Quelques réflexions sur la situation actuelle
Les mois qui viennent de se dérouler ont été marqués pas des évènements importants sur la scène internationale qui ont aujourd’hui des conséquences globales mais aussi au plan national. A ce titre, le travail international fait par Solidaires est utile, tant au plan de la solidarité internationale que des éléments qui peuvent permettre de comprendre, au mieux que nous le pouvons, la situation à laquelle nous sommes désormais confronté·es. Nous avons clairement, même si c’est de façon pragmatique, situé nos activités de solidarité internationale dans une analyse d’un monde multipolaire, marqué par des puissances impérialistes diverses. En sont l’expression pour les derniers mois, nos activités en solidarité avec les travailleurs et travailleuses et les populations d’Ukraine, de Palestine ou de Kanaky. Nous avons ainsi exprimé qu’il n’y a pas pour nous d’impérialisme unique et américain ou de question internationale centrale et d’autres qui seraient secondaires.
Retraitée d’Orange, militante de SUD PTT, Verveine Angeli a été membre du Secrétariat national de l’Union syndicale Solidaires de 2014 à 2020. Membre d’ATTAC-France, elle est aussi active au sein de la Fédération des associations de solidarité avec tou∙te∙s les immigré∙e∙s (FASTI).
![Rassemblement à Paris, le 18 mars 2025. [Serge D’Ignazio]](https://www.lesutopiques.org/wp-content/uploads/2026/01/bds.webp)
La guerre génocidaire à Gaza et ses suites en Cisjordanie
L’intervention post 7 octobre à Gaza n’est pas une nouvelle opération militaire juste un peu plus importante et qui serait justifiée par la violence des actes commis ce 7 octobre. Il s’agit là, l’ONU et la CPI le disent ainsi que nombre de grandes organisations internationales, d’une guerre génocidaire, qui a tué des civil·es par dizaines de milliers, éliminé systématiquement les élites culturelles, intellectuelles et professionnelles, détruit le système éducatif et de santé, affamé la population. Elle vise le déplacement des populations, la recolonisation, sans oublier le grand projet trumpiste de zone touristique : une nouvelle phase de la Naqba (800 000 Palestinien·nes expulsé·es en 1948, un mouvement continu d’expulsions depuis, et combien en ce moment et demain ?). La poursuite et le renforcement des interventions à Gaza et, en parallèle, encore plus depuis « la trêve », des opérations en Cisjordanie marquent une nouvelle phase de la colonisation qui concerne bien la totalité de la population palestinienne et des zones qu’elle continue d’habiter.
Les conséquences internationales de ce durcissement sont multiples. Les buts de guerre, liquider le Hamas et liquider la résistance palestinienne, ne sont pas atteints. Les gouvernements occidentaux n’ont cessé de soutenir Israël en dépit des condamnations des institutions internationales et d’une grande partie du monde non-occidental. Ce soutien est politique, (im)moral, répressif (contre celleux qui contestent), économique et militaire. Il est raciste et colonialiste, il contribue à affaiblir le droit international et ses institutions.
Ces évènements ne se limitent pas au territoire de la Palestine et d’Israël. Liban, Yémen, Syrie, Iran ont été touchés d’une manière ou d’une autre par des actions militaires et c’est encore le cas aujourd’hui. Avec des effets politiques aussi dans le monde arabe (sur les accords d’Abraham de reconnaissance mutuelle d’Israël et de certains pays arabes) et au-delà. Il y a eu des conséquences dans de nombreux pays dont le nôtre : la radicalisation d’une frange importante de la jeunesse qui s’identifie, face au racisme et à l’islamophobie, au combat des Palestinien·nes. En cela, et débordant heureusement cette seule partie de la jeunesse, les conséquences de cette guerre et de ce soutien des dirigeant·es français auront nécessairement des conséquences politiques en dépit de celleux qui refusent de voir le « conflit israélo-palestinien » être importé en France.
La guerre d’agression russe en Ukraine
Trois ans de guerre en Ukraine (après déjà plusieurs années d’interventions et d’annexions de parties du territoire : Crimée, Donbass) n’ont pas les mêmes conséquences politiques internes parce que, jusqu’ici, moins clivantes (les fameux deux poids, deux mesures). Elles sont moins visibles et ne touchent pas aussi nettement des catégories de la population mais il y a eu des milliers d’initiatives de solidarité en France avec la population ukrainienne, des initiatives de base humanitaires comme des initiatives politiques, syndicales… Si ces initiatives moins marquées ont été importantes, ce n’est pas seulement parce qu’elles étaient en phase avec les déclarations gouvernementales qui condamnaient l’agression, ou qu’il s’agissait là d’être solidaires avec des blanc·ches, avec lesquels il serait plus facile de s’identifier. C’est aussi parce que l’Europe est une réalité géographique, historique et que le rapport de proximité, la mémoire collective des évènements dramatiques et des guerres sont nécessairement plus présents.
![« Stop war » par le collectif Black Lines. [Serge D’Ignazio]](https://www.lesutopiques.org/wp-content/uploads/2026/01/stop-war.webp)
Il ne s’agit pas obligatoirement de la perception d’un danger immédiat, mais de la compréhension, dans un contexte de relative proximité, qu’il faut être au côté d’une population qui entend choisir son destin en toute indépendance, et qui a montré à plusieurs reprises la façon dont elle défendait ses droits démocratiques et sociaux. Le tout, face à une dictature qui liquide ses opposants, peut raser des villes entières (en Tchétchénie, en Syrie), et entend annexer des territoires de son ancien empire, en infraction avec le droit international, comme elle l’a déjà fait en Géorgie à plusieurs reprises.
Comment ces évènements nous concernent ?
Des franges importantes de la population se sont senties concernées même si elles sont restées minoritaires et se sont peu exprimées sur le terrain même du travail. De fait, ces évènements sont loin et près en même temps. Ils entraînent des conséquences ici, sans pour autant qu’ils soient déterminants dans la manière dont massivement, ceux et celles qui constituent notre classe se déterminent à agir et plus généralement à s’exprimer sur le terrain politique. En revanche, les derniers évènements avec la nouvelle arrivée de Trump à la tête des États-Unis, ses menaces de retrait des États-Unis de leur implication en Ukraine et plus généralement en Europe, peuvent entraîner des conséquences beaucoup plus immédiates. Un budget militaire en hausse, un discours militariste l’accompagnant, tout cela pèse déjà sur nombre de propositions gouvernementales : matière à maintenir, voire augmenter, l’âge de départ en retraite, ponctions sur les retraité·es, orientations de l’épargne, annonces concernant le service national universel…
Sur ce plan, on est confronté·es à des réactions diverses :
➔ Celle qui considère que toute cette agitation ne vise qu’à imposer une austérité supplémentaire, que c’est l’occasion de faire payer aux travailleur·euses la note après avoir dû faire quelques concessions salariales, et imposer une nouvelle réforme des retraites ; qu’il n’y a pas de motif à s’interroger aujourd’hui sur les implications militaires des évènements actuels.
➔ Celle d’une acceptation plus ou moins marquée d’un réarmement au nom d’un intérêt national ou européen menacé par l’agresseur russe et le retrait américain.
➔ Autre réaction, cette fois-ci parmi certain·es de nos allié·es et partenaires dans le travail international, qui restent dans une vision très datée de la solidarité internationale : il n’y a qu’un impérialisme menaçant, l’impérialisme US, notre gouvernement est son allié, le reste n’existant tout simplement pas.
Il est difficile d’éviter les injonctions auxquelles nous allons être confrontés de part et d’autre. Pour le tenter, il faut discuter des changements dans la situation internationale et continuer à agir dans le sens de ce que nous avons fait depuis le début des évènements en Ukraine et en Palestine : marquer notre soutien, en lien avec un travail réalisé sur place quand nous le pouvions, avec des représentant·es de mouvements sociaux et syndicats en tout premier lieu et écouter ce qu’ielles ont à nous dire.
L’arrivée de Trump et son alliance avec Poutine ne sont pas sans conséquences : durcissement encore de la position de soutien à Israël et contre les Palestinien·nes, lâchage du soutien, notamment militaire, à l’Ukraine et complicité avec Poutine. Les menaces sont ainsi claires : accélération de la déportation des populations palestiniennes et occupation d’une grande partie du territoire ukrainien par la Russie, tout cela n’étant par ailleurs pas la fin des appétits israélien et russe. Les Palestinien·nes ne veulent toujours pas d’une solution sans eux et elles (qui les rayent de la carte), pas plus que les Ukrainien·nes. Pour les soutenir, ce sont leurs demandes que nous devons relayer : solidarité, boycott, désinvestissements, sanctions, mais aussi des armes (ce que demandent les Ukrainien·nes).
Un changement dans l’équilibre des forces international
La collusion Trump-Poutine questionne la place de l’Europe et de la France aujourd’hui. Ce qui est mis en cause ainsi c’est le pacte issu de la fin de la deuxième guerre mondiale et de la guerre froide, dans lequel, avec l’OTAN, on avait un bloc atlantique dominé par les États-Unis, faisant face à l’Union soviétique.
L’Europe était ainsi constituée et « protégée » sous domination militaire américaine ; la France ayant essayé, sous le gaullisme, de gagner son autonomie dans ce cadre, en sortant de l’Otan à l’époque et en se dotant de l’arme nucléaire. De nombreux coups de boutoir sont venus bousculer cet équilibre de forces : effondrement de l’URSS et du Pacte de Varsovie, montée en puissance économique puis militaire de la Chine, apparition de puissances économiques secondaires et parfois militaires (BRICS, Turquie…). L’Europe est restée paralysée par sa volonté d’être d’abord une zone financière et de libre échange étalant en permanence ses divisions politiques et ses faiblesses face à la domination états-unienne et aux pressions russes, perdant du crédit auprès des populations de l’UE par sa politique anti-sociale. Néanmoins, certains actes récents, centrés sur les enjeux sécuritaires et migratoires, prouvent que l’Union européenne sait faire, pour le pire, autre chose que du libre-échange. Quand Trump, déjà lors de son premier mandat, s’en prend aux dépenses des pays de l’OTAN et exige une augmentation des budgets militaires, il espère accroître les bénéfices des grandes entreprises US, car les Etats-Unis sont ceux qui, jusqu’à présent, bénéficient d’une partie essentielle des achats d’armes de la part des pays européens.
Les enjeux autour du droit international
Nous ne sommes pas des inconditionnels du droit international dans le sens où nous pensons que son état comme ses institutions sont le résultat d’un rapport de force, pour l’essentiel celui issu de la deuxième guerre mondiale, et qu’il n’exprime pas d’abord le droit des peuples (ce que montre régulièrement le Conseil de sécurité). Cela dit, au regard des évolutions les plus récentes de la situation, le droit international et ses principales créations institutionnelles ne constituent certes pas des remparts mais des points d’appui politiques et parfois matériels (l’UNRWA par exemple) pour la défense des droits dans le monde. Dans tous les cas, leur remise en cause systématique par le gouvernement états-unien, leur quasi-ignorance par la France et d’autres pays européens sur certaines questions : Palestine, Mayotte, Sahara… tout cela annonce de grandes difficultés, avec la légitimation, au bout du compte, du droit du plus fort.
Une place nouvelle pour l’Europe ?
Pour la nouvelle orientation états-unienne, l’Europe, du point de vue de la défense, devrait devenir le champ des européens, les États-Unis se réservant l’Amérique (étendue éventuellement au Groenland) et se concentrant sur la confrontation avec la Chine. S’agissant de la Russie, elle se trouverait libre d’agir (ou plus libre qu’aujourd’hui) dans sa zone de domination historique : Caucase, Europe de l’Est et centrale, Balkans. Il ne s’agit pas de montrer du doigt le monstre que constituerait une Russie prête à envahir l’Europe ou aux portes de la France mais face aux inquiétudes qui voient le jour en Ukraine, Géorgie, dans les Pays baltes, en Pologne, en Moldavie, etc., pays qui ont tous été sous domination russe à un moment ou un autre de leur histoire, on peut fermer les yeux ou alors la question de ce que devient l’Europe est nécessairement posée. Si la population et les travailleur·euses d’Ukraine ne doivent pas faire les frais de la nouvelle situation, comment et qui doit les aider ? S’il est hors de question de faire confiance aux dirigeant·es européens ou français, il n’est pas non plus possible de pratiquer une forme d’abstention quand des populations, des travailleur·euses, des syndicalistes nous disent vouloir agir en toute indépendance et choisir leur destin.
Nous avons toujours eu une position de critique de l’OTAN en prônant la sortie de cette alliance. Notre engagement dans la solidarité syndicale en Ukraine donne un exemple de ce qui peut être fait avec l’insistance que nous mettons, avec nos partenaires sur place, sur le droit à se défendre de façon armée ou non armée contre l’agression de la Russie et la défense des droits sociaux et démocratiques sur place, sans concession avec le pouvoir politique et les oligarques. S’il faut que se constitue une nouvelle forme de l’Europe, elle doit être basée sur la défense de droits sociaux et démocratiques largement absente aujourd’hui : une autre alliance politique, militaire, économique, écologique et sociale est possible. Face à une connivence Trump-Poutine qui popularise l’alliance des Etats avec les multinationales et un modèle politique réactionnaire, anti-démocratique, c’est une alternative possible, même si difficile à concrétiser.
Le retour de la question : quelle Europe ?
Les débats autour de l’Europe et de l’Europe sociale qui avaient marqué les années 1990 et 2000 ont passé. La question est reposée aujourd’hui avec les accents anti-américains de nos dirigeant·es, l’affirmation par la voie militaire de la nécessité d’une Europe politique. S’il ne faut pas prendre au mot les déclarations de celleux qui nous dirigent, et si par ailleurs, les divisions restent importantes dans l’UE, c’est le moment de redire, avec les autres syndicats si possibles, avec les mouvements sociaux, comment nous voyons les choses et quelle Europe nous voulons aujourd’hui dans le contexte des guerres actuelles mais aussi dans un projet plus vaste. Liste non exhaustive, non hiérarchisée et pas détaillée :
➔ Une Europe qui s’appuie sur le droit international : cela implique le soutien aux Ukrainien·nes (notamment par les armes) et aux Palestinien·nes en soutenant leurs demandes, en particulier la rupture de l’accord d’association de l’Europe avec Israël et la rupture avec le gouvernement génocidaire d’Israël (pression pour la fin de l’apartheid, de la colonisation, le droit au retour des réfugié·es), la reconnaissance d’un Etat palestinien (même si aujourd’hui rien n’est vivable).
➔ Une Europe ouverte sur le monde, avec la fin des politiques de répression des migrations (la fin de Frontex et des politiques d’externalisation).
➔ Une Europe sociale (des politiques du mieux disant social), démocratique (une rupture institutionnelle avec les traités existants), écologique (la remise en chantier de politiques écologiques et du climat).
➔ Une Europe qui rompe avec les accords de libre-échange, véritables machines à remettre en cause les droits sociaux et environnementaux tout en pratiquant des échanges justes et préoccupés d’écologie et des droits sociaux.
Quelles exigences pour la France ?
Dans le contexte, la France a, pour nous, une place particulière notamment parce que Macron (mais avant lui d’autres) ont la prétention de jouer un rôle spécifique : pour des raisons économiques, démographiques, impérialistes et militaires mais aussi parce que l’Europe politique nécessaire à une Europe militaire n’est pas construite à ce jour. La France est toujours une puissance militaire, même secondaire : présence à l’international, nombre de territoires ultra-marins, bombe nucléaire, rôle dans les ventes d’armes. Il est particulièrement important dans ce contexte de dire là aussi ce que nous voulons :
➔ Des armes pour l’Ukraine ;
➔ La sortie de l’OTAN ;
➔ La fin de la collaboration militaire avec Israël (collaboration par des ventes ou des achats d’armes, de systèmes de sécurité, de composants, par les travaux de recherches…) ;
➔ La fin des ventes d’armes et de systèmes de surveillance et de sécurité à des pays qui ne respectent pas le droit international et/ou utilisent ces armes à des fins de répression interne (Arabie Saoudite au Yémen, Égypte en interne, etc.) ;
➔ La fin de la présence militaire française extraterritoriale ;
➔ La fin de l’utilisation de l’armée à des fins de domination coloniale (Kanaky en particulier) ;
➔ L’ancrage de la France dans des politiques résolues de désarmement et de non-prolifération ;
➔ Pas d’économie de guerre, d’austérité, de politique sécuritaire restrictive des droits humains.
![Dessin de Katya Gritseva. [DR]](https://www.lesutopiques.org/wp-content/uploads/2026/01/Katya-Gritseva-1.webp)
Cela impliquerait une refonte du complexe militaro-industriel français mais pas nécessairement l’augmentation des budgets militaires. Dans tous les cas, la question démocratique et du contrôle est une question centrale : la nationalisation des industries d’armement doit être posée et avec elle le contrôle démocratique par les élu·es et les travailleur·euses sur la production des armes, leur destination et les engagements français éventuels.
Quelques éléments concrets qui peuvent aller dans le sens du refus de cette augmentation des budgets militaires :
➔ La consolidation des budgets des pays européens -ils ne sont pas consolidés aujourd’hui- constitueraient d’ores et déjà le plus gros budget militaire au monde.
➔ En parallèle des livraisons d’armes à l’Ukraine, l’application stricte des sanctions existantes contre la Russie sur les hydrocarbures, voire des sanctions supplémentaires permettraient de limiter l’argent reçu par la Russie et utilisé pour son effort d’armement, de même que l’utilisation des fonds russes gelés.
Des conséquences politiques face à tout ce bouleversement ?
Une interrogation demeure dans ce contexte changeant : la montée, qui semble inarrêtable, de l’extrême droite dans le continent européen va-t-elle se trouver enrayée ou encouragée par les évènements actuels ? Nous ne pouvons qu’être inquiet·es des conséquences qu’auraient des défaites sur les évolutions politiques dans nos pays. En ce sens, les gouvernements qui ont traîné à aider l’Ukraine, qui continuent leur soutien inconditionnel à Israël, portent une lourde responsabilité. Et nous ne voulons pas une Europe renforcée dans ses moyens militaires qui serait donnée clés en en main à l’extrême droite.
La question mérite d’être posée, car l’Europe que s’est construite jusque-là fait la part belle à l’extrême droite, y compris à une extrême droite pro-européenne, comme le montre Meloni en Italie. L’absence de politiques sociales de la part des gouvernements comme de l’UE, la focalisation sur les questions d’immigration et de sécurité ont créé une situation qui profite inexorablement aux forces les plus réactionnaires. Et si nous ne voulons pas ouvrir la porte à une Europe d’extrême droite, c’est en ayant le positionnement le plus global que nous pourrons y parvenir, ce qui n’est certes pas le plus facile. Ces forces peuvent continuer à progresser dans une situation où les enjeux internationaux ne sont pas nécessairement les plus concrets auprès de la population et où les politiques très dures de Trump sur l’immigration peuvent montrer que « c’est possible » non seulement de construire des murs mais de renvoyer massivement les immigré·es chez eux. Un Macron et des institutions européennes très décrédibilisées avec leurs expressions guerrières ne sont pas à même de convaincre du bien-fondé de politiques européennes autonomes face aux États-Unis et à la Russie, ce d’autant que les menaces austéritaires de remise en cause des droits sociaux sont présentées comme inévitables par nombre de dirigeant·es politiques.
La situation internationale difficile ne balaie pas les monstres actuels et les gesticulations de Macron n’y changeront rien. Il ne peut pas y avoir de réponse simpliste. Combattre les tentations nationalistes réactionnaires implique se battre ici, et aussi déployer un discours, des analyses parfois complexes, des actions de solidarité concrètes et tenter d’y associer le plus grand nombre de nos camarades, collègues de travail et partenaires militants. Les évènements dramatiques arrivent de jour en jour, ce texte est donc une contribution datée [début avril 2025]. Mais dans tous les cas nous savons que des cessez-le-feu, des trêves ou des paix sans justice imposés à des populations ne seront pas durables, de même que les appétits impérialistes encouragés par les défaites des opprimé·es ne peuvent que les amener à commettre d’autres crimes.
⬛ Verveine Angeli
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