Une campagne pour les locaux départementaux Solidaires
Lutter contre l’extrême droite avait été décidé comme une priorité lors du congrès de mars 2024, notamment à la suite de la montée en puissance des idées d’extrême droite et au renforcement du RN, avec les dernières élections présidentielles qui avaient constitué un avertissement supplémentaire. La décision, lors du Comité national de juillet 2024, de nouvelles mesures dans un plan d’action contre l’extrême droite au sein de Solidaires a été accélérée du fait du choc des résultats aux législatives, dans la foulée des européennes, et de la prise de conscience que nous ne sommes pas passé⸳es loin de l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite. Et que cette menace reste pleine et entière aujourd’hui.
Murielle Guilbert est inspectrice des Finances publiques, membre de Solidaires Finances publiques et co-déléguée générale de l’Union syndicale Solidaires.
![Des locaux syndicaux pour la formation syndicale et nos syndicats : ici, Solidaires Isère. [DR]](https://www.lesutopiques.org/wp-content/uploads/2026/01/des-locaux-syndicaux.webp)
Il faut sans doute considérer qu’il n’y a pas qu’une cause dans le fait que les idées d’extrême droite se soient répandues ainsi, et qu’il faut lutter sur différents plans pour renverser cette tendance persistante depuis des années. Dénoncer les idées d’extrême droite, le faux semblant du FN puis du RN quant à s’afficher dans le camp des travailleurs·euses ne suffit plus… la dimension « colère sociale » du vote reste présente (même si cette notion peut se contester quant à la simplification qu’elle sous-tend), la composante lutte contre le racisme est aussi fondamentale.
Parmi les mesures du plan d’action, en figure une qui pointe comme élément fondamental dans la montée de l’extrême droite, le fait que le terrain est largement occupé par les représentant·es de l’extrême droite (des partis politiques aux groupes identitaires), que ce soit virtuellement dans les médias et les réseaux sociaux, mais aussi partout, dans les villes, les campagnes, là où comme le dit notamment Clara Deville sociologue de l’INRAE [1], « la gauche » a déserté, ou n’est plus représentée que par des « notables » politiques, avec leurs privilèges et qui ne sont plus en contact direct avec la population. Le constat est aussi celui de zones de désertification des services publics, précarisant toujours un peu plus la population, laissant les « déclassé·es » de plus en plus nombreux·euses.
A titre syndical, « reprendre le terrain » veut dire convaincre, diffuser plus massivement les valeurs, les alternatives, les revendications que nous portons à travers notre syndicalisme de transformation sociale (défense des salarié·es et justice sociale, environnementale, lutte contre les discriminations…) et qui sont opposées aux idées d’extrême droite. Pour cela nous devons nous développer et assurer aussi un contact plus direct et plus important avec la population. Et cela passe notamment par la nécessité, pour les Solidaires locaux et les Unions locales, d’avoir un lieu à partir duquel on peut se développer, faire des permanences, aller tracter, aller au devant de ceux et celles vers lesquel·les nous n’avons pas l’habitude d’aller.
La lutte pour obtenir des locaux ne date pas d’hier pour les Solidaires locaux ou même pour les organisations nationales de petite taille. Partir des luttes qui ont déjà eu lieu pour les Solidaires locaux est un moyen pour tenter de cerner au mieux les ingrédients gagnants dans ces batailles et ce qui pourra être entrepris concrètement dans une campagne au sein de Solidaires pour les locaux. Cela rejoint directement les batailles existantes également pour le maintien des Bourses du travail. La menace de l’extrême droite fait aussi, forcément, prendre en compte d’une manière plus urgente et aiguë la nécessité d’assurer la sécurité de ces locaux contre les intrusions de groupuscules d’extrême droite, et plus globalement pour la sécurité de tous les militant·es, envers qui les attaques et menaces physiques se multiplient.
Voici quelques expériences de Solidaires départementaux qui pointent les batailles juridiques, politiques, médiatiques à mener pour leur implantation locale. La journée des Solidaires locaux au printemps prochain sera l’occasion d’y revenir et de rassembler tous les outils existants sur cette question, qui a déjà fait l’objet d’un kit, accessible sur le site national de Solidaires.
Violaine et Étienne de Solidaires 38
Quels sont vos locaux actuels ?
Actuellement, nous avons des locaux en dehors de la Bourse du travail, dans un bâtiment qui appartient à la ville de Grenoble (deux anciens appartements de fonction, réhabilités). Ils se situent au 3 rue Federico Garcia Lorca. Ces locaux sont dotés d’une grande salle de réunion, de deux plus petites, d’une cuisine, de sanitaires, d’une salle pour accueillir notre reprographie, et d’autres accueillant des SUD-Solidaires (Education, PTT, Orange, Informatique, ASSO, Santé Sociaux, Précaires, Café Hôtellerie Restauration) ainsi qu’une pièce pour le secrétariat de Solidaires 38. Une grande terrasse permet des moments conviviaux et l’accueil de réunions en été. Certains syndicats SUD n’ont pas de bureau au local mais sont domiciliés à l’adresse de l’UD, et les salles sont réservables par toutes les structures (syndicats, commissions, etc.) à tout moment du jour … et de la nuit ! Un point noir cependant : la grande salle ne l’est pas toujours assez pour les formations et les initiatives les plus importantes, et le local n’est pas doté d’ascenseur, il est de ce fait peu accessible pour certaines personnes à mobilité réduite ; nous avons signalé ce souci et demandé des travaux, mais vu l’investissement que cela représente, il faudra persévérer. Nous avons accès à une salle en rez-de-chaussée, réservable, qui est aussi municipale et qui permet quand même l’accueil des personnes à mobilité réduite ; cela était dans la négociation de la convention d’occupation.
![Des locaux syndicaux pour préparer les manifestations et rassemblements : ici, Solidaires Rhône. [DR]](https://www.lesutopiques.org/wp-content/uploads/2026/01/Solidaires-Rhone.webp)
Depuis quand êtes-vous dans ces locaux et qu’est-ce qu’ils permettent en termes de développement ? Quelle place dans le mouvement social ?
On y est depuis 2018. Ils sont assez grands et ont permis d’accueillir correctement des nouveaux syndicats qui se montent localement (Lycéens -UNL-, CHR, Informatique, Ouvrier·es agricoles) ; nous avons même encore des possibilités d’accueil. C’est aussi très pratique pour recevoir et entreposer du matériel, et d’ailleurs le fait de partager un local commun encourage la mutualisation politique du matériel (reprographie, camion, sono, barnum, etc.) même si, bien sûr, ça implique de s’organiser et que chaque structure joue le jeu (et prenne sa part du ménage !). Ils permettent également que des collectifs puissent s’y réunir (collectifs anti-répression, antifasciste, Droit au logement, …), ce qui fait du local de Solidaires un lieu d’organisation nodal du mouvement social de l’agglo grenobloise et de l’Isère plus largement, notamment dans une période où les collectifs et associations peinent parfois à garder des locaux ou à en trouver. Là aussi, cela demande d’avoir des règles de fonctionnement et des pratiques collectives.
Quelle lutte a été menée pour obtenir les locaux ?
Nous avions un local en lien avec SUD PTT ; la mairie de Grenoble voulait le récupérer en 2017, car il était totalement vétuste, et surtout ils avaient prévu de raser le bâtiment pour construire un local pour une entreprise d’insertion de personnes en situation de handicap. Cependant, le hic, c’est que c’était sans vraie proposition de relogement, et qu’ils ont fait pression sur nous, un peu en rétorsion de notre investissement dans les luttes contre les mesures d’austérité municipales mises en place en 2016 par la mairie, après que Hollande ait restreint les financements des collectivités locales. Comme nous n’avions plus de convention d’occupation, cela a permis de faire peser une épée de Damoclès sur nos têtes ; heureusement, nous avons réussi à avoir une réaction collective et avons construit un groupe de travail pour négocier, et mener des actions (envahissement de conseils municipaux, affichage) pour avoir un rapport de force (en jouant sur le fait que cette mairie est « de gauche », et que leur acharnement contre nous aurait des conséquences néfastes alors qu’une sortie par le haut était possible).
Après que nous avions clairement souligné dans un premier temps que nous faire partir sans alternative sérieuse était inacceptable, ils nous ont d’abord proposé une place à la Bourse du travail, en accord avec la CFDT et la CGT, en rognant sur la place de ces deux syndicats. Nous avons refusé parce que nous prenions la place d’autres syndicats, et que nous avions une vie nocturne tardive alors que le gardien n’était pas payé la nuit. À la suite de ce refus, ils ont proposé d’autres lieux : pas adaptés, trop petits, ou même en allant nous faire visiter des locaux où il y avait encore des associations qui ne savaient pas qu’elles allaient devoir partir…. Il faut savoir que c’était une période où la nouvelle mairie écolo arrêtait de donner des locaux aux associations. Ils ont fini par nous proposer ce local, au début un seul des deux appartements, qui était vraiment trop petit. Quand ils ont proposé le deuxième appartement, ils ont fait du chantage, nous expliquant que nous allions prendre la place d’une famille dans le besoin. Comme on était en lien avec Droit au logement, on a su que cet appartement n’avait jamais été proposé à une famille. Nous avons donc accepté à condition d’avoir les deux appartements et une remise à neuf, en donnant des indications précises sur les plans souhaités. On a finalement eu une superficie plus grande qu’auparavant, on peut dire que cette lutte a été de l’aïkido syndical ! Le déménagement a été une vraie entreprise collective, et l’occasion aussi de remettre à plat tout un tas de points sur le fonctionnement de l’interprofessionnel.
Des éléments clefs pour gagner cette lutte
Il y a la position politique de SUD PTT, localement très motrice. Ensuite, la peur de la médiatisation d’un conflit avec Solidaires 38 pour cette nouvelle mairie Ecolo-FI, et le fait qu’on a réussi à avoir de bons arguments lors des négociations et du rapport de force. Enfin, le lien avec tous les acteurs du mouvement social pour avoir du relais médiatique et s’assurer qu’on ne prenait pas la place d’autres.
Comment penser une campagne globale sur les locaux des Solidaires départementaux ?
Il faut se construire une place politique sur le territoire, pour médiatiser la lutte au cas où. Il est nécessaire de se renseigner sur le fonctionnement des Bourses du travail et travailler avec des avocats sur les procédures et documents (expulsions, conventions). Et puis les liens avec les autres associations locales sont importantes, pour échanger sur les problématiques. Au sein de Solidaires, il faut partager les informations sur les leviers de rapport de force vis-à-vis des mairies : occupations, envahissements de conseils municipaux, etc.
Bernard de Solidaires Rhône
Comme beaucoup de Solidaires départementaux, vous avez dû batailler pour obtenir votre local actuel ?
Nous avons des locaux départementaux pris en charge par la ville de Lyon depuis janvier 2011. En mai 2023, nous avons déménagé de manière assez rapide à la suite de problèmes entre la mairie de Lyon, qui louait le local que nous utilisions, et son propriétaire. De nouveaux locaux nous ont été octroyés. Nous avons deux espaces de bureaux et deux salles de réunion et formation. La superficie reste insuffisante et des discussions se poursuivent avec la municipalité et les autres syndicats pour obtenir des locaux plus grands.
Qu’ont-ils permis en termes de développement de l’activité syndicale ?
Avant d’obtenir ces locaux interprofessionnels, les réunions de l’Union syndicale se tenaient dans le local de SUD Santé Sociaux. Il y avait peu d’activité syndicale, se limitant à une permanence juridique une demi-journée par semaine. La présence de Solidaires dans les manifestations était faible et très peu visible. Le local a progressivement tout changé et permis notamment un développement des formations syndicales. Au cours des deux dernières années, Solidaires Rhône a ainsi accueilli 700 stagiaires (dont une majorité de femmes), au cours de 170 journées de formation. Le local est également le siège de plusieurs syndicats professionnels. Le développement important de Solidaires dans le secteur privé a été possible, notamment dans les secteurs Commerce et services, Informatique, Associations. Le local, c’est celui de Solidaires Rhône mais aussi le lieu de rencontre des militant·es. Nous avons aussi investi dans un camion, ce qui nous rend visible dans les manifs ; camion qui est régulièrement prêté à d’autres organisations du mouvement social. Sans local, nous n’aurions pas ces disponibilités.
Mais la lutte se poursuit pour obtenir des locaux supplémentaires ; d’une part à la Bourse du travail (CGT et CFDT occupent l’essentiel des locaux et bloquent depuis 15 ans pour nous faire une petite place) et, par ailleurs, pour obtenir des locaux prenant en compte notre représentativité dans le privé mais aussi dans le public. Même si ce n’est pas la totalité du salariat, les résultats des élections TPE-TPA 2024 nous placent à près de 8% et devant FO.
Comment s’est passé la lutte pour les locaux ?
En janvier 2011, le préambule de la convention d’occupation du local indiquait « Depuis plusieurs années, le syndicat Solidaires Rhône sollicite la ville de Lyon afin d’obtenir une mise à disposition des bureaux. » Ce sont donc des interventions de plusieurs années qui précèdent la décision. En novembre 2019, une adjointe du maire de Lyon (par ailleurs élue PCF et ancienne militante CGT) indique par courrier son refus d’attribuer des locaux. Il fallait donc faire cesser cette attitude ! Des interventions orales en direction des élu·es se multiplient alors avec deux menaces :
– une menace d’ordre juridique, avec un courrier de Solidaires Rhône, fin janvier 2010, rappelant que la commune « doit veiller à l’égalité de traitement dans sa décision d’octroi ou de refus ». Le courrier rappelle qu’un refus pourrait se voir opposer « la violation du principe d’égalité devant la loi, régulièrement sanctionné par le juge administratif ».
– et une menace de perturbation du conseil municipal par les adhérent·es, de communiqué de presse, etc.
Quelques mois plus tard, nous emménageons dans les nouveaux locaux. Ce qui nous a également été favorable, c’est la loi du 20 août 2008 qui permettait à Solidaires la création de sections syndicales avec plus de facilité. En mettant en avant ces implantations, la position de blocage de la municipalité n’était plus tenable.
Quels ont été les éléments clefs qui ont permis de gagner cette lutte ?
Comme indiqué précédemment, les menaces d’ordre juridique et la pression sur les politiques ont été déterminantes. Il faut toutefois avoir en tête que, dans cette période, nous avions à subir des entraves de la part de la CGT et de la CFDT. Cette situation a en partie évolué ces dernières années, où nous nous retrouvons régulièrement en intersyndicale, ce qui modifie le contexte.
Comment penser une campagne globale sur les locaux des Solidaires départementaux dans le cadre du plan d’action contre l’extrême droite ?
Ce qui semble indispensable, si on veut lutter contre l’extrême droite, c’est la « double besogne », avec l’exigence de la défense des revendications immédiates et quotidiennes des travailleuses et des travailleurs, et la lutte pour une transformation d’ensemble de la société. Cela nécessite des moyens, avec la prise en charge par les collectivités territoriales de ce qu’apporte le syndicalisme. Les conseillers du salarié, les défenseur·es syndicaux aux Prud’hommes, les conseiller·es prud’homaux, la réponse quotidienne à des salarié·es en conflit avec leur patron sont autant d’apports du syndicalisme au service de travailleuses et de travailleurs souvent isolé·es.
Mathilde de Solidaires Loire-Atlantique
En 1997, le groupe G10 de Loire-Atlantique, aujourd’hui devenu l’Union syndicale Solidaires 44 n’est pas représentatif et ne possède pas de locaux. Ses adhérent·es se rencontrent principalement au local du Syndicat unifié de la Caisse d’épargne et beaucoup de syndicats (SUD éducation, SUD CT) se retrouvent dans les bureaux SUD PTT d’une commune limitrophe pour y travailler. L’année suivante, la construction de la toute nouvelle Bourse du travail héberge alors l’ensemble des organisations syndicales ligériennes ; l’espace disponible ayant été entièrement distribué, il n’est pas envisageable de nous y faire de la place. Il faut également préciser que notre organisation, du fait de sa volonté d’affirmer sa singularité, ne le souhaite pas spécialement. Par conséquent, elle s’attachera à demander, notamment à la mairie de Nantes, un local pour accueillir sa masse croissante. En 2001, notre organisation étant à l’initiative de la coordination « Agir contre le chômage – 44 », sa visibilité départementale est accrue et lui permet d’obtenir l’écoute des politiques locales.
Dès lors, nous obtenons auprès de la mairie un bail renouvelable de 13 ans pour un local de 140 m2 dans du bâti privé en centre-ville. Ce local accueille les formations du 44, domicilie les syndicats qui en ont besoin (SUD éducation, ASSO Solidaires, UDIRS, une partie de SUD Santé sociaux, Solidaires Informatique, …). C’est le lieu de la vie de la structure interprofessionnelle en matière de réunions des commissions et d’organisations externes. En comparaison avec la Maison des syndicats où l’activité est visible depuis la rue, notamment par les autres organisations, notre local est appréciable étant donné son autonomie d’accès et la confidentialité qu’elle offre à des partenaires moins institutionnels.
Quelques années plus tard, Solidaires 44 obtient pour son Union locale nazairienne, sous-préfecture du département, des pièces destinées à l’activité syndicale, dans une maison privée qui sera frappée peu après d’alignement. A l’heure actuelle, cette situation n’est pas parfaite : A Nantes comme à Saint-Nazaire, nous souffrons d’un traitement d’iniquité avec les autres syndicats que nous avons de cesse de souligner auprès des élu·es locaux, sans que réponse ne nous soit fournie. En effet, les autres organisations bénéficient, non seulement de locaux bien plus conséquents (chacune des autres organisations a entre 450 et 650 m2 de bureaux) mais également d’un personnel d’entretien, salarié de la mairie. Depuis maintenant cinq ans, nous demandons des locaux annexes : les nôtres sont devenus trop étroits pour accueillir l’ensemble des besoins de la vie interne de l’Union et des syndicats qui y sont domiciliés. Nous sollicitons aussi auprès de la municipalité de Nantes la prise en charge des frais de propreté car, là où les autres bénéficient d’agent·es d’entretien, nous déboursons 300 € mensuels pour le ménage. Enfin, le local nazairien est dans un tel état de délabrement qu’il devient dangereux pour les syndicats de s’y retrouver.
La question des locaux est un enjeu important pour nos unions départementales : ils doivent être dans les préfectures et sous-préfectures, permettre d’assurer des permanences afin d’accueillir les salarié·es, être un lieu de formations et de réunions en capacité de recevoir une trentaine de personnes, donner la possibilité de stocker documents et archives. Idéalement, en dehors des villes de grande importance, sur un même département, plusieurs locaux-relais de moindre taille permettraient un maillage des salarié·es dans ces communes et contribuerait à améliorer notre efficacité dans la lutte contre l’extrême droite.
Alice de Solidaires Bouches-du-Rhône
Quels sont vos locaux actuels ?
Nous avons un local privé de 355 m2, constitué d’un bureau, une grande salle, une petite salle de formation, une mezzanine, une cave, et une petite salle au sous-sol, avec des toilettes. Nous louons ce local pour 1900 € par mois, que nous payons intégralement (pas de subvention). Nous avons un bail de droit commun. Le local n’est pas en très bon état (une verrière qui a fui pendant longtemps, l’électricité qui saute à chaque grosse pluie, des invasions de cafards, un escalier qui s’effondre, …) Le local est au rez-de-chaussée d’un immeuble d’habitation. Il est situé en centre-ville de Marseille, juste à côté d’un arrêt de tramway et à 5 minutes du métro. Il n’y a pas d’accès PMR, ni sortie de secours. Actuellement, nous y accueillons des évènements culturels (projections, conférences, concerts) et militants (réunions de collectifs et d’associations).
![Des locaux syndicaux ouverts aux mouvements sociaux et aux débats : ici, Solidaires Bouches-du-Rhône. [DR]](https://www.lesutopiques.org/wp-content/uploads/2026/01/Solidaires-Bouches-du-Rhone-724x1024.webp)
Quelle a été la lutte pour obtenir ou maintenir ces locaux ?
Sur l’enjeu financier : l’an dernier, le propriétaire a voulu augmenter de 50% notre loyer sous peine d’expulsion. Cela ne s’est pas produit finalement mais les négociations du renouvellement du bail et d’augmentation du loyer sont en cours.
Sur l’enjeu matériel : nous n’avons pas vraiment de salles pour recevoir les travailleurs et travailleuses, pas d’accès PMR, un mauvais état global, peu d’espace de travail. Il nous faudrait un local accessible, avec plus d’espaces de travail, tout en maintenant la possibilité d’accueillir des événements culturels et militants, à un prix abordable et plutôt dans le centre-ville de Marseille.
Nous avons eu des négociations avec la mairie (après des courriers, des rendez-vous, des rassemblements) pour obtenir la mise à disposition d’un local ou une subvention. Une subvention de 10 000 € a été obtenue en décembre 2024. Nous souhaitons toujours négocier avec la mairie pour la mise à dispositions de locaux.
Il y a aussi les négociations avec le bailleur de l’immeuble avec soutien et conseil d’une avocate.
Enfin, il y a un travail en intersyndicale locale (CGT, CFDT, UNSA, Solidaires, FSU, CNTF, CNT-SO) pour avoir des locaux (courriers à la mairie, demandes de rencontre).
Quels ont été les éléments clefs qui ont permis de gagner cette lutte ?
Trois éléments essentiels :
Le rapport de force efficace, avec les autres organisations syndicales et avec les associations ou collectifs qui utilisent le local.
Une campagne médiatique qui permet de visibiliser notre lutte, de dénoncer l’inaction de la mairie et ainsi influer sur son image, sachant que c’est une mairie de gauche et qu’on arrive en période électorale (2026).
Jouer sur les dissensions politiques internes de la mairie.
Comment penser une campagne globale sur les locaux des Solidaires départementaux, dans le cadre du plan d’action contre l’extrême droite ?
Ce serait bien d’avoir des retours, des informations sur les Solidaires départementaux qui ont réussi à avoir de meilleurs locaux. Il est aussi nécessaire d’avoir accès aux ressources nationales, pour nous faciliter la tâche (juristes, procédures, etc.).
⬛ Murielle Guilbert
[1] L’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement.
- Dix ans des Utopiques - 31 mars 2025
- Desserrer le « nœud coulant du chômage » - 30 mars 2025
- Charles Piaget, à propos de la CFDT, il y a 20 ans - 29 mars 2025
