Dernières parutions des éditons Syllepse

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Tout le pouvoir à l’assemblée

Une histoire du mouvement ouvrier espagnol pendant la transition (1970-1979)

Arnaud Dolidier

Dès le début des années 1970, les luttes ouvrières et sociales se multiplient en Espagne. Par ailleurs la dictature veut devenir plus présentable. Une «transition» avant l’heure s’amorce sous la pression populaire. Après la mort de Franco, en 1975, la « transition » s’organise en bon ordre avec la participation des partis socialiste et communiste. Cependant, de nombreux travailleurs et habitants des quartiers populaires veulent voir satisfaites leurs revendications sociales et changer de société.

Cette contestation sociale prend la forme de multiples assemblées, pratiquement permanentes et qui décident et organisent ce mouvement social original. C’est l’histoire de ce mouvement que nous propose ce livre. Revenant sur les luttes sociales sous le franquisme qui ont préparé l’éclosion de ce mouvement, il fait ensuite le récit de cette turbulente période. Appuyé sur d’abondantes sources, cet ouvrage retrace pas à pas les débats qui l’ont traversée, suit les expériences qui ont été menées et restitue le rythme des palpitations de ces assemblées ouvrières et populaires qui devront faire face à une sanglante répression.

Parution : Juin 2021

Pages : 296

Format : 150 x 210

ISBN : 978-2-84950-928-9


Contre l’antisémitisme et pour les droits des palestiniens

Recherches féministes et luttes de femmes

Pierre Stambul

L’oppression d’un peuple peut-elle cacher l’oppression d’un autre ? Le conflit israélo-palestinien est au cœur de cette interrogation. Pierre Stambul entend ici dénouer les fils inextricables de cette question. Il revient sur la genèse et les formes de l’antisémitisme et sur l’apparition du sionisme présenté comme réponse aux persécutions dont sont victimes les Juif·ves en Europe. Pour autant, la fondation de l’État d’Israël n’a pas éteint l’antisémitisme.

La nouvelle terre d’accueil née avec l’État ­d’Israël s’est développée aux dépens d’un autre peuple, le peuple palestinien dont les souffrances et l’oppression ne peuvent être indifférentes à ceux et celles qui luttent contre le racisme et l’antisémitisme, nous dit l’auteur.

L’ambition émancipatrice des peuples juifs d’Europe et d’ailleurs ne peut s’incarner dans un État colonial qui opprime les Palestiniens et les Palestiniennes. Il convient, ajoute l’auteur, de récuser l’équation Juif = sioniste et donc antisioniste = antisémite. Une confusion savamment entretenue par les défenseurs d’un ordre mondial fait de guerres et de domination, qui entend disqualifier tous ceux et toutes celles qui s’opposent à toutes les formes de domination et de racisme.

« Au contraire, la lutte contre l’antisémitisme doit retrouver l’universalisme de l’époque où une majorité de Juifs considéraient que leur émancipation, comme minorité opprimée, passait par l’émancipation de toute l’humanité », conclut l’auteur, qui avec ce récit historique concis propose des clés pour comprendre.

En annexe, un article, traduit du yiddish et publié en 1938 dans la presse de l’Union générale des travailleurs juifs (Bund), très influente en Pologne, qui était opposée au projet sioniste, vient éclairer le débat.

Parution : Septembre 2021

Pages : 80

Format : 150 x 150

ISBN : 978-2-84950-973-9


Des classes dangereuses à l’ennemi intérieur

Capitalisme, immigrations, racisme= une contre-histoire de la France

Saïd Bouamama

« L’“immigré” fonctionne […] comme un extra­ordinaire analyseur des régions les plus obscures de l’inconscient. » C’est par cette citation de Pierre Bourdieu que s’ouvre cet ouvrage, qui se propose de contribuer à écrire une contre-histoire de la France au prisme des immigrations et du racisme, constitutifs de son identité. Des premières immigrations au 19e siècle, à l’islamophobie et aux accusations de « communautarisme » et de «séparatisme», en passant par les Trente Glorieuses et la guerre d’Algérie, Saïd Bouamama propose une large réflexion historique sur les liens entre race, immigrations et construction nationale.

« Les questions liées à l’immigration, à ses héritiers français et aux quartiers populaires sont au cœur de la bataille pour l’hégémonie culturelle relancée de manière offensive par la classe dominante depuis le tournant ultralibéral de la décennie 1980. La bataille idéologique est incessante, prend sans cesse de nouveaux visages. Elle prend en premier lieu la forme de la diffusion de “nouvelles théories”  – grand remplacement, choc des civilisations, crise migratoire – dont le point commun est d’acclimater l’opinion publique à une approche culturaliste des faits sociaux et ainsi d’invisibiliser les causes sociales et économiques de réalités données.

Elle se concrétise en second lieu par des discours polémiques, dont le double point commun est la production d’une peur sociale, d’une part, et la désignation d’un ennemi porteur d’un péril pour notre sécurité, pour la République, pour la laïcité, pour le droit des femmes, etc., d’autre part. L’objectif de ce livre est de contribuer à la riposte contre cette interprétation fallacieuse de l’histoire et du présent. Il s’agit en premier lieu de resituer les questions dans leurs véritables cadres – historiques, économiques, politiques. Il s’agit en second lieu, par un travail de remise en perspective historique et d’analyse critique, de déconstruire les principales polémiques initiées par les idéologues des classes dominantes : intégration et assimilation, seuil de tolérance, communautarisme et séparatisme, islamogauchisme, etc

Des premières immigrations au 19e siècle à la loi séparatisme et aux violences policières, une somme qui donne à lire une contre-histoire de France.

Parution : Septembre 2021

Pages : 500

Format : 150 x 210

ISBN : 978-2-84950_960-9


Le gang de la Clémentine

Manifestations à Chalon-sur-Saône. Hiver 2019-2020

Romain Trouillet

Le Gang de la Clémentine défraya la chronique pour la première fois au cours de l’hiver 2019-2020, dans la petite ville de Chalon-sur-Saône, pendant le mouvement social contre la réforme des retraites. Au cours de cette lutte protéiforme qui permit de faire reculer le gouvernement, des activistes de tous horizons se rencontrèrent à Chalon, et constituèrent un groupe qui deviendra le Gang de la Clémentine. Le narrateur est l’un des membres de ce « gang »

Cette fiction sociale est une reconstitution des faits qui se déroulèrent au cours de cet hiver. S’il a choisi d’adopter un ton humoristique et décalé pour conter ces événements, l’auteur a tenté de rester fidèle à la réalité du mouvement tel qu’il a été vécu par les membres du gang et de nombreux·ses manifestant·es. Ce récit relate les aventures de ce gang. Il se transmet sous le manteau. Il doit en effet rester clandestin car il contient les réponses aux questions qui taraudent le pouvoir depuis le début du mouvement. Notamment celle-ci : qui se cache derrière le Gang de la Clémentine ?

Néanmoins, le manuscrit original est ­inachevé, tout comme les événements qu’il relate. Une pandémie mondiale a en effet contraint le gang de la Clémentine à entrer en dormance. Temporairement.

Parution : Juin 2021

Pages : 52

Format : 155 x 210

ISBN : 978-2-84950-853-4


Assiégées

Citadelles de la résistance – Transmettre

Collectif

Où se situent nos mémoires ?

Dans notre mémoire des lieux, au coin de la rue, quand un souvenir émerge. Dans le fond d’un carton poussiéreux d’archives; dans les musées coloniaux; les cimetières. Dans l’usine; les champs; les sites de construction; les chambres de bonne; les douches publiques. Les foyers de travailleurs immigrés; les bidonvilles; les camps; les prisons; les parloirs; les cités de transit. Dans les traversées. Dans des espaces prévus pour disparaître. Dans des espaces qui prévoient notre disparition.

Dans la garde que prend mon corps; nos jambes qui courent en zig-zag; nos cicatrices; mes poils; les mains abîmées par l’eau de javel; l’espace pour poser sa tête sur les jambes de Setti. Dans l’odeur de l’ail et des épices de « chez-moi » ; le miel et l’huile d’olive; les fleurs de jasmin; le bon café qui siffle dans l’ibriq. Dans les rituels couchés sur des papiers secrets ou transmis par le corps; les rituels afro-caribéens; les arts martiaux et les danses; le Gwo Ka, le Kalarri Payattu, la Capoeira, le Hip Hop.

Dans des mappemondes tenues à l’envers ; les vieilles photos et papiers d’identité enveloppés dans de l’aluminium; les foulards des aïeules; les jouets cachés au fond d’un tiroir, sous une pile de vieux sous-vêtements; nos laissez-passer, nos cartes de séjours, nos passeports ou leur absence. Nos silences et non-dits. Nos récits oraux et nos histoires. Nos tentatives pour préserver nos mémoires. Nos tentatives pour transmettre nos luttes, nos traces, nos sillons, nos mondes.

Ce cinquième numéro, « Transmettre », se propose d’adresser nos mémoires et amnésies intimes et collectives. Les transmissions passent par les corps, les gestes, l’ordinaire, le mondain, les luttes, par nos ancêtres et nos liens à la terre. Comment transmettre ? Qui transmet ? Où ? À qui ? Quoi et pourquoi ? Sous quelles conditions ?

Parution : Septembre 2021

Pages : 84

Format : 210 x 297

ISBN : 978-2-84950-978-4


Le syndicalisme en commun

Arguments pour une refondation

Collectif

Défaire l’emprise néolibérale sur toute la société appelle la « convergence des luttes ». L’exploitation, les oppressions, les injustices, les catastrophes écologiques ne sont pas isolables les unes des autres. Chacun·e dans sa vie le ressent. L’exigence d’une vie digne, le féminisme, l’antiracisme, l’écologie, la démocratie, les droits individuels et collectifs sont d’ores et déjà des causes partagées dans de nombreuses organisations syndicales. Mais une étape doit être franchie en tirant toutes les implications de cette transformation des pratiques et des représentations. Il en va de l’efficacité de leur action dans la société.
Pas de convergence des luttes sans intégration des causes. Tel est le message de ce livre-manifeste écrit par des syndicalistes qui ont entamé depuis plusieurs années une réflexion sur le renouvellement de l’action dans le monde professionnel.

Le temps de la mise en commun est venu pour le syndicalisme comme pour toutes les autres formes de mobilisation engagées dans une lutte globale contre le néolibéralisme mortifère. Le syndicalisme en-commun est le nom d’une refondation qui a déjà commencé.

Parution : Avril 2021

Pages : 96

Format : 115 x 190

ISBN : 978-2-84950-931-9


Autogestion. L’encyclopédie internationale

Volume 10

Collectif

Ce dixième volume consacre deux sections spéciales à La Commune de Paris et à l’expérience du syndicat autogestionnaire polonais Solidarité. Comme dans les volumes précédents on retrouve également des expériences concrètes d’autogestion en France et à l’étranger, d’hier et d’aujourd’hui, comme les squats et centres sociaux et autogérés à Mexico, une coopérative laitière en Inde qui ouvre la voie à l’indépendance des femmes ou les centres d’appui mutuel de Porto Rico. Au chapitre des idées autogestionnaires, la question de la reconversion industrielle et celle d’un plan de transition sociale écologique de l’agriculture ou encore des coopératives et la transition économique sont traitées. Enfin Bakounine théoricien de l’autogestion ? s’interroge une contribution. Le Manifeste du mutualisme et de l’autogestion conclut cette partie.


Colombie : un peuple en résistance

Collectif

Le 28 avril 2021 a marqué une nouvelle étape dans l’histoire de la mobilisation et de l’exercice de la protestation sociale en Colombie. La grève nationale appelée par les centrales syndicales a fini par devenir un grand soulèvement populaire. Ce même jour, les capitales des départements ont été le théâtre de mobilisations de travailleurs et travailleuses, de travailleurs informels, d’étudiant·es, d’organisations de quartier, de femmes, de communautés indigènes et afro-colombiennes; une expression sociale diverse et plurielle d’un peuple désespéré, acculé par la mise en œuvre de décennies de politiques néolibérales et abandonné à son propre sort pendant la pandémie [qui est très présente]. Ce soulèvement populaire s’inscrit dans une ligne de continuité avec les mobilisations urbaines du 21 novembre 2019, mais, cette fois, des villes intermédiaires et des zones rurales s’y sont jointes.

Des manifestations de rue ont eu lieu dans 600 municipalités et le nombre de manifestant·es a atteint environ cinq millions de personnes. Cette protestation de masse a déjà obtenu des résultats. La chute de la réforme fiscale [qui frappait les « classes moyennes» et les pauvres par une hausse massive de la TVA sur les biens et services], le départ du ministre des finances Alberto Carrasquilla et de son équipe économique, la démission de la ministre des affaires étrangères Claudia Blum, l’enlisement au Congrès des réformes de la santé, des retraites et du travail qui font partie du « Paquetazo » [du paquet de contre-réformes] du gouvernement d’Iván Duque exigé par les agences de notation et le FMI.

Ces résultats ont été obtenus malgré le déploiement policier et militaire sans précédent dans le pays, déploiement décidé par le gouvernement contre la mobilisation sociale. Les 50 assassinats, 400 disparitions, des centaines de blessé·es et des dizaines de femmes abusées sexuellement, ont été la conséquence du traitement de type guerre civile réservé à la protestation citoyenne par l’ESMAD [Escuadrón Móvil Antidisturbios, unités antiémeutes], la police, l’armée et les civils armés.

Témoignages sur place, échos des luttes, soutiens syndicaux : des éléments sur la résistance du peuple de Colombie face à l’Etat et ses forces répressives.


Myanmar : un peuple en résistance

Collectif

Début février, l’armée a pris le pouvoir en Birmanie. Un fort mouvement populaire s’oppose au coup d’État militaire. Les travailleuses, les travailleurs et leurs organisations syndicales sont en première ligne de cette résistance de masse. À l’heure d’Internet, l’information circule sur la lutte contre la dictature et sur la féroce et sanglante répression exercée par cette dernière.

Pourtant, les actions de solidarité sont bien faibles. Bien sûr, nous avons, tous et toutes, dans chaque région du monde, « nos priorités ». Mais la résistance de masse, organisée sur une base de classe, à une dictature militaire issue d’un coup d’État et qui massacre les manifestantes et manifestants, on pourrait penser que cela mérite de les bousculer, ces priorités? Par la solidarité financière: Europe solidaire sans frontière a fait une proposition, comme vous le lirez plus loin. Par la solidarité en action: les organisations syndicales ont pris position contre le coup d’État et pour le soutien aux manifestations populaires; cela ne vaut-il pas – au minimum – l’organisation de rassemblements aux abords des ambassades et consulats de Birmanie/Myanmar?

Bien entendu, tout cela suppose que l’information ne se limite pas aux « protestations » des gouvernements (pourtant si mal placés pour donner des leçons de démocratie et de protection des manifestantes et manifestants!); celle provenant des collectifs de travailleuses et de travailleurs, des syndicats, des mouvements sociaux, doit être privilégiée, pour étayer nos réflexions, nos connaissances et surtout nos actions.

Avec la réalisation de cet Antidote, le collectif des éditions Syllepse rassemble divers documents, mis à disposition des mouvements sociaux, ici, en France, voire plus largement, dans les pays francophones. Ils proviennent de sites associatifs, syndicaux, politiques, qui s’inscrivent dans les luttes et la perspective d’émancipation sociale.


Amérique latine

Les chemins de l’émancipation hantés par leur passé

Collectif

Si l’on doit chercher un endroit à notre époque où la question du pouvoir est posée le plus clairement et le plus frontalement, c’est probablement vers l’Amérique latine des dernières décennies qu’il faut se tourner. Les luttes des opprimé·es pour l’émancipation, qu’elles se situent sur le terrain de l’ordre bourgeois et néocolonial, du racisme, du patriarcat ou de la contestation par leur gauche des «expériences progressistes», n’y ont de cesse de bousculer le réel . L’intensité de la violence sociale, les défaites et les trop nombreux mort·es qui accompagnent ces processus ne doivent pas nous conduire à idéaliser la situation, mais force est de constater que les revers infligés ici ou là aux dominants offrent des enseignements dont l’intérêt transcende largement les frontières latino-américaines. Dans la continuité du travail éditorial sur la région, c’est l’objet de ces Cahiers de l’antidote, dans lesquels quelques auteurs de Syllepse brossent un tableau de dynamiques politiques aux rythmes et aux enjeux disparates. Cuba, Nicaragua, Bolivie, Brésil, Venezuela, Pérou, sont ainsi abordés.


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