République islamique d’Iran dont le drapeau ornait une tribune, et son intervention applaudie, alors que ce régime dictatorial venait d’assassiner plus de 30 000 Iranien·nes ont montré les « limites » politiques particulières du champ de la lutte anti-impérialiste et antifasciste que les organisateurs et organisatrices avaient dressées et dont, de plus, la Russie, à leurs yeux n’était en rien concernée, puisque nulle part mentionnée dans les différentes déclarations. C’est en complète contradiction avec le soutien aux travailleurs et travailleuses, aux femmes, à toutes celles et tous ceux qui, sur place et en exil, luttent depuis des années contre ce régime. Ce n’est pas supportable pour les camarades de Solidarité socialiste avec les travailleurs en Iran, par exemple ; c’est en opposition avec le travail mené en intersyndicale, en France et à l’échelle internationale.

    Pour en revenir au Réseau européen de solidarité avec l’Ukraine et à son comité français, à notre sens, il serait utile que les activités se recentrent sur les actions directes de solidarité, menées et à mener, nationalement, comme localement ou sectoriellement :
    ➜ par la poursuite de l’organisation de campagnes spécifiques ;
    ➜ par la poursuite de l’organisation ou la co-organisation d’évènements permettant de faire connaitre la résistance ukrainienne (publications, débats, films, etc.)
    ➜ par le soutien à des campagnes ou initiatives autres (d’autres collectifs, de l’intersyndicale, etc.).

    ⬛      Union syndicale Solidaires
    Le 20 avril 2026



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