La Grève féministe – Quand les femmes s’arrêtent, le monde s’arrête

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Infirmière, Julie Ferrua a été secrétaire fédérale de la fédération SUD Santé Sociaux, avant de rejoindre le Secrétariat national de l’Union syndicale Solidaires, dont elle est co-déléguée générale depuis 2024. Murielle Guilbert est inspectrice des Finances publiques, membre de Solidaires Finances publiques et co-déléguée générale de l’Union syndicale Solidaires.


[Solidaires]
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Pendant des décennies, on a raconté que le 8 mars commémorait une manifestation de couturières à New York en 1857. Or, comme l’a démontré l’historienne Françoise Picq [1], cet événement n’a jamais eu lieu ! Ce mythe, forgé dans les années 50, visait à détacher la date de ses racines soviétiques pour lui redonner un souffle plus « acceptable » ou syndical. La réalité est plus politique : c’est en 1910, lors de la IIe Conférence internationale des femmes socialistes, que Clara Zetkin propose la création d’une journée annuelle pour le suffrage universel et les droits des travailleuses. Son but ? Mobiliser les travailleuses et contrecarrer l’influence des « féministes de la bourgeoisie ». On l’oublie un peu trop souvent, mais en 1917, ce sont les ouvrières de Petrograd qui, en manifestant le 8 mars « pour le pain et la paix », allument la mèche de la Révolution russe.


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Pourquoi appeler à la grève plutôt qu’à de simples manifestations ? Parce que la grève est l’outil qui, par son blocage, rend visible ce qui est habituellement dissimulé. Parce que si les femmes s’arrêtent, c’est la société entière qui s’arrête. Pour nous féministes et syndicalistes, la grève féministe ne s’arrête pas à la porte de l’usine ou du bureau ou à ce que l’on appelle le travail productif. Elle s’attaque au travail reproductif, ce concept réinvesti par des chercheuses comme Fanny Gallot. Le travail reproductif, c’est tout ce qui permet à la vie de continue et au travail dit productif (salarié) de pouvoir exister : faire les courses, soigner les enfants, écouter un proche en détresse, nettoyer, cuisiner.
Le capitalisme ne tient debout que parce que ce travail de soin et du lien -le care- est assuré gratuitement ou à bas coût par les femmes, au nom d’une prétendue nature féminine. S’occuper des enfants serait inné pour les femmes, soigner le serait aussi. Et comme cela est « inné », finalement ce n’est pas une compétence, à reconnaître et rémunérer, mais un prolongement de la nature, donc gratuit. En découle ainsi les métiers à prédominance féminine, mal reconnus, mal rémunérés. Avoir des revendications féministes pour un syndicat de transformation sociale comme Solidaires, c’est évidemment faire le lien entre la place des femmes dans le monde du travail, et dans quelles conditions les femmes dans leur vie quotidienne sont actrices de la reproduction de cette force de travail. Revendiquer sur la question salariale, sur la reconnaissance des métiers féminisés, sur la place des femmes aux postes les plus élevés, ne peut se réaliser ni se comprendre sans savoir quelle assignation sociale ont les femmes dans un système patriarcal (tâches ménagères, éducation des enfants, charge mentale), et quels stéréotypes, quel sexisme elles subissent, sans parler des violences sexistes et sexuelles dont elles sont victimes. Le travail reproductif a évidemment un impact très important sur les femmes au travail : qui prend les congés parentaux ? Le temps partiel ? Qui est « disponible » pour sa carrière ? Dans quel secteur elles travaillent ?

En faisant grève, nous sortons du productivisme aveugle. Nous montrons que si nous arrêtons de soigner, d’éduquer et de nettoyer, la machine économique s’effondre. Parce que la grève féministe est une grève totale. Elle ne se contente pas de faire déserter l’entreprise, les lieux de travail ; elle infiltre tous les recoins de l’existence : des lieux d’études au domicile. Nous grèvons :
Le travail productif (salarié) : pour dénoncer les écarts de salaire, la précarité (78 % des précaires sont des femmes), les violences sexistes et sexuelles au travail, etc.
Le travail reproductif (gratuit ou salarié) : c’est rendre visible le care (soin, éducation, ménage) assuré gratuitement au nom d’une prétendue nature féminine ou sous-rémunéré, mal reconnu.
Les études : pour refuser un système qui invisibilise les savoirs des femmes et des minorités.
La consommation : en solidarité avec les femmes du Sud global, exploitées par les modes de production de masse destinés aux pays du Nord. Et pour dénoncer les injonctions esthétiques et bloquer les flux de profits dont nous sommes les cibles (taxe rose par exemple).

On pourrait aussi imaginer, pour les années futures, d’appeler aussi à la grève du sexe, qui est aussi une arme politique de nos prédécesseuses. De la pièce d’Aristophane aux grèves du sexe, pour la paix, de femmes au Liberia en 2003, le refus de l’intimité a toujours été un levier de pression pour forcer les hommes à regarder la réalité politique en face. Ainsi, il existe une asymétrie profonde entre la grève féministe telle que nous l’avons politisée et la grève traditionnelle : quand un homme fait grève, il quitte son poste mais, souvent, il rentre chez lui retrouver un repas chaud et des enfants dont quelqu’une d’autre s’est occupé. Pour nous, faire grève signifie aussi cesser le travail domestique. La grève féministe oblige à rendre visible la charge mentale : qui va chercher les enfants à l’école ? Qui prévoit le repas du soir ?

La grève féministe est une grève du travail rémunéré et non rémunéré mais quand il s’arrête, tout s’arrête. La grève féministe rend visible le fait que le capitalisme ne tient debout que parce que le travail reproductif – pour produire la chair à patron (ou à canon) de demain – est assuré par les femmes.

L’histoire telle qu’elle s’écrit a méthodiquement effacé les femmes. On nous présente souvent des pionnières isolées, des exceptions qui confirment la règle masculine. C’est ce que plusieurs féministes appellent le syndrome de la Schtroumpfette : cette femme unique, parfaite selon les normes du moment, entourée d’hommes. Nous refusons cette lecture. Les femmes n’ont pas été des exceptions à travers l’histoire ; elles ont agi collectivement Nous marchons dans les pas des Penn Sardin de Douarnenez (1924), ces ouvrières des conserveries de poisson qui menèrent l’une des grèves les plus victorieuses de l’époque pour une augmentation de salaire : au cri de « Pemp real a vo ! » (Cinq réaux ça sera !). Et encore avant, la grève des cigarières du Bazacle à Toulouse (1905), ou encore des Ovalistes à Lyon (1869).

Comme l’écrit Anouck Colombani dans Femmes syndicalistes, racontons-nous ! l’imaginaire collectif a genré [2] la figure du gréviste : on imagine un ouvrier en bleu de travail, la casquette sur la tête, le poing levé. Mais derrière cette image d’Épinal, les femmes ont toujours été là. Dans les secteurs mixtes (le textile, l’alimentation, la métallurgie légère), les femmes faisaient grève aux côtés des hommes. Sur les piquets de grève, les femmes organisaient les soupes populaires, géraient les caisses de solidarité, allaient interpeller les mairies pour obtenir des bons de pain. Et souvent, les femmes de grévistes finissaient par s’organiser en comités autonomes pour empêcher les briseurs de grèves de pénétrer sur les sites pour reprendre la production. C’est ce que Michelle Perrot appelle les silences de l’histoire : « Il n’y a jamais eu de grèves “d’hommes” qui n’aient reposées sur le courage et l’organisation invisible des femmes. En invisibilisant leur rôle de soutien logistique et militant, l’histoire a volé aux femmes la moitié de leurs victoires. »

Nous héritons aussi directement du Mouvement de libération des femmes (MLF) des années 1970. En France, le MLF a été un des souffles qui a tout changé : en inventant la manifestation sans les hommes (comme celle de 1971 [3]), en luttant pour la réappropriation de nos corps, de l’avortement à la contraception, et en posant le principe du « privé est politique » [4]. C’est cette radicalité qui a permis de sortir le féminisme des salons pour l’amener dans la rue et dans les usines. L’histoire internationale nous porte aussi : en 1975, 90 % des Islandaises ont fait grève (le Kvennafrí), paralysant le pays et changeant à jamais la perception de leur rôle social. Le 14 juin 1991, c’était au tour des Suissesses de transformer le pays en un immense océan de revendications.

En 2012, à Toulouse, des militantes associatives (Mix-cité), syndicales (Solidaires, FSU) et politiques ont créé le collectif Grrrève des femmes [5]. L’objectif était clair : arracher le 8 mars aux griffes de la « fête de la femme », pour le rendre à son histoire révolutionnaire, celle de Clara Zetkin. « Quand c’est trop, c’est la grève ! ». Nous appelions à cesser le travail à la maison (en faisant des actions en amont du 8 mars en jetant des gants ménagers) et au boulot en faisant des actions dans sensibilisation dans le métro et en déposant des préavis de grève localement et qui voit des crèches et écoles fermer.  Ce mot d’ordre de grève des femmes, nous l’avons ensuite porté à Solidaires au niveau national. La commission femmes de Solidaires s’emparé de cet exemple et va ensuite voir le Comité national du droit des femmes (CNDF) pour proposer cette modalité d’action et de lutte, afin de dynamiser les 8 mars, journées internationales pour le droit des femmes. Porter la grève des femmes était remettre la radicalité dans le mouvement féministe. Mais c’était également provoquer des discussions dans nos syndicats où, parfois, la mobilisation du 8 mars et plus globalement les mobilisations féministes, étaient vues comme un supplément d’âme ! Déposer un préavis de grève et appeler à la grève, c’est du sérieux pour les militant‧es et comprendre les enjeux, choisir les mots d’ordre devenait à nouveau source de débats syndicaux.

C’est aussi en 2015 qu’on voit tous les mouvements internationaux, et spécialement sur les questions de violences sexistes et sexuelles s’étendre et porter une dynamique féministe qui va s’agréger et aboutir aux mouvements massifs de grèves féministes, spécialement en 2018, avec l’exemple des femmes espagnoles massivement en grève et dans la rue ce jour-là. Dans ces années 2016 à 2018, le débat sur la grève des femmes, la grève féministe, s’étend également à la CGT, à la FSU, avec des réticences sur la grève « des femmes » qui serait clivante (parce que ne s’adressant qu’aux femmes). Progressivement, c’est la notion de grève féministe qui s’impose (les hommes pouvant être féministes, ou plus précisément alliés des féministes). En 2020, dans la lancé des mobilisations contre la retraite à point, la grève féministe du 8 mars prend de l’ampleur en France. On est encore loin des millions de femmes qui sont sorti dans les rues en Espagne, mais nous sommes des dizaines et des dizaines de milliers à Paris et dans plusieurs villes sur l’ensemble du territoire. En 2023 lors du mouvement social des retraites, l’ensemble des organisations syndicales appellent à rejoindre le 8 mars (même si certaines restent réticences et n’iront pas sur l’appel à une grève féministe). En 2024, et encore cette année en 2026, l’appel intersyndical au 8 mars est large : la CGT, Solidaires, la FSU, mais aussi la CFDT, et l’UNSA appellent à la grève féministe !


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La grève féministe fait le focus sur le fait que sans les femmes le monde s’arrête. L’épisode Covid a mis en avant les métiers essentiels très largement occupés par des femmes (et des personnes issues de l’immigration) : les premières de corvée. Toutefois, les syndicats ont encore du mal à donner l’ampleur qu’il faudrait à ces grèves du 8 mars. Les taux de grève restent faibles et/ou mal comptabilisés, même si, comme dans tout conflit social désormais, on retrouve les mêmes difficultés à pouvoir mettre massivement en grève. Solidaires a d’ailleurs le mandat depuis son dernier congrès pour réinterroger le rôle et les modalités de grève pour qu’elles soient plus étendues et efficaces. La grève féministe, on l’a vu, ne cantonne pas la grève à la seule cessation du travail. L’évolution du salariat, et l’explosion des collectifs de travail donnent une importance à faire de la grève quelque chose de bloquant et de visible. Sur ces aspects-là, la grève féministe ne peut qu’être inspirante. La grève féministe a permis la repolitisation du travail du soin des autres, mais aussi le fait de se réapproprier la grève, et des formes de mobilisation qui sont utiles à tout le mouvement social !

Face à la précarité galopante -rappelons que 78 % des travailleurs précaires sont des femmes-, la sororité, l’adelphité, ne sont pas de vains mots dans la construction de la grève féministe ; c’est un outil de survie. L’auto-organisation en non-mixité nous permet de reprendre la parole sans être interrompues, de partager nos vécus de violences sans être jugées, et de construire des stratégies de défense. Quand les femmes font grève, il se crée des solidarités concrètes : des caisses de grève, des garderies autogérées, des réseaux d’entraide. Nous ne demandons plus la permission de nous organiser ; nous créons nos propres structures de pouvoir horizontal. C’est dans cette auto-organisation que naît la force politique capable de s’opposer aux politiques d’austérité qui frappent toujours les femmes en premier.


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La lutte des femmes de chambre de l’hôtel Ibis Batignolles (2019-2021) en est un exemple. Ces femmes, pour la plupart racisées et sous-traitées, n’ont pas seulement lutté contre leur employeur pour des salaires décents. Elles ont dû inventer une infrastructure de survie pour tenir 22 mois de conflit. Dans leurs témoignages, elles racontent comment la grève a nécessité une réorganisation totale de leur « deuxième journée » :
• Mise en place d’une garderie : pendant qu’une partie du groupe manifestait, d’autres s’occupaient des enfants des grévistes.
•  Mise en place d’une cantine solidaire : la gestion des repas est devenue collective. On ne cuisinait plus seule dans sa cuisine, on mutualisait les ressources pour que chacune puisse manger, malgré la perte de salaire.
•  Mise en place d’un soutien psychologique : face à la pression patronale et au mépris, l’entraide émotionnelle a fonctionné comme un véritable soin militant.
Ces femmes ont prouvé qu’une grève de femmes est indissociable d’une forme de « communisme » domestique. Elles n’ont pas seulement arrêté de nettoyer les chambres des autres ; elles ont collectivisé le soin de leurs propres familles pour pouvoir tenir le pavé. C’est là que l’écoféminisme et l’intersectionnalité se rejoignent : la lutte pour la dignité au travail ne peut se faire sans une révolution de la manière dont nous gérons nos besoins vitaux (et donc l’ensemble de nos ressources). C’est en ça qu’une grève féministe est une véritable grève générale qui repense totalement la société.

Notre féminisme ne peut être qu’intersectionnel. Nous affirmons que la lutte contre le patriarcat est indissociable de la lutte contre le capitalisme, le racisme et l’impérialisme. Comment parler de libération des femmes sans inclure les femmes de chambre de l’Ibis Batignolles ? Comment ignorer les femmes racisées en première ligne des métiers du soin et du nettoyage pendant la lutte contre une pandémie ? L’importance du 8 mars est mondiale. Depuis 2018, les femmes de l’Etat espagnol nous montrent la voie avec des grèves de plusieurs millions de personnes. Du Chili à l’Argentine avec le mouvement Ni Una Menos, la grève féministe est devenue le moteur principal de la contestation sociale globale. C’est ici que l’écoféminisme prend tout son sens. Il existe un lien direct entre l’exploitation des corps (travail gratuit, contrôle de la reproduction) et l’exploitation de la terre. Le patriarcat traite les femmes comme il traite la nature : comme une ressource inépuisable et gratuite. Prôner une grève féministe, c’est aussi prôner une écologie radicale qui remet le soin du vivant au centre, loin de la recherche du profit infini.

Nous devons changer de paradigme. La grève féministe n’est pas une sous-grève ou un mouvement de diversion par rapport à la « vraie » lutte des classes. Au contraire, c’est la grève totale. Elle touche à la racine même de la production et de la reproduction de la vie. Si nous nous arrêtons, si nous cessons de porter le monde sur nos épaules, le système s’effondre. Mais cette perspective n’est pas seulement une menace pour l’ordre établi, c’est une immense promesse. C’est l’espoir d’un monde où la valeur d’une existence ne se mesure pas à sa productivité marchande, mais à la qualité des liens que nous tissons. Nous finissons souvent les mobilisations féministes avec un sentiment de puissance et un amour profond pour notre mouvement. Le féminisme nous a rendu nos voix, nos corps et nos sœurs, nos adelphes. Nous avons pleuré, crié, danser, chanté. La révolution commence dans la rue, mais elle se termine dans nos salons, dans nos lits et dans nos têtes. Demain, nous continuerons. Parce que quand les femmes s’arrêtent, le monde s’arrête, mais quand elles se mettent en mouvement, un nouveau monde commence [6].

    Julie Ferrua, Murielle Guilbert


[1] François Picq : https://lejournal.cnrs.fr/articles/journee-des-femmes-la-veritable-histoire-du-8-mars
[2] Jusqu’au XVIIe siècle, l’accord de proximité prévalait. C’est sous l’influence de grammairiens comme l’abbé Bouhours qu’a été imposée la règle selon laquelle « le masculin l’emporte sur le féminin ». En utilisant le masculin universel (« les ouvriers »), on occulte la présence et l’action des travailleuses. L’Union syndicale Solidaires revendique la féminisation des textes pour rendre cette réalité visible.
[3] www.fresques.ina.fr/elles-centrepompidou/parcours/0008/autour-de-l-exposition.html
[4] www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/caf89031668/la-greve-des-femmes
[5] Julie Ferrua, « L’assemblée féministe toutes en grève à Toulouse », Les Utopiques n°14, éditions Syllepse, 2020.
[6] Pour prolonger : Françoise Picq, 8 mars : Histoire politique d’une journée internationale, éditions iXe ; Michelle Perrot, Les femmes ou les silences de l’histoire, éditions Flammarion, 1998 ; Silvia Federici, Le capitalisme patriarcal, éditions La fabrique, 2019 ; Fanny Gallot, En découdre : comment les ouvrières ont révolutionné le travail, éditions La Découverte, 2015 ; Anouk Colombani, « Femmes syndicalistes, racontons-nous ! », série d’articles le bulletin Solidaires et Egales de l’Union syndicale Solidaires ; Françoise d’Eaubonne, Le Féminisme ou la Mort, éditions Le Passager clandestin, 2020 ; Angela Davis, Femmes, race et classe, éditions des femmes, 1983 (rééd. 2007) ; « Syndicalisme etféminisme », Les Utopiques n°14 , édition Syllepse, 2020.


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a l'œil sur presque tout, fait en sorte de maintenir le local syndical en état, participe à la décoration du lieu, accueil plus ou moins les syndicalistes à la gab, achemine le matériel militant afin que les manifestations se déroule bien, se mêle à temps partiel au so-lidaires, retraité par intermittence !