L’histoire des locaux de l’Union syndicale Solidaires
Le 30 janvier 2008, les quelques animateurs et animatrices de notre Union syndicale de l’époque déménageaient du 93bis de la rue de Montreuil (75011 Paris), où ils occupaient une seule pièce, pour s’installer dans des locaux plus vastes, situés au 144 boulevard de la Villette (75019). C’est un tournant important dans la vie de notre Union qui marque une étape de notre développement. Au 93bis rue de Montreuil, l’Union occupait un local mis à sa disposition par le Syndicat national unifié des impôts (SNUI) dont le siège était fixé en face, au 80 rue de Montreuil. Solidaires national et l’Union départementale Solidaires Paris (installée depuis 10 ans dans le 9e arrondissement de Paris) s’installent ensemble dans ces nouveaux locaux dans l’est parisien, près de la Place du Colonel Fabien.
Cheminot retraité, Didier Fontaine a été secrétaire fédéral SUD-Rail, il co-anime l’Union départementale Solidaires Paris.

Le 144 boulevard de la Villette
Ce local du boulevard de la Villette, de 300 m2 sur 2 étages (la structure nationale occupait environ la moitié de cette surface et la structure départementale l’autre moitié), permettait enfin à l’Union syndicale d’avoir les moyens de fonctionner au quotidien de manière autonome. Cette surface permettait à une dizaine de camarades d’avoir un poste de travail ainsi que des salles de réunion. Au fil des années, nous avons pu obtenir quelques surfaces supplémentaires attenantes et ainsi aménager une deuxième salle de réunion et permettre à des syndicats du secteur privé de se développer. Les syndicats du commerce, de la prévention/sécurité ou du nettoyage ont ainsi pu obtenir des locaux en propre au 144 boulevard de la Villette favorisant, leur ancrage dans leurs secteurs respectifs. Donner la priorité au développement dans le secteur privé et aux Solidaires locaux (résolutions du congrès national de 2009) n’était donc plus seulement un slogan, mais bien une réalité à travers cet aménagement des locaux parisiens.
Dans la même logique, ces nouveaux locaux ont aussi permis d’accueillir, dans la même période, les premiers militant⸳es/salarié⸳es de l’Union syndicale issu⸳es de secteurs sans droits syndicaux ; les syndicats de l’industrie et du commerce ont ainsi pu bénéficier de cet appui. La proximité de l’Union départementale Solidaires Paris permettait de travailler de concert et de s’épauler dès qu’il s’agissait de mettre en musique les nombreuses initiatives de mobilisation ayant lieu en Île-de-France ; le conflit contre la réforme des retraites qui débute en mars 2010 pour s’achever par une énième manifestation en novembre de la même année a été porté par les équipes militantes de l’Île-de-France, en lien permanent avec les animateurs·trices nationaux de l’Union syndicale.
La construction d’un outil de formation interprofessionnel
Le local du 144 boulevard de la Villette était également le siège de l’organisme de formation de l’Union (le CEFI-Solidaires). L’existence d’une véritable salle de formation a permis d’animer nombre de sessions nationales et régionales dans un cadre interprofessionnel. Qu’il s’agisse de formations sur les institutions représentatives du personnel, de pratiques syndicales autour des conditions de travail, de l’histoire du mouvement ouvrier, de l’égalité hommes/femmes ou de la défense des travailleurs·euses sans-papiers, ce sont des centaines d’adhérent·es et de militant·es qui ont participé à ces formations et permis au CEFI-Solidaires d’obtenir tous les agréments d’un institut syndical reconnu.
![La bibliothèque, au deuxième étage du 31 rue de la Grange-aux-Belles. [Coll. CM]](https://www.lesutopiques.org/wp-content/uploads/2026/01/bibliotheque-au-deuxieme-etage-675x1024.webp)
Fin 2016, le débat sur les locaux est relancé dans l’organisation. Extrait d’une note du secrétariat national : « Les occupants du 144 boulevard de la Villette travaillent dans des conditions anormales. Exiguïté de locaux inadaptés au nombre de camarades présents quotidiennement et capacité de stockage du matériel inadaptée à nos besoins… Les perspectives ne vont pas s’arranger puisqu’à l’issue du prochain congrès, deux voire trois camarades vont intégrer l’équipe du SN et le CEFI envisage aussi de s’agrandir. Il y aura donc incapacité physique de loger les arrivant·es ». Le cahier des charges établi à l’époque indiquait la recherche d’un local d’environ 1000 m2 en location, plutôt dans l’est parisien, disposant d’une grande salle de réunion (d’une centaine de personnes) pour la tenue des réunions de nos instances nationales (bureaux et conseils nationaux) et éventuellement pour les conseils fédéraux des structures membres de Solidaires. Ce local devrait pouvoir contenir 4 ou 5 salles de formations permettant ainsi au CEFI-Solidaires de dispenser toutes les sessions en un même lieu ainsi que des espaces suffisants de stockage pour avoir à disposition l’ensemble du matériel syndical de mobilisation (drapeaux, affiches, tracts…).
L’arrivée au 31 rue de la Grange-aux-Belles
Après différentes visites, nous optons pour un local de 1500 m2 dans le 10ème arrondissement au 31 rue de la Grange-aux-Belles. C’est un clin d’œil à l’histoire sociale puisque ce local est situé à proximité immédiate du numéro 33 de la même rue et de l’impasse Chausson où était installée la maison des syndicats CGT depuis 1906 jusqu’en 1986.

Des travaux d’aménagement conséquents. Transformer ce nouvel espace en un local syndical fonctionnel a nécessité d’importants travaux d’aménagement qui ont duré plus de 6 mois, accompagnés d’un investissement financier conséquent. Le défi était d’adapter cet espace (qui était auparavant occupé par une société de fabrication de bijoux) à des usages multiples et diversifiés : accueillir des équipes permanentes, recevoir des camarades, organiser des réunions régulières, dispenser des formations, et stocker du matériel. Le déménagement a lieu le 14 décembre 2017.
AVANT …….
Avant son installation le 30 janvier 2008 au 144 boulevard de la Villette, l’Union syndicale était donc logée au 93 bis rue de Montreuil. Cette localisation avait commencé après le Congrès de novembre 2001, en janvier 2002, avec une très petite équipe : Annick Coupé, Gérard Gourguechon, Pierre Khalfa, Thierry Lescant, Jean-Michel Nathanson et Thierry Renard. Au préalable, avant janvier 2002, l’équipe était encore plus réduite et il n’y avait pas de local commun où les quelques camarades détachés par leur organisation syndicale d’origine pouvaient travailler ensemble. Annick Coupé et Thierry Renard étaient dans une même pièce, dans les locaux de SUD PTT, au 23 rue de la mare ; Gérard Gourguechon et Jean-Michel Nathanson étaient dans les locaux du SNUI, au 80 rue de Montreuil. Pour les réunions larges, l’Union avait recours à SUD-Rail qui, par le syndicat de Paris-Sud-Est, avait accès à une grande salle, rue Traversière, à proximité de la Gare de Lyon ; la grande salle du SNUI était également utilisée assez souvent. Le SNUI avait pu s’installer au 80 rue de Montreuil en 1986, en vendant ses 400 m2 situés rue des Mathurins (près de Saint-Lazare) : ceci a donné la possibilité de doubler la surface, de payer les travaux d’aménagement, et d’avoir ainsi un siège syndical qui soit un meilleur outil pour les équipes militantes, local situé près de la Place de la Nation, dans le « triangle d’or » des manifestations syndicales (République – Bastille – Nation). L’est de Paris avait aussi été retenu du fait du déménagement du ministère des Finances de la rue de Rivoli (une partie de l’immeuble du Palais du Louvre) à la rue de Bercy. Le 10 décembre 1981, date de la première réunion des Dix organisations syndicales qui ont décidé plus tard de se désigner « Groupe des Dix », c’est la salle du SNUI, installé alors au 40 rue des Mathurins, qui avait été retenue, car assez grande et centrale dans Paris.
⬛ Gérard Gourguechon
De nombreux occupant·es. Outre l’équipe nationale, occupent ce lieu différentes structures syndicales de l’Union : le centre de formation (CEFI), Solidaires Paris et Île-de-France, Solidaires Fonction publique, la fédération Sud Éducation, la fédération SUD Collectivités Territoriales, les syndicats ASSO, Solidaires RATP, Solidaires Informatique, SUD Prévention Sécurité, SUD Nettoyage Île-de-France et l’UNIRS. Quatre structures (appelées structures facilitatrices) financent les espaces collectifs au-delà de leurs bureaux (Solidaires national, Solidaires Fonction Publique, CEFI et Solidaires Paris). Des conventions d’occupation sont signées entre l’Union syndicale Solidaires et chaque structure résidente permettant une cohabitation harmonieuse entre tous. Un comité de gestion est mis en place. Des règles pour la réservation des salles sont édictées.
Un lieu de vie syndical dynamique : « la GAB ». Depuis 2018, le nouveau local, désormais nommé « la GAB », est devenu un véritable carrefour de la vie syndicale de l’Union. L’occupation des salles est quasi continue, atteignant parfois la saturation. Chaque année, près d’un millier de stagiaires participent aux sessions de formations organisées sur place.Avec le temps, la demande pour la réservation des salles s’est accrue, émanant de syndicats extérieurs à la GAB, ainsi que de collectifs de lutte et d’associations partenaires. Ces derniers y tiennent des réunions, souvent en soirée ou durant le week-end.

Une bibliothèque militante ouverte à toutes et tous. L’accès à la bibliothèque et à ses 2000 livres est ouvert à chaque personne présente dans les locaux Solidaires de la Grange-aux-Belles : aussi bien, les camarades qui y sont en permanence, que celles et ceux qui y viennent pour des réunions nationales, des sessions de formation, des réunions d’information, des débats, etc.
Un lieu fédérateur au service du mouvement syndical. La GAB n’est pas seulement un espace physique : c’est un lieu vivant, chargé de symboles et de luttes, qui incarne la volonté de l’Union syndicale Solidaires de promouvoir un syndicalisme combatif, ouvert et solidaire. Par ses infrastructures et ses espaces partagés, elle offre aux syndicats les moyens de se structurer, de former leurs militant·es et de développer leurs actions sur le terrain.
⬛ Didier Fontaine
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