Mai-juin 1936, Les fronts populaires…

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Les stratégies syndicales à l’orée des années 30

La crise économique ne stimule guère la combativité ouvrière. Sans doute peut-on noter des grèves longues et dures, des affrontements avec la police, voire des phénomènes nouveaux comme l’organisation des chômeurs et les « marches de la faim » de Saint-Nazaire à Nantes en juin 1993, du Nord sur Paris à la fin de l’année. Mais, globalement, l’activité revendicative reste faible […]

La CGT n’apparaît guère préoccupée par les luttes. Pour l’essentiel, elle fonctionne comme un groupe de pression sur l’Etat et développe une politique contractuelle, préconisant le recours systématique aux conventions collectives. Mais la crise et l’attitude patronale font qu’il y a de moins en moins de conventions collectives […] Quant à la CGTU, niant les faits, elle déclare que la résistance ouvrière se développe et que l’heure est à l’offensive. Mais les conflits qu’elle impulse se terminent souvent par des échecs. Pour elle aussi, les effectifs fondent. Dans ce contexte, on ne s’étonnera pas que les actions unitaires soient peu nombreuses. La question de l’unité, et même de la réunification, se pose cependant. Le 9 décembre 1930, 21 militants syndicalistes1 (6 CGT, 7 autonomes, 8 CGTU) rendent public une déclaration : « Pour reconstruire l’unité syndicale » ; Ils sont fort mal accueillis et l’opération tourne court2.

La réunification syndicale précède le Front populaire des partis politiques

[…] Les premiers pourparlers engagés en 1934 à l’initiative de la CGTU capotent dès janvier 1935. La raison en est une déclaration de Pianitski, secrétaire de l’Internationale Communiste, à propos de l’indépendance des syndicats : « Que signifie cette indépendance ? Les communistes renoncent-ils à avoir des fractions communistes dans les syndicats ? Renoncent-ils à y poursuivre leur politique ? Bien entendu que non ». La CGT demande à la CGTU de désavouer cette déclaration, ce qu’elle refuse. Le 19 mars, les deux Comités Confédéraux Nationaux constatent l’échec des premières discussions. Mais après le pacte Staline-Laval3, brusque changement de cap qu’exprime, non la CGTU, mais le PCF. C’est Gitton4 en effet, qui explique le 6 juin dans L’Humanité, que les communistes sont prêts à renoncer aux fractions syndicales. Les discussions reprennent alors, et les congrès de la CGT et de la CGTU qui se tiennent à la même date, le 27 septembre 1935, se mettent d’accord sur la procédure : une commission bipartite nationale, un processus de fusion mis en route au niveau des syndicats, puis des fédérations et des U.D., les deux CCN siégeant ensemble pour entériner ces fusions, la tenue d’un congrès d’unité avant le 31 janvier 1936. C’est peu dire qu’une partie des dirigeants confédéraux de la CGT ne sont guère enthousiastes. Le processus traîne mais, en même temps, la pression à la base s’amplifie : non seulement des congrès de fédérations se sont prononcées pour la fusion, mais les fusions locales se multiplient, notamment chez les cheminots ; Avec plus de deux mois de retard, le congrès de fusion se tient du 2 au 6 mars à Toulouse.

Grèves en mai

Pendant ce temps, les travailleurs attendent et le gouvernement Sarraut, resté en place, est censé expédier les affaires courantes […] la tension monte5. En témoigne la participation au 1er mai, qui survient entre les deux tours du scrutin. A Paris, il y a 120 000 grévistes sur 250 000 métallurgistes : Hotchkiss, Unic et Morane ont débrayé à 100% et, pour la première fois, Renault à 85%. Débrayage aussi à 100% dans le bâtiment, à 90% dans les taxis. En province, le phénomène est du même ordre. Partout, la participation aux manifestations est double ou triple par rapport aux années précédentes.

[…] C’est en province qu’apparaissent les premiers signes annonciateurs de la vague de grèves. Traditionnellement, les commentateurs mettent en évidence deux grèves, avec occupations, déclenchées pour protester contre le licenciement d’ouvriers grévistes le 1er mai, la première le 11, chez Bréguet au Havre, la deuxième le 13, chez Latécoère à Toulouse. On mentionne en revanche rarement que la grève chez Bréguet s’accompagna d’importants éléments d’autodéfense. […] Ainsi, le 11, quand la direction appelle la police pour faire évacuer l’usine, les 250 policiers trouvent en face d’eux 300 dockers armés de gourdins. Ils s’en retournent mais reviennent le lendemain. Les ouvriers se regroupent alors près du prototype de l’hydravion Bréguet 730 et préviennent que ledit prototype ne sortirait pas indemne d’un affrontement avec la police. C’est alors la direction qui demande à la police de se retirer…

Mais tout aussi annonciateurs de ce que seront les grèves de juin 36 sont l’occupation décidée en mai par les émailleurs de la Société générale des fonderies, à Saint-Michel-Sangland dans l’Aisne, et le conflit dans les papeteries à Saint-Julien en Corrèze : démarrée pour refuser une diminution de salaires, la grève se termine victorieusement le 5 mai avec une augmentation de 4%. Premier relais dans la région parisienne, la grève avec occupation de l’usine Bloch à Courbevoie, dès le 14 mai. En vingt-quatre heures, les ouvriers obtiennent satisfaction sur les salaires et le droit aux congés payés. Victoire également chez Lioré-Ollivier, à Villacoublay, et, le 23 mai, à la Compagnie de raffinage de Gonfreville. La presse ouvrière reste discrète. L’Humanité signale que, à Bréguet, la direction a capitulé « au moment où les ouvriers allaient passer une deuxième nuit dans l’usine ». Le mot « occupation » ne figure pas non plus dans l’article sur Latécoère […]

La traditionnelle manifestation du 24 mai au mur des fédérés […] est massive, combative, et colorée : 600 000 manifestants de toutes appartenances, parmi lesquels un cortège de l’Etoile nord-africaine de Messali Hadj, regroupant plusieurs milliers de travailleurs algériens derrière la banderole « Amnistie totale en Afrique du Nord – Abolition du code de l’indigénat », une banderole des soldats de Versailles, portée par des dirigeants des Jeunesses Socialistes : « La soldatesque versaillaise de 1871 assassinat la Commune. Les soldats de Versailles en 1936 la vengeront », des « socialistes chrétiens » qui portant une croix ornée de la faucille et du marteau, et chantent la Jeune Garde…

[…] Le mardi 26, c’est la métallurgie parisienne qui s’ébranle. Nieuport (Issy-les-Moulineaux), Lavalette (Saint-Ouen), Hotchkiss (Levallois) sont en grève et occupés. Sautter-Harlé, Liore-Ollivier (Villacoublay), l’imprimerie Crété à Corbeil, cessent également le travail, de même que les ouvriers agricoles de Mesnil-Amelot, à côté de Meaux. Le 27, Farman (Billancourt) débraye. Mais c’est évidemment Renault qui est décisif. Le 28 au matin, les 35 000 ouvriers de Renault cessent le travail, et c’est immédiatement la contagion dans toute la métallurgie parisienne : le jour même Fiat, Chausson, Gnome et Rhône, Talbot, LMT, Citroën, Brandt, Salmon (en tout près de 100 000 métallurgistes) sont en grève et occupés. Le mouvement s’étend dès ce jour à d’autres corporations, le bâtiment par exemple, sur les chantiers de l’Exposition. Mais le 29, la CGT appelle à la fin du conflit chez Renault, sur la base d’un médiocre compromis : relèvement des plus bas salaires de 3,25% à 3,50%. L’Humanité parle de « sortie dans l’enthousiasme », et Le Populaire stigmatise « quelques exaltés qui, dans l’île Seguin, semblaient douter de la victoire ».

[…] Quoi qu’il en soit, le vendredi 30, la tendance est très nettement à la reprise du travail : Farman, Nieuport, Talbot, Brandt, Citroën, Panhard, Chausson, Rosengart, etc., sont évacués. A l’exception de Gnome et Rhône, où l’accord est conclu quelques heures avant l’évacuation de Renault, les avantages acquis sont très maigres : Le Temps peut conclure le dimanche 31 mai : « Dans l’ensemble, le mouvement est en régression ».

Grèves en juin, panique patronale et … panique syndicale ?

Grève aux galeries Lafayette

[…] Dans la région parisienne, il n’y a plus, le 1er juin, que 10 usines de métallurgie occupées. Mais le 2 à midi il y en a 66, et le soir, 150. Ce qu’il y a de nouveau, c’est que la province entre elle aussi en lutte. Dans le Nord d’abord, où le 2 juin Fives-Lille est occupé. Puis, le 3, à Nantes, c’est le tour des Batignolles, le 4, c’est l’usine électrométallurgique de Dives, dans le Calvados. Dans l’Indre-et-Loire, ce sont trois usines sans tradition syndicale – les Ateliers Billard, les Etablissements Rocher, l’ébénisterie Sommier – qui partent en grève les premières. En même temps que, à Paris, la grève reprend à Renault et à Citroën, c’est peu à peu toute la province qui est atteinte : Toulouse, Nice, Marseille, Bordeaux, Brive, Rouen, Vierzon… Et surtout, le mouvement atteint maintenant l’ensemble des catégories professionnelles : la chimie, l’alimentation, le textile, le pétrole, l’habillement. A Paris, la grève de l’imprimerie et des NMPP fait que ne paraissent plus que Le Populaire, L’Humanité, Le Peuple et L’Aube. Le 6, à Saint-Nazaire, c’est la grève générale dans le bâtiment, et à Anzin, à Thivencelles, à Ostricourt, ce sont les mineurs qui sont en grève. La solidarité, peu à peu, s’organise. Elle est d’abord prise en charge par les municipalités de gauche. Puis c’est la famille, les amis, le quartier tout entier parfois, qui prend la relève : aux Lilas, c’est en cortège de voitures à bras que les syndicalistes collectent les provisions chez les commerçants. Au bout de quelques jours d’occupation, il faut bien aussi penser à se distraire : dès le 5, à Nantes, c’est un gréviste, par ailleurs cornettiste à piston à l’harmonie municipale, qui organise, dans l’usine, un bal populaire pour tous les habitants du quartier […]

{Quant au patronat] le 2 juin, avant la reprise du mouvement, c’est la stupeur. Ce sont 900 patrons de la métallurgie (sur 1 200) qui se réunissent en assemblée générale. Déjà traumatisé par l’atteinte à la propriété privée que représentent les occupations6, le patronat découvre avec effarement que les syndicats ne sont guère suivis. Du coup, leur ton devient d’ailleurs plus modéré : « L’impression est que le personnel ne semble pas disposer à placer la solution des conflits sur le terrain qui a été défini lors de l’engagement des pourparlers ».

[…] A gauche, dans les partis et syndicats, la situation est également confuse. Le 31 mars7, le congrès de la SFIO a voté, unanime, une motion de solidarité aux grévistes. Il n’y a guère de risque : le mouvement est alors général vers la reprise. Mais le 3 juin, alors que les grèves ont redémarré, les communistes croient pouvoir s’autoriser du vote du congrès SFIO pour proposer que la délégation des gauches prenne la même position. Non seulement ils se heurtent au refus des socialistes, mais Roger Salengro, futur ministre de l’Intérieur, demande qu’il soit mis un terme à cette « agitation injustifiée » et déclare : « Pour ma part, mon choix est fait entre l’ordre et l’anarchie. Je maintiendrai l’ordre envers et contre tous ». Le PCF a, durant quelques jours, une attitude prudente : « L’ordre assurera le succès », titre L’Humanité du 6 juin et Vaillant-Couturier précise : « Les pourparlers doivent être repris ». La CGT garde également une attitude fort équilibrée. Dès le 2 juin, elle a pris position contre la séquestration des patrons qui « doivent rester libres d’entrer et de sortir des établissements ». Le 3, le bureau confédéral et l’Union des syndicats de la région parisienne se déclarent très classiquement « résolus à maintenir le mouvement dans le cadre, la discipline et la tranquillité du début » et « prêts à y mettre un terme dès l’instant et partout où les justes revendications ouvrières seront satisfaites ».

L’extension des grèves fait que l’équipe gouvernementale se met en place dans une confusion certaine. Premier problème, dès le 5 : faute de mazout pour faire marcher les fours, Paris risque de manquer de pain. Jules Moch part immédiatement en voiture avec un dirigeant cégétiste ex-unitaire pour réquisitionner du mazout dans une entreprise occupée : la première entreprise visitée refuse tout net de leur ouvrit ses portes : personne n’y connait, ni le dirigeant syndical communiste, ni le secrétaire général du gouvernement. Il faut en chercher une autre… A peine ce problème est-il réglé, qu’apparaissent les préparatifs de grève dans les transports en commun de la région parisienne et dans les services publics (chemins de fer, PTT, électricité,…) ; Blum lève les bras au ciel : « J’aime mieux m’en aller tout de suite ». Cette fois-ci ce sont les ex-confédérés qui servent d’intermédiaire, Belin notamment, et arrivent à empêcher la grève.

[…] la panique a peu à peu gagné le camp des patrons : le 5 juin, Lambert-Ribot, dirigeant du Comité des forges8 et de la CGPF9, prend contact, par deux intermédiaires différents, avec Léon Blum, et lui demande d’organiser une rencontre avec la CGT. Consultée, la CGT accepte et les délégations se rencontrent le 7 juin à 15 heures. Sur le principe des conventions collectives comme sur la reconnaissance des « délégués ouvriers » élus par l’ensemble des travailleurs, l’accord se fait très rapidement : le second point apparaît d’ailleurs au patronat, échaudé par les grèves, comme un dispositif susceptible de canaliser les revendications ouvrières. La reconnaissance du droit syndical et l’absence de sanctions pour les grévistes sont également vite acquises, compensées par un paragraphe qui précise que le droit syndical « ne doit pas avoir pour conséquences des actes contraires aux lois ». Reste la question des salaires, que les syndicalistes abordent feuilles de paie à l’appui. Les patrons ont le bon goût de paraître surpris au vu des exemples cités […] Peu avant 1 heure du matin, la discussion est close : les représentants patronaux ont finalement accepté une formulation qui prévoit des augmentations de salaire de 7 à 15% (le total des augmentations ne devant pas dépasser 12% par établissement), ainsi qu’un paragraphe spécial mentionnant « le réajustement nécessaire des salaires anormalement bas » : « Ils ont cédé sur tout », laisse tomber Frachon en sortant de l’Hôtel Matignon.

Au lendemain de l’accord, les grandes organisations ouvrières sont à l’unisson : « La victoire est acquise » (L’Humanité) ; « Victoire sur la misère » (Le Peuple) ; « Victoire de la classe ouvrière » (Le Populaire), et le quotidien socialiste ajoute : « Une victoire ? Mieux, un triomphe ».

Dès le 8 juin cependant, les dirigeants syndicaux doivent déchanter : les travailleurs ne semblent pas considérer que cette victoire est aussi complète qu’on leur dit. Les premiers tests ont lieu dans les secteurs où le patronat avait réservé sa signature et ne s’estimait pas lié par les accords Matignon : les banques, les assurances et les grands magasins, tous secteurs où l’activité syndicale a toujours été faible, et où les traditions paternalistes sont fermement ancrées. Les banques d’abord. Dès le 7 au soir, la grève générale y est annoncée pour le lendemain. Mais ici, le patronat, bien aidé par la CGT et par le gouvernement, arrive à éviter la grève ; l’accord se conclut le 12, sans que le travail se soit arrêté, et après que les patrons ont d’emblée proposé de porter le salaire minimal annuel à 10 000 F pour les femmes et 12 000 pour les hommes.

Les assurances, elles aussi, n’avaient pas encore bougé. Le 8 au matin, la grève éclate simultanément à La Prévoyance, La Paix, le Patrimoine, Le Nord, La Préservatrice, L’Abeille, La France. Le 9, il y a 50 compagnies en grève et occupées. Le jour même, patrons et syndicats (CGT et CFTC10) concluent un accord qui prévoit notamment une hausse de 10% pour les salaires inférieurs à 12 000 F pour les hommes (et 10 000 pour les femmes), de 4 à 10% pour les salaires compris entre 12 000 et 18 000 F (10 000 et 12 000 pour les femmes). Le soir, CGT et CFTC demandent aux employés « d’approuver l’accord qu’elles ont signé, d’évacuer les locaux et de reprendre le travail ». Le 11, on peut lire dans Le Peuple : « le texte de l’accord concernant les assurances que nous avons publié hier matin était simplement un projet soumis à ratification des grévistes. Ceux-ci ne l’ont pas accepté en raison de son insuffisance. Les pourparlers sont provisoirement interrompus ». Et la grève continue…

Quant aux grands magasins, la plupart d’entre eux étaient déjà en grève avant Matignon. Le 8, ils sont rejoints par les succursales de La Semeuse, et surtout diverses catégories de personnel – les coiffeurs par exemple et, dans certains cas, des employés sédentaires – qui étaient restées jusque-là dans l’attente, rejoignent le mouvement. Le 9, sous l’égide de Roger Salengro, se tient une réunion syndicat-patronat : l’accord ne se fait ni sur les salaires, ni sur la fermeture deux jours consécutifs, ni sur la présence de représentants du personnel au conseil de discipline. Un comité inter-magasins est alors mis en place, qui se réunit tous les matins au Printemps.

Dans la métallurgie parisienne, les délégations ouvrières, suite à l’accord Matignon, prennent contact avec les patrons. Les revendications salariales sont en général plus élevées que ce qui est prévu par l’accord Matignon, et les patrons se dérobent. […] le jour même, s’est tenu, à l’appel de l’usine Hotchkiss, une réunion de coordination où étaient présentes 33 usines. Elle appelle à la création d’un comité de grève, et reconvoque une réunion pour le 11. Le mardi 9 au soir, le syndicat CGT des métaux convoque, salle Mathurin-Moreau, 700 délégués des usines en grève. Gauthier11 et Poirot12, au nom de la CGT, plaident pour la reprise du travail. La quasi-totalité des délégués qui interviennent se prononcent pour la coordination de la grève jusqu’à satisfaction des revendications. Le lendemain matin, mercredi 10, les patrons s’inquiètent : « Les établissements industriels se préoccupent vivement de la constatation, confirmée dans la journée d’hier, que le personnel ouvrier n’a pas accepté, d’emblée, les bases de règlement du conflit définies à cet arbitrage13, alors que l’unanimité des dirigeants a manifesté son adhésion aux dites bases ».

Les patrons sont d’autant plus inquiets que les nouvelles arrivent de province : loin de fléchir, le mouvement gréviste s’étend dans la métallurgie. C’est dès le lendemain des accords Matignon – le lundi 8 – que, par exemple, Chaffoteaux dans les Côtes-du-Nord, les Ateliers du Nord à Cannes et les Ateliers mécaniques de Mondeville dans le Calvados se mettent en grève. En fait, la grève est maintenant quasi générale dans toute la métallurgie de province, à la seule exception de la région lyonnaise. Or, à Paris, la situation devient explosive. Réunis le 10 par la CGT, les délégués de la métallurgie présentent aux patrons un ultimatum de quarante-huit heures, à l’expiration duquel ils annoncent qu’ils demanderont : « la nationalisation des usines de guerre et de celles travaillant pour l’Etat, leur fonctionnement étant assuré par le personnel technique et ouvrier sous le contrôle des ministères concernés ; que tous les moyens légaux soient utilisés pour mettre les autres entreprises dans l’obligation de signer le contrat collectif ». L’après-midi même, les patrons battent en retraite sur l’essentiel des revendications ouvrières. Le lendemain 11, à 16 heures, se tient la conférence des délégués d’usine convoquée par Hotchkiss : c’est un succès, avec 280 usines représentées, et le ton n’y est guère à la reprise. Au contraire, on y décide, à l’unanimité, de « renforcer la liaison inter-usines de tous les métallurgistes » et de « former un comité d’entente entre les usines ». A 19 heures, à la réunion convoquée par la CGT, les délégués métallurgistes estiment toujours que le compte n’y est pas et refusent de signer le protocole que défendent pourtant Frachon, Timbault14 et Costes15.

[…] Dans le bâtiment parisien, l’appel à la grève générale prend effet le 8, au lendemain même de l’accord Matignon. Les travaux en cours sont très vite arrêtés, y compris ceux de l’Exposition universelle. Dès le soir du 8, les terrassiers obtiennent satisfaction, ainsi que les maçons d’art le 9, les serruriers et les démolisseurs le 10. En revanche, les peintres, les miroitiers-vitriers et surtout les cimentiers, continuent la grève, malgré les efforts d’Arrachart, dirigeant de la CGT, pourtant très populaire.

Dans l’hôtellerie, les réunions qui se déroulent sous la présidence de Max Dormoy, se concluent le 9 au soir par un accord. Celui-ci est désavoué par la base, et le 10 au soir, le syndicat CGT doit appeler à la grève générale. Le 11 juin, tandis que se multiplient les heurts aux terrasses des cafés restés ouverts, ce sont 8 000 employés des cafés et hôtels qui manifestent dans les rues de Paris.

Non seulement la grève est alors générale dans une bonne cinquantaine de branches et professions, mais ce sont tous les jours des corporations nouvelles – et inattendues – qui se mettent en grève. Le 11, c’est le cas pour les ouvrières de la haute couture, les bouchers, les lads, les représentants de commerce. Le 12, ce sont les mariniers et les ouvriers coiffeurs. Ces phénomènes se reproduisent à l’identique en province.

[…] Le 11 juin représente indiscutablement le point culminant du mouvement. Tout peut alors basculer, et la bourgeoisie le sent bien. […] Au gouvernement, Blum fait voter au plus vite les projets sociaux auxquels il s’était engagé. Le résultat des votes témoigne de la panique qui règne alors dans l’opposition de droite. Alors que le Front populaire dispose de 380 députés (contre 220 à l’opposition), le texte instaurant les congés payés est voté le 11 juin par 563 voix contre 1. Le même jour, le texte sur les conventions collectives est adopté par 571 voix contre 5. Même la loi sur les 40 heures, qui sera plus tard l’objet de tant de polémiques, est adoptée le 12 par 408 voix contre 160. Quant au Sénat, bastion de l‘opposition devant lequel chutera dans quelques mois Léon Blum, il adopte les congés payés par 295 voix contre 2, les conventions collectives par 279 voix contre 5, et les 40 heures par 182 voix contre 64.

Mais bien plus que l’opposition de droite, c’est le mouvement gréviste qui inquiète alors le gouvernement. A sa demande, le Comité National du Rassemblement populaire annule les manifestations prévues à Paris le 14 juin afin de fêter la victoire électorale, et la repousse au 14 juillet. Le 11 juin, Blum reprend la vieille complainte des « agitateurs venus de l’extérieur » : « Il est très vrai qu’on a le sentiment de groupements suspects et étrangers à l’organisation syndicale. Ce que le gouvernement peut et doit dire, c’est qu’il est parfaitement résolu à assurer l’ordre dans la rue ». Effectivement, depuis plusieurs jours déjà, des déplacements de troupes sont signalés : vers Paris, vers le Nord, vers l’Aisne et la Somme où se développent les grèves d’ouvriers agricoles16. Le 12 au soir, le gouvernement fait saisir le journal trotskyste La Lutte ouvrière qui titrait : « Dans l’usine et la rue, le pouvoir aux ouvriers ».

Le PS17 et la CGT multiplient aussi leurs efforts pour que s’arrêtent les grèves. Les titres du Populaire sont désormais sans équivoque et portant tous sur l’arrêt des grèves. Le 11 juin : « 270 000 grévistes reprennent le travail dans le Nord ». Le 12 juin : Le travail reprend. Du côté de la CGT, Dumoulin, secrétaire de l’UD du Nord explique le 11 aux délégués des usines en grève : « Vous devez faire honneur à votre signature, sinon tous les risques seraient pour vous ». L’Union des syndicats de la région parisienne le 9, puis la Confédération le 11 vont dans le même sens. Mais ces diverses prises de position ne suffisent pas. Il devient nécessaire que le parti communiste intervienne en tant que tel et mette tout son poids dans la balance18.

Le 11 au soir, les membres du PCF de la région parisienne sont convoqués à une assemblée d’information au gymnase Jean Jaurès, où parle Maurice Thorez19 : « Nous n’avons pas encore avec nous, décidée comme nous jusqu’au bout, toute la population des campagnes. Nous risquerions même, en certains ca, de nous aliéner quelques sympathies des couches de la bourgeoisie et des paysans de France. Alors ? Alors il faut savoir terminer une grève dès que sa satisfaction a été obtenue. Il faut même savoir consentir au compromis si toutes les revendications n’ont pas encore été acceptées, mais si l’on a obtenu la victoire sur la plus essentielle des revendications. Tout n’est pas possible ». Le parti communiste a choisi de casser le mouvement, et, dès lors, la décrue s’amorce. Mais elle sera lente. […] Le 14 juillet, quand se tient enfin la manifestation destinée à fêter la victoire de la gauche, il y a encore plus de 1 500 entreprises en grève (dont 600 occupées), et plus de 160 000 grévistes.

[…] On comprend évidemment mieux les difficultés de la CGT réunifiée à contrôler le mouvement de juin 36 si l’on jette un regard lucide sur son implantation ! 785 728 adhérents, dont plus de la moitié (51,1%) sont des travailleurs à statut, qui ne bougeront pas ou fort peu, en juin 36 : pour la majeure partie d’entre eux, le patron c’est l’Etat, et l’Etat, c’est un gouvernement de gauche. A quoi il faut ajouter des éléments difficilement quantifiables, et qui tiennent pour l’essentiel à la répression patronale. Rares sont à cette époque les grandes entreprises qui disposent d’un syndicat stable : les responsables syndicaux sont la plupart du temps contraints à une semi-clandestinité. C’est, par exemple, le cas à Renault.

[…] C’est cette situation que juin 36 va bouleverser. Les chiffres globaux des effectifs de la CGT sont à eux seuls éloquents : de 1935 à 1937, elle passe de 4 000 à 16 000 syndicats, de 785 728 à 3 958 825 adhérents, soit un nombre d’adhérents multiplié par cinq en quelques mois. Nous disons bien en quelques mois, car cette progression est pour l’essentiel le résultat des grèves de juin 36. Sans doute la réunification avait-elle déjà agi comme un appel d’air : les transports et l’alimentation ont ainsi, dès mai 1936, davantage d’adhérents qu’à la fin de l’année 1935. La fédération des métaux, qui termine l’année 1935 avec 44 000 adhérents, en a 54 000 le 22 avril, et 65 000 le 15 mai. Mais cela est sans commune mesure avec les progressions ultérieures.

[…] Ni les 40 heures, ni les congés payés ne figuraient dans le programme du Rassemblement populaire : l’un et l’autre ont été de fait imposés par la mobilisation ouvrière de juin 1936. Une série d’autres réformes parmi l’œuvre législative quantitativement impressionnante du Front populaire, s’inscrit tant bien que mal dans les formulations souvent vagues du programme que s’était donné le Rassemblement. Curieusement, on oublie souvent qu’une partie des promesses dûment formulées dans ce programme n’ont en revanche pas été tenues. Il ne s’agit pourtant pas de points secondaires. C’est ainsi le cas du « régime de retraites suffisantes pour les veux travailleurs », toujours promis, jamais réalisé. De manière plus surprenante encore, c’est le cas du « Fonds national de chômage » qui venait pourtant en numéro un des engagements économiques, et dont il ne fut plus jamais question, passée la victoire électorale.

Bibliographie

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Daniel Guérin, « Front populaire, révolution manquée », Agone, 2013 [1963]

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Jacques Danos et Marcel Gibelin, « Juin 36 », Les bons caractères, 2012 [1950]

Guy Bourdé, « La défaite du Front populaire », La découverte, 1990 [1977]

Jacques Delperrié de Baynac, « Histoire du Front populaire », Fayard, 1972

Jean Vigreux, « Histoire du Front populaire. L’échappée belle », Tallandier, 2016

Serge Wolikow, « 1936, le monde du Front populaire », Le cherche midi, 2016

Pascal Ory, « La belle illusion : culture et politique sous le Front populaire », CNRS, 2016

Louis-Pascal Jacquemond, « L’espoir brisé : 1936, les femmes et le Front populaire », Belin, 2016

Morgan Poggioli, « A travail égal, salaire égal : la CGT et les femmes au temps du Front populaire », Editions universitaires de Dijon, 2006

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Printemps…été…1936

La faim ….

La fatigue…le travail…la misère…le chômage…

Le travail…la faim…le froid…la chaleur…la poussière

La poussière…la fatigue… la fatigue et l’ennui.

L’ennui et la fatigue…la fatigue et l’ennui

Voilà la vie des travailleurs

La voilà…la chaleur…la fatigue…la misère

L’ennui…le travail à la chaîne…la misère et l’ennui

Soudain le travail se réveille, casse sa chaîne…

Pose son outil…et tous les travailleurs se réveillent avec lui.

Et tous les cœurs se mettent à battre avec un grand bruit…

L’ennui s’enfuit…l’espoir s’amène…

Et voilà qu’il pousse un grand cri : la grève…

La grève…partout…partout la grève…

C’est une grève comme on n’en a pas vu souvent

Et le patronat grince des dents

Les ouvriers occupent les chantiers…les usines…

Les mineurs couchent dans leurs mines

Les garçons-épiciers campent chez Félix-Potin

Et ça dure des jours et des jours

Et ça dure des jours et des nuits…

Et les grévistes dorment…ils ont des rêves

Mais pour les gros c’est l’insomnie.

Pour le capital, c’est la mauvaise nuit…

La mauvaise nuit…

De sa fenêtre, le capital voit ses usines occupées

Par les hommes des taudis

Il voit des drapeaux rouges flotter

Et le tricolore aussi…

Mais les drapeaux tricolores, c’est pas ce qui lui fait peur.

C’est le rouge qu’il craint

Celui de la Commune…

Celui du Cuirassé Potemkine, celui d’octobre 1917

Celui qu’on agite dans toutes les rues… dans tous les pays

Et le capital se fait de la bille… il rage….

Tout se passe très bien…aucun incident

Le calme est impressionnant…

Il ne manque pas un boulon chez Renault

Pas une pompe à vélo chez Peugeot

Pas un bouton de guêtre chez Raoul

Pas un jambon chez Olida

Et l’on raconte même qu’aux Galeries Lafayette

Une vendeuse du rayon des layettes

A trouvé par terre une épingle de sûreté

Et qu’elle l’a rapporté au rayon mercerie !!!

L’ordre…

Le calme…

La correction…

Pas le moindre petit incident.

C’est inquiétant…

Mais il faut se méfier tout de même, camarades

Il tient le coup, le capital

On sait bien, grâce à vous

Il en a pris un bon coup

Mais tout de même, il tient le coup, camarades…

Méfiez-vous… méfiez-vous… méfiez-vous

Il est dur, rusé, sournois…le capital

Il vous passera la main dans le dos

Pour mieux vous passer la corde au cou

Méfiez-vous

Défendez-vous

Il est malin le capital, camarades

Il a plus d’un tour dans son sac

Méfiez-vous, camarades

Elle n’est pas tricolore, non plus

Elle est rouge la vie…

Défendez-vous contre la mort

Contre le monde des affameurs

Qui voudraient bien nous voir mourir

Au champ d’honneur

Pour la patrie….

Jacques Prévert

1 En réalité, 22 syndicalistes (7 CGT, 7 autonomes, 8 CGTU) ; d’où les noms de Manifeste des 22 et Comité des 22.

2 Dans « La révolution prolétarienne » de décembre 1931 (n°122), Pierre Monatte tirait le bilan de cet échec, dégageant les enseignements pour l’avenir. Dès les premières lignes, la lucidité des propos est frappante : « C’est un fait maintenant, le Comité des 22 est mort. Ses adversaires sont contents ; les uns montrent une joie discrète, d’autres dansent la gigue. Ses amis sont désolés; certains ne comprennent pas comment il a pu mourir ; ils en accusent Pierre ou Paul. Je me permets de dire aux premiers qu’ils se réjouissent trop vite ; ils sont débarrassés des 22, mais ils sont plus embarrassés que jamais par l’idée d’unité. Aussi les amis des 22 n’ont-ils pas lieu d’être découragés. Le Comité est disloqué, mais l’idée d’unité syndicale qui était sinon morte, du moins profondément endormie, il y a un an, est aujourd’hui bien réveillée, et plus vivante que jamais. N’est-ce pas l’essentiel ? ». L’avenir devait le confirmer …

3 En mai 1935, Pierre Laval est ministre des Affaires extérieures ; il signe alors un pacte franco-soviétique : « Monsieur Staline comprend et approuve la politique de défense nationale faite par la France pour maintenir sa force armée au niveau de sa défense ». Comme l’indique Jacques Kergoat « le surlendemain du communiqué Staline-Laval, la direction du PCF faisait coller massivement des affiches au titre explicite « Staline a raison« . Les conséquences sont immédiates en ce qui concerne le travail antimilitariste et l’attitude envers l’armée : la Tribune du soldat, dans L’Humanité, est supprimée. La Caserne et Le Conscrit – qui tiraient encore en avril 1935 à 20 000 exemplaires – ne paraissent plus ».

4 Marcel Gitton est alors un des secrétaires confédéraux de la CGTU ; il est aussi membre du Bureau Politique du Parti Communiste Français où, permutant avec Benoit Frachon lorsque celui-ci devient secrétaire de la CGTU, il a pris la responsabilité du « travail syndical du Parti », avant d’en être secrétaire à l’organisation.

5 Le second tour des élections législatives a lieu le 3 mai. Le Rassemblement populaire, majoritaire, est composé de la SFIO, du PCF et du Parti Radical. Alors qu’il lui est proposé – y compris par Sarraut, président du Conseil en exercice – de prendre ses fonctions au plus tôt, le leader de la SFIO, Léon Blum, refuse. Il s’en tient au calendrier fixant l’expiration du mandat de la Chambre élue en 1932 au mois de juin ; son gouvernement n’est formé que le 4 juin.[

6 Si ce mode d’action a quelquefois été utilisé auparavant (par exemple lors des grèves du Bâtiment au début des années 20), 1936 marque un cap nouveau par l’ampleur du phénomène. Au-delà de l’occupation physique des locaux, c’est la remise en cause du droit de propriété, par l’action directe collective des travailleurs et des travailleuses qui est insupportable pour le patronat ! L’occupation du lieu de travail signifie aussi, durant la grève, un rapport nouveau à la collectivité, à l’espace de travail, aux machines, l’organisation du contrôle de l’entreprise occupée, …

7 Il faut lire « 31 mai » ; le congrès de la SFIO s’est tenu du 30 mai au 2 juin. La Section Française de l’Internationale Ouvrière prendra le nom de Parti Socialiste en 1969.

8 Organisation patronale du secteur de la sidérurgie ; ancêtre de l’Union des Industries et Métiers de la Métallurgie (UIMM).

9 Confédération Générale de la Production Française. Elle se transforme durant cette année 1936 en Confédération Générale du Patronat Français, puis en Conseil National du Patronat Français (CNPF) en 1945, avant de devenir le Mouvement des Entreprises de France (MEDEF) en 1998.

10 Si la CGT réunifiée est de loin la force syndicale la plus importante, la CFTC pèse dans quelques professions. Il faut aussi noter l’existence de la CGT-SR ; elle ne compte que 5 à 6 000 membres en mai-juin 1936, mais joue un rôle moteur dans quelques endroits (des secteurs du Bâtiment en région parisienne, à Lyon, Toulouse, Rennes, Dijon ou Limoges, des entreprises métallurgiques en région parisienne, à Toulouse, ou Lyon, sur le port de Bordeaux, dans des mines à Saint-Etienne ou encore l’alimentation à Limoges. Un des deux ouvriers renvoyés de chez Latécoère à Toulouse pour avoir fait grève le 1er mai, ce qui provoqua la grève du 13 mai précédemment citée est un syndicaliste révolutionnaire de la CGT-SR.

11 Il s’agit d’Henri Gautier, trésorier du syndicat CGT des métallurgistes de la région parisienne.

12 René Poirot est secrétaire-adjoint du syndicat CGT des métallurgistes de la région parisienne. Gautier et Poirot sont membres de la Commission exécutive de la fédération CGT des Métaux.

13 L’arbitrage en question est l’accord Matignon.

14 Il s’agit de Jean-Pierre Timbaud, alors membre de la Commission exécutive de la fédération CGT des Métaux.

15 Alfred Costes est président de la fédération CGT des Métaux.

16 Il y a eu des grèves très fortes des ouvriers agricoles dans tout le nord de la Seine-et-Marne, dans la Somme, l’Aisne, l’Oise, mais aussi dans le Gard et l’Hérault, animées localement par des militants anarcho-syndicalistes de la CGT-SR à Beaucaire et d’un syndicat autonome à Aimargues.

17 En réalité, à cette époque, c’est la SFIO.

18 Lors du premier tour des élections législatives de 1936, le PCF recueille 15,26% des voix. Il est très présent dans la CGT réunifiée ; ainsi, Frachon, Timbaud, Costes, Gautier, Poirot, Arrachart, cités ici en tant que militants CGT sont des responsables du PCF.

19 Secrétaire général du Parti Communiste Français.

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Christian Mahieux, cheminot à la Gare de Lyon de 1976 à 2003, a été notamment secrétaire de la fédération SUD-Rail de 1999 à 2009, secrétaire national de l’Union syndicale Solidaires de 2008 à 2014. Il est aujourd’hui membre de SUD-Rail et de l’Union interprofessionnelle Solidaires Val-de-Marne.

Christian Mahieux

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Christian Mahieux, cheminot à la Gare de Lyon de 1976 à 2003, a été notamment secrétaire de la fédération SUD-Rail de 1999 à 2009, secrétaire national de l’Union syndicale Solidaires de 2008 à 2014. Il est aujourd’hui membre de SUD-Rail et de l’Union interprofessionnelle Solidaires Val-de-Marne.
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