Une victoire, mais pas vraiment la justice

Partagez cet article

L’auteur de ce texte a été emprisonné au stade nacional de Santiago du Chili, lors du coup d’état de Pinochet, le 11 septembre 1973. Il y a cinq ans, il a poursuivi l’Etat chilien au Tribunal civil, pour violations des Droits de l’homme. Le jugement a été rendu fin 2024 : le « crime de lèse-humanité » est reconnu, ainsi que les dommages, la responsabilité de l’Etat et l’obligation de réparer par une indemnisation. 51 ans après.


Michel Blin, adhérent de SUD Éducation, militant à Solidaires Cote d’Armor, est professeur d’économie en lycée agricole, retraité.


Avant le 11 septembre 1973 : occupation d’une usine et réappropriation de terres. Extrait de Luis Vaja et Pierre Senart, Chili au cœur, éditions de la Courtille, 1974. [Coll. MB]
Avant le 11 septembre 1973 : occupation d’une usine et réappropriation de terres. Extrait de Luis Vaja et Pierre Senart, Chili au cœur, éditions de la Courtille, 1974. [Coll. MB]

Avec ce jugement, les faits sont reconnus, les crimes caractérisés (crime de lèse-humanité en référence à Nuremberg, à la Déclaration universelle des droits humains, à la Convention interaméricaine des droits de l’homme), la responsabilité de l’Etat est établie (ses agents – militaires ou civils – ont commis des actes illégaux), les dommages physiques, psychologiques et moraux sont évalués et l’obligation de réparation ordonnée. Mais la sentence me laisse un goût amer : mon avocat a fait appel du fait de la faiblesse du montant de l’indemnisation selon les normes habituelles du pays. Comme l’affirme l’écrivain Luis Sepulveda : « mélanger l’argent et les principes n’est pas recommandable pour réparer les offenses et la dignité ». Cela retarde le dénouement de l’affaire entamée il y a 5 ans, mon avocat chilien a reçu le mandat judicaire le jour de l’éclatement de l’estallido – la révolte sociale de l’automne 2019.
Par ailleurs, les coupables, bourreaux civils ou militaires, sont très peu inquiétés. Contrairement à l’Argentine, au Chili, seules 500 condamnations environ sont tombées. L’armée soutient la thèse de « l’ennemi intérieur », du « temps de guerre », du « désordre intérieur provoqué par l’Unité populaire » et se présente comme « sauveur du pays » … pour justifier ses crimes. En matière pénale, le président de la Cour suprême, Marco Aburto, ami personnel de Pinochet, a inventé une théorie bien curieuse : « Des victimes sans bourreaux identifiés, des crimes sans victimes identifiées et sans coupables, une amnistie sans connaitre les coupables » !
L’affaire juridique avait débuté en 2010, quand l’association des ex-prisonniers politiques chiliens en France m’a averti de la « liste Valech II [1] » (sous la présidence de Michèle Bachelet), commission indépendante pour reconnaitre et indemniser les victimes de violations des droits humains sous la dictature. Soutenu par une amie de l’association que je remercie, j’ai constitué un dossier. J’ai ressenti un choc (« oui, c’est vrai ! ça a existé ! ») en voyant les documents de la Croix-Rouge internationale, de l’ambassade de France au Chili, du journal Le Monde (retrouvé à la Très grande bibliothèque de Paris). Le résultat fut positif ; un numéro parmi 10 000 cas, tandis que plus de 2 000 demandes ont été rejetées, faute de preuves suffisantes. Mais comment prouver qu’une camionnette banalisée vous a cueilli à 6h du matin ? Certaines victimes doivent déposer leurs témoignages devant les autorités locales, celles-là mêmes qui les avaient torturées. Les victimes sont indemnisées mais les bourreaux ne sont pas inquiétés : ce n’est pas une vraie justice ! Chaque année, je suis obligé d’aller à Paris au consulat du Chili pour rechercher un « certificat de survivance ».


« Construire le pouvoir populaire ». Extrait de L'Humanité, numéro spécial « Chili : l'espoir assassiné », septembre 2013. [Coll. MB]
« Construire le pouvoir populaire ». Extrait de L’Humanité, numéro spécial « Chili : l’espoir assassiné », septembre 2013. [Coll. MB]


Les militaires se sont auto-amnistiés en 1978 durant la dictature. Encore plus gênant, les politiques « démocrates » ne sont pas revenus dessus : lors de la transition démocratique des négociations ont eu lieu pour taire ce scandale. « Si no hay justicia, hay Funa [2] » : des groupes de jeunes, enfants de victimes de la dictature, dénoncent les tortionnaires sur leur lieu de travail ou dans leur quartier : un effet de catharsis salutaire ! Symétriquement, en Argentine [3], des enfants de bourreaux dénoncent publiquement les méfaits de leurs parents pour casser le silence des familles, faire cesser ces pratiques et manifester solidairement avec les victimes : une belle leçon d’humanité des hijos desobedientes (fils désobéissants). Malgré tout, un espoir est venu de la France qui s’est honorée en appliquant la justice universelle. La cour d’assises de Paris a condamné, en décembre 2010, 13 bourreaux militaires et civils à des peines de prison pour « arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire avec torture ou acte de barbarie ». J’ai assisté à ce procès émouvant. Le gouvernement chilien « démocrate » n’a pas demandé leur extradition… Après une instruction longue et sérieuse (1998-2010), les familles de disparus français (Etienne Pesle, Jean-Yes Claudet, Alfonso Chanfreau, Georges Klein) ont pu, enfin, faire le deuil et voir la justice rendue. Les parties civiles du procès étaientt le Comite de defensa del pueblo (CODEPU), la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), l’association France Amérique latine et l’Association des ex-prisonniers politiques chiliens en France (AEXPPCH-F). Le procès permit d’entendre des témoignages de haute tenue de Louis Joinet, promoteur du Tribunal pénal international (TPI), de Stéphane Hessel, de Paz Rojas du CODEPU, de Dingles, journaliste états-unien). Un film a été tourné : Le procès Pinochet.

L’AEXPPCH-F, ce n’est pas une association d’anciens combattants

Point de nostalgie dans notre activité, même si le thème de la mémoire est un de nos combats, car un pays qui refuse de regarder son passé, est condamné à le revivre. Nous restons en phase avec l’actualité chilienne et internationale : les manifestations massives sous la dictature ; la révolte des « pingouins » (lycéen·nes sous Bachelet en 2006) ; la des étudiant·es en 2011-2012 pour une éducation gratuite et de qualité ; la renationalisation du cuivre ; l’estallido social d’octobre 2019 jusqu’ à l’épidémie de covid ; l’Assemblée constituante, élue pour rompre avec la Constitution de Pinochet de 1980, légèrement remodelée par les partis « démocrates » ; la nouvelle Constitution, rejetée par le vote ; sans parler des grèves et manifestations diverses : pour l’eau, des mapuches pour récupérer leurs terres, pour supprimer les fonds de pension. Rien d’étonnant que ce soient les jeunes qui, à chaque fois, allument la mèche et se mobilisent : ils n’ont pas connu la dictature et ne craignent pas la répression policière (pourtant féroce sous Piñera, président de 0 à 2014 et de 2018 à 2022).

Ni oubli, ni pardon ! Vérité et justice ! Non à l’amnistie ! Non à l’impunité !

Créée à la suite de l’arrestation de Pinochet à Londres le 16 octobre 1998, (un choc bienfaiteur puis, déçu pour les chilien·nes du monde entier), l’association s’active depuis 25 ans : soutien aux dossiers des listes Valech et Valech II (environ 60) ; archives orales : 90 militant·es ont raconté leur parcours devant une caméra [4] ; participation au « procès Pinochet » à Paris ; débats à la Maison de l’Amérique latine, lors de la sortie de films et livres… C’est un honneur pour moi d’en être membre et de la représenter en Bretagne / interventions devant des lycéens et lycéennes en terminale, plus d’une vingtaine de fois ; animation de débats après projection de films (Mon ami Machuca, Santiago-Italia » de Nanni Moretti, Nostalgie de la lumière, Bouton de nacre, Cordillère des songes, la trilogie de Patricio Guzman, La bataille du Chili, Procès Pinochet de Fabien Lacoudre et Sarah Pick) ; organisation d’un acto, manifestation pour commémorer les 50 ans du coup d’Etat à Lannion ; soutien aux victimes du tremblement de terre, à celles de l’incendie de Valparaiso, aux jeunes emprisonné·es et torturé·es durant l’estallido social sous Piñera, aux organisations de base dans les quartiers de Santiago, présence parfois à la manifestation devant l’ambassade du Chili à Paris, chaque 11 septembre.

Retour sur le 11 septembre 1973

Diplôme d’ingénieur agricole en poche, je voulais voir de près la réforme agraire réalisée par le gouvernement d’Unité populaire [5] (UP), présidé par Salvador Allende, démocratiquement élu. Depuis la France, les seules nouvelles étaient la grève des camionneurs ; pas de quoi s’affoler. Déjà, entre l’aéroport et le centre-ville, on apercevait des poblaciones, des bidonvilles à perte de vue. J’ai été une semaine en liberté, le temps de prendre des contacts avec des étudiants de Polytechnique, l’Université de Technologie et de la CORA (organisme chargé de la réforme agraire à Santiago). Avant le coup d’État, j’ai fait un tour du côté de l’Université Catholique, où les étudiant·es étaient en grève … contre le gouvernement ; ils et elles accueillaient des mineurs de cuivre, certains en grève pour des hausses de salaires en période forte inflation. Selon moi, un exemple d’aristocratie ouvrière. Un journal acheté, Punto final, décrivait deux sortes de coups d’état probables : un « mou » avec la Démocratie chrétienne et un « dur » par les seuls militaires. C’est ce qui est arrivé, avec les applaudissements de la Démocratie chrétienne et de la hiérarchie catholique.


Le logo de l’Association des ex prisonniers politiques chiliens en France. [DR]
Le logo de l’Association des ex prisonniers politiques chiliens en France. [DR]


Le 11 septembre au matin, depuis mon hôtel, j’observe des tanks autour de La Monéda, le palais présidentiel. Croyant initialement qu’ils protégeaient le président des manifestant·es, j’ai vite compris, quand j’ai vu les avions bombarder La Monéda : le coup d’état avait commencé ! La télé retransmettait les commandements de la junte militaire, composée des quatre armes. Ordre était ainsi donné aux personnes étrangères de se présenter aux commissariats. Dans le restaurant, des balles traversaient la salle et on entendait des tirs sporadiques. Le couvre-feu fut ensuite appliqué, mais nous pouvions sortir dans la rue, des militaires contrôlant tout à chaque coin de rue. Je vais au consulat de France, qui me conseille de retourner à l’hôtel et de me présenter au commissariat. Arrêté le lendemain matin à l’hôtel, je me retrouve aligné avec d’autres hommes, les mains sur la nuque ; un Péruvien, philosophe, se dit habitué des coups d’état. Au commissariat voisin, nous restons une journée, face au mur, mains sur la nuque, avant de nous retrouver dans un bus vers le stade Nacional le soir-même. Des tracts, recueillis sur le pavé, signés par une « junte nationaliste », dénonçaient la responsabilité des étrangers dans la situation chaotique du pays.


Septembre 1973 au stade Nacional de Santiago. Extrait de Collectif, Chili : 82 photos, documents Gamma, 1973. [Coll. MB]
Septembre 1973 au stade Nacional de Santiago. Extrait de Collectif, Chili : 82 photos, documents Gamma, 1973. [Coll. MB]


Comment David Burnett, photographe de l’agence Gamma a-t-il réussi, à l’intérieur du stade, à nous photographier, les prisonniers arrivants, menés par le responsable militaire ? Entre prisonniers militants, nous discutions, nous avons tenté de faire sortir la liste des noms des prisonniers et nous avons partagé les cigarettes et les couvertures. C’est quand j’ai été sorti, seul, dans un couloir, frappé à coups de crosses et, surtout, ignorant le sort qui allait m’être réservé, que j’ai eu la trouille de ma vie. Les conditions de détention étaient spartiates : dormir par roulement devant le peu d’espace par terre pour notre groupe, manger une soupe et du pain, rester dans le froid, les cheveux enduits d’anti-poux. Des rumeurs courraient selon lesquelles des tortionnaires brésiliens venaient appliquer leurs méthodes. Durant mon séjour, je n’ai pas entendu ou vu de tortures mais bien des récits en font état : le stade n’était pas un simple centre de tri.
Un jour où nous avions le droit de sortir sur les gradins (sans doute pour présenter l’état potable des prisonniers à la presse et à la Croix-Rouge), j’ai vu arriver, en rang les mains sur la tête, des ouvriers en bleu de travail : ils avaient dû résister dans leur usine, conformément aux consignes de l’UP et de la CUT [6]. C’est grâce à l’action de la Croix-Rouge internationale et de l’ambassade de France (à la suite des démarches de mes parents) que je fus libéré, si l’on peut dire, car confiné une semaine à l’ambassade. Je délirais, selon le prêtre-ouvrier, Pédro, qui m’a veillé toute la nuit. Je n’ai aucun souvenir de cette semaine : perte de mémoire post-traumatique typique.


« Place de la dignité », lors de l’estallido social des années 2019/2021. Extrait de L’Humanité magazine, 7 au 20 septembre 2023. [Coll. MB]
« Place de la dignité », lors de l’estallido social des années 2019/2021. Extrait de L’Humanité magazine, 7 au 20 septembre 2023. [Coll. MB]

Total respect envers Pedro, retrouvé par hasard à Oléron, 37 ans après : mécanicien « moteurs » sur les bateaux au port de Valparaiso, sauveteur en mer, militant syndical et politique. Il voulait poursuivre la lutte armée après le coup d’état, quand d’autres prêtres, chez qui il s’était réfugié, l’ont introduit à l’ambassade prétextant une autre planque. L’ambassade et le personnel ont accueilli par humanisme de nombreux militant·es chilien·nes et latinos, tandis que la France du gouvernement de Pompidou était l’un des premiers pays à reconnaître la junte militaire. Total respect envers Odile, jeune française rencontrée à l’hôtel : elle a assisté à mon arrestation et a rejoint l’ambassade pour les informer. Transféré à l’aéroport par le consul, muni d’un sauf-conduit, j’ai retrouvé la France …. Pour effectuer mon service militaire.

Quand les masses se mettent en mouvement, pas moyen de les arrêter

Déjà sous la présidence de Frei (Démocrate-chrétien), de 1964 à 1970) les ouvrier·es, paysan·nes, étudiant·es se mobilisaient car le programme de réforme agraire limitée et de nationalisation partielle du cuivre (avec indemnisation) ne les satisfaisait pas. L’Unité Populaire et le président Allende avaient choisi « la voie électorale vers le socialisme ». Ceci dans un contexte de guerre froide, où le partage du monde réservait l’Amérique latine, aux États-Unis. École militaire de Panama, coups tordus et coups d’état fomentés par la CIA, Plan condor, activité des multinationales étasuniennes, … autant de moyens d’endiguer la vague révolutionnaire initiée par la révolution cubaine de 1959. Le programme de l’Unité populaire est, selon moi, d’un réformisme conséquent et le gouvernement d’Allende l’a appliqué sans faillir : nationalisations du cuivre sans indemnités, nationalisation de certains secteurs-clés (banques, monopoles), logement, hausse des salaires, éducation, santé, etc. Mon analyse est que le programme a été débordé par les secteurs populaires combatifs : occupations d’usine non prévues, prises d’exploitations agricoles au-delà de la réforme…


Affiche du Comité de soutien à la lutte révolutionnaire du peuple chilien. [DR]
Affiche du Comité de soutien à la lutte révolutionnaire du peuple chilien. [DR]


De plus, les masses ont fait preuve de créativité pour répondre aux sabotages des patrons, de la droite, des fascistes de Patria y Libertad », des « poujadistes » (gremios) et de l’impérialisme yankee : « Créer le pouvoir populaire » était plus qu’un slogan. Quelques exemples concrets : les Comités d’approvisionnement et de de contrôle des prix, pour lutter contre la spéculation génératrice d’inflation et organiser la distribution autonome de paniers de produits de base ; les cordons industriels : organisations de syndicalistes, d’organisations populaires de quartier, contre les sabotages de l’extrême droite, et pour soutenir les salarié·es des petites boites en grève, approvisionner les usines en matières premières ; les commandos communaux : organisations communales des secteurs combatifs, en parallèle de l’État, mais pas en opposition au gouvernement, ni antisyndicales ; les tomas de fundos entre petit·es paysan·nes et salarié·es agricoles, pour aller au-delà de réforme agraire; les poblaciones : terrains occupés la nuit, pour installer un bidonville et s’auto-organiser ; création artistique : tags politiques des murales (Brigada Ramona Para), nouvelle chanson populaire, théâtre, nouvelle maison d’édition Quimantu.
La bourgeoisie n’a pas accepté ce pouvoir pris par les masses populaires.

El pueblo unido, jamas sera vencido

Alors que le nombre de voix pour la gauche augmentaient à l’élection parlementaire de 1973 (malgré inflation, pénurie et sabotages), l’UP se scinda en deux stratégies : avancer sans transiger ou consolider le processus révolutionnaire.

Après le coup d’État, un laboratoire néo-libéral parfait

Sur le bureau de Pinochet, qui avait peu d’idées sur la question, tronait tout de suite après le coup d’état, la Brique, un plan néolibéral cogité par les Chicago Boys, des étudiants et professeurs formés auparavant par l’École de Chicago, domaine privilégiée des néolibéraux de la société du Mont-Pèlerin : Hayek et Friedman, qui ont aidé activement Pinochet. Hayek : « En tant qu’institution à long terme, je suis totalement contre les dictatures. Mais une dictature peut être un système nécessaire pendant une période de transition… Personnellement, je préfère un dictateur libéral (par rapport à l’économie) à un gouvernement démocratique sans libéralisme ». Ou encore : « Je préférerais sacrifier temporairement, provisoirement la démocratie plutôt que de me passer de la liberté ». Le paradoxe n’est qu’apparent car Hayek voit la liberté comme la liberté économique, comme la libre disposition de sa propriété. Et ce cadre socio-économique est toujours en application dans le Chili démocratique actuel.


Michel Blin


[1] Le rapport Valech (Rapport de la commission nationale sur l’emprisonnement et la torture) est un document chilien, rendu public en novembre 2004, qui détaille les violations des droits humains commis sous le dictature militaire de Pinochet, entre 1973 et 1990.

[2] « S’il n’y a pas de justice, il y a Funa ». La pratique des funas, qui veut dire « dénoncer quelqu’un » ou « mettre en évidence » a été empruntée aux organisations argentines de défense des droits humains. La commission Funa organise les manifestations de dénonciation des bourreaux.

[3] Les mentions concernant l’Argentine doivent aujourd’hui tenir compte de l’accession à la présidence de Milei qui, avec son gouvernement, entend faire disparaitre la mémoire des crimes de la dictature.

[4] Un exemplaire de ces témoignages est déposé à la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine de Nanterre et un autre a été envoyé au musée de la Mémoire et des droits humains de Santiago.

[5] Unité populaire : alliance électorale du Parti socialiste, du Parti communiste, du MAPU, du Parti radical et du Parti social-démocrate, puis de l’IC et comprenant 15 000 comités locaux. MAPU : Mouvement d’action populaire unitaire (sorte de PSU, issu de la démocratie- chrétienne radicalisée. IC : gauche chrétienne issue également de la Démocratie chrétienne.de la DC aussi. Le MIR, Mouvement de la gauche révolutionnaire, d’extrême-gauche apportera un soutien critique au gouvernement.

[6] Centrale unique des travailleurs : comme son nom l’indique, la confédération « unique », mais des élections politiques ont lieu en son seine, et la Démocratie chrétienne obtient une forte minorité. Les syndicalistes ne critiquaient pas le gouvernement mais lui demandaient de cogner plus fort contre la réaction et le patronat (voir le film La bataille du Chili, de Patricio Guzman).


Partagez cet article