Dix ans des Utopiques

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Le 5 février, nous avons organisé une soirée dans les locaux de l’Union syndicale Solidaires, pour célébrer les 10 ans des Utopiques, les 25 ans de Solidaires … Une centaine de personnes était dans la salle, pour écouter Gérard Gourguechon, Annick Coupé et Judicaël Pignot parler de ce quart de siècle et des perspectives qu’il dessine ; Christian Mahieux a retracé l’histoire de la revue. C’est ce que nous reprenons ici.


Cheminot retraité, coopérateur des éditons Syllepse, Christian Mahieux est membre de SUD-Rail et de l’Union interprofessionnelle Solidaires Val-de-Marne, il coanime le Réseau syndical international de solidarité et de luttes et participe à Cerises la coopérative et à La révolution prolétarienne.


La une du livret de vingt pages présentant les 27 numéros parus des Utopiques. [DR]
La une du livret de vingt pages présentant les 27 numéros parus des Utopiques. [DR]

[…] 10 ans des Utopiques. On triche un tout petit peu, puisqu’en fait on n’est pas encore tout à fait aux 10 ans. On y est, si on part du lancement du projet de revue ! Peu avant le congrès de l’Union syndicale Solidaires de juin 2014, nous nous sommes dit, au sein du Secrétariat national de l’époque que c’était peut-être le moment propice pour tenter ça. Annick [1] et moi nous finissions notre mandat au SN à l’occasion du congrès, Catherine quelques mois plus tard. Et Gérard avait arrêté ce mandat-là depuis plusieurs années. L’idée, c’était : « On est quelques-uns et quelques-unes qui n’allons plus avoir de responsabilités exécutives nationales ; on est encore à peu près en état de marche, on peut encore réfléchir, coordonner, écrire, transmettre, échanger, apprendre … Profitons du temps dégagé par le fait de ne plus être en responsabilité de la gestion courante de l’Union, pour construire ce projet. »

Pourquoi ce projet précisément ? Parce que, dans la panoplie assez large des publications de l’Union syndicale Solidaires, avec le journal, les bulletins des différentes commissions, etc., il manquait une revue. Le sous-titre est explicite : « Cahiers de réflexion ». Réflexions pour et par les équipes militantes, les adhérentes et adhérents de l’Union syndicale Solidaires, mais ouvert vers l’extérieur ; comme notre syndicalisme. La référence à quelques revues (il n’y en a pas eu tant que ça !) qui marquèrent l’histoire du mouvement syndical n’est pas étrangère au projet Les utopiques. Le premier titre que nous avions imaginé, c’était Conversations Solidaires. Mais finalement ce fut Les utopiques, en lien avec des journées de formations/débats du même nom. Celles-ci devaient se tenir sur quatre jours avec 300 camarades ; finalement le nombre fut revu à la baisse : deux jours et 150 personnes. Ça s’est tenu à la Bourse du travail de Saint-Denis, fin mai 2015 … Et ce fut l’occasion de présenter le tout neuf numéro 1 des Cahiers Les utopiques ! Les journées Les utopiques n’eurent pas de suite les années suivantes ; la revue, si !



Donc, le démarrage, c’est ça : « on peut être utile à faire quelque chose, on va continuer à faire quelque chose ». Évidemment, en le faisant avec des camarades qui, elles et eux, étaient toujours en situation de responsabilité nationale. C’est ainsi qu’a démarré ce qu’on a appelé « comité éditorial ». Le terme n’est pas super mais on n’a pas trouvé mieux ; c’est l’équipe qui s’occupe de faire en sorte que chaque numéro existe. Il s’agit de choisir les thèmes des dossiers, de voir qui on sollicite, de faire les relances, d’écrire nous-mêmes, de corriger, d’illustrer, de préparer le travail de mise en pages, de prévoir la couverture ; et aussi de tenir à jour le fichier des abonnements, de servir les commandes passées via le site ou directement par des collectifs militants, de répondre aux invitations pour des débats, des formations, de suggérer ces invitations pour des congrès, conseils ou comités syndicaux, …

Je reviens aux origines. Le projet ayant été validé lors du Comité national d’octobre 2014, une équipe s’est mise place. Le premier comité éditorial était composé des quatres cité⸳es plus haut et de Julien Gonthier qui faisait alors le lien avec le Secrétariat national, dont il était alors membre. Ce lien avec le SN, c’est quelque chose qu’on a mis en place dès le début et qui perdure. L’équipe du comité éditorial a quelque peu évolué au fil du temps. Actuellement, elle comprend Verveine Angeli, Nara Cladera, Annick Coupé, Ophélie Gath, Murielle Guilbert, Gérard Gourguechon, Christian Mahieux et Théo Roumier. Entre temps, il y a eu quelques arrivées, quelques départs, quelques retours, notamment Annick qui nous avait dit que c’était mieux qu’elle n’y soit plus, mais qui a toujours répondu quand on lui demandait quelque chose, ce qui fait qu’on l’a réintégré dans le comité ! Marie-Hélène Klein pour la correction et la mise en page, Patrick Ferrage pour l’impression, Marie-Claude Guignard pour la correction sont de celles et ceux qui, depuis le début, rendent cette aventure possible. Il en est de même des camarades qui mettent les articles en ligne sur le site www.lesutopiques.org, créé par Aurélien Boudon et tenu à jour depuis un bon moment par Kévin Le Tétour et Patrick Butin.


Aperçu de la salle le 5 février 2025. [Coll. NR]
Aperçu de la salle le 5 février 2025. [Coll. NR]

Nous sommes en 27 numéros, le numéro 28 sortira en mars. J’en profite pour signaler que quelques numéros sont épuisés ou quasi épuisés, que des exemplaires d’anciens numéros sont mis à disposition et qu’il faut en profiter pour compléter sa collection ! L’objectif qu’on a tenté de tenir depuis 10 ans est d’avoir des textes de réflexion sur les sujets qui traversent l’Union syndicale, qui traversent plus globalement les débats syndicaux. Syndicaux, donc politiques car le syndicalisme est politique. Un point important et qui est au cœur de la création de la revue : c’est une revue syndicale, une revue écrite très majoritairement par des syndicalistes. Il y a ce soir ici des camarades qui ne sont pas syndicalistes et avec qui nous travaillons, nous agissons ; et c’est très bien. Mais on tient à ce que la revue soit faite avant tout par des syndicalistes. Parce que le syndicalisme, c’est d’abord l’affaire des syndicalistes. Revue de Solidaires, y contribuent avant tout des membres de Solidaires ; mais, depuis le début, il y a la volonté qu’elle soit ouverte à des camarades d’autres organisations syndicales. Et c’est ce qu’on a fait avec des camarades de la CGT, de la FSU, de la CNT-SO, de la CNT ; aussi, de la Confédération paysanne, du Syndicat de la médecine générale, du Syndicat des avocats de France. En cohérence avec nos pratiques et orientations syndicales, la revue fait aussi place à des associations, des collectifs, des comités, ces mouvements sociaux féministes, internationalistes, pour le droit au logement, anticolonialistes, écologistes, antiracistes, de chômeurs et chômeuses, antifascistes, LGBTQUI, … Plusieurs sont dans la salle ce soir…


Les utopiques, version journées de formation/débats en 2015. [Coll. CM]
Les utopiques, version journées de formation/débats en 2015. [Coll. CM]

Sur le plan pratique, depuis pas mal de temps maintenant, nous imprimons à un peu plus de 2 000 exemplaires ; la moitié est diffusé par abonnements, individuels ou collectifs. Il faut redire l’intérêt, pour l’outil Les utopiques, des abonnements en nombre, réalisés par des syndicats, des fédérations ou des Unions départementales. La revue au domicile des militantes et militants, c’est l’objectif ! J’ai oublié de signaler que depuis le numéro 6, la revue est diffusée en librairie, puisque nous sommes édités par les éditions Syllepse, qui assure aussi sa présence sur les tables de presse de salons du livre et de diverses initiatives militantes. Quelques bibliothèques publiques sont abonnées. A été mentionné le fait que des numéros sont épuisés, mais il faut aussi signaler que deux d’entre eux ont fait l’objet de retirages.

Nous avons diffusé la plaquette reprenant la liste des articles, et les contributeurs et contributrices, pour ces 27 premiers numéros. Il faut bien sûr remercier toutes les auteurs et autrices ; et aussi les photographes, dessinateurs et dessinatrices. Tout cela permet vraiment de voir ce que je me permets d’appeler les richesses des contenus de cette revue, œuvre collective des camarades de toutes celles et tous ceux qui y ont contribué depuis le numéro 1 et jusqu’à ce numéro et … ce n’est pas fini !


⬛ Christian Mahieux


[1] Il s’agit d’Annick Coupé, Christian Mahieux, Catherine Lebrun, Gérard Gourguechon.


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