Revue Solidaires « Les utopiques n° 2 » – décembre 2015

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Des ambitions particulières

Suffit-il de se proclamer force de transformation sociale pour l’être effectivement ? Suffit-il de l’écrire à longueur de pages pour emporter l’adhésion du plus grand nombre ? Ces deux questions interrogent le contenu et la stratégie pour gagner l’hégémonie des idées et préparer les affrontements de classes. Il n’ y a que les radicaux de pacotille pour croire qu’il suffit de slogans, de propagande abstraite et de posture de pseudo avant-garde pour faire émerger une conscience collective révolutionnaire… C’est aujourd’hui et maintenant que les choses se conçoivent et se construisent pour préparer les conditions du changement.

Catherine Lebrun est membre du Secrétariat national de l’Union syndicale Solidaires.

Syndicalisme de transformation sociale

La Charte d’Amiens a presque 110 ans ; comme bien d’autres références, certaines plus anciennes, cela ne signifie nullement que nous devons l’abandonner. Il nous incombe d’en traduire la signification concrète en ce début de 21ème siècle, sauf à nous contenter de nous y référer de congrès en congrès, sans prendre les moyens de la mettre réellement en œuvre. Nous avons à « défendre les intérêts matériels et moraux de nos membres ». La défense des intérêts matériels commence notamment par la défense des salaires et du pouvoir d’achat. Dans une société capitaliste, ceci doit amener le mouvement syndical à contester un système juridique et global qui permet que les travailleurs et les travailleuses soient exclus d’une partie des richesses qu’ils ont contribué à créer. La réflexion sur le droit de propriété est du ressort du mouvement syndical, de même que celle sur la démocratie dans l’entreprise. Cette « besogne », nous devons la mener en toute indépendance, notamment par rapport aux partis politiques. Ceci implique que nous soyons nous mêmes très « politiques », c’est-à-dire que nous débattions entre nous, à l’intérieur de l’organisation syndicale, et démocratiquement, de toutes les questions auxquelles nous sommes confrontées.

Gérard Gourguechon anime l’Union Nationale Interprofessionnelle des Retraité-es Solidaires (UNIRS), après avoir été notamment porte-parole de l’Union syndicale Solidaires et auparavant secrétaire général du Syndicat National Unifié des Impôts (SNUI).

Dossier : un autre foot est possible !

Le football n’a pas toujours eu bonne presse dans les sphères progressistes. Les images de violence, de racisme, d’homophobie ou de sexisme couplées avec le culte de la personnalité, de la réussite et du bling bling ont largement contribué à la construction d’une représentation négative, le football renvoyant alors à des expressions primaires et agissant comme un excellent opiacé populaire. Difficile alors de justifier un dossier football dans une revue syndicale… mais pas impossible pour autant! Derrière cette image peu ragoutante, existe un autre football, un football populaire, antisexiste et intrinsèquement anticapitaliste. Ces quelques lignes sont destinées à ouvrir la réflexion autour d’un football renouant avec les pratiques du sport ouvrier. Ce dossier comprend quatre textes :

Football populaire VS football businesse, de Nicolas Guez (Sud santé sociaux 93)

Pour un football militant et de transformation sociale, de Martial Chappet (Sud PTT 75)

Love football, de Maud Valegeas (Sud éducation Créteil) et Aurelie Edet (Sud santé sociaux 93)

Une interview d’un membre du groupe « les Bunkaneros » de Madrid., par Aurelien Boudon (Sud éducation Créteil) et Jérémie Berthuin (Sud éducation 30)

De l’internationalisation à la transnationalisation.

Pour la formation syndicale Solidaires Les utopiques  de mai 2015, Alain Bihr avait présenté une contribution intitulée « la phase actuelle du devenir-monde du capitalisme : la transnationalisation ». Pour notre revue, il a bien voulu retravailler une version plus courte, issue de l’article « Mondialisation », paru dans La novlangue libérale [Editions Page 2, Lausanne, 2007].

Alain Bihr, professeur honoraire de sociologie, a été l’un des membres fondateurs et des rédacteurs de la revue A Contre-Courant. Auteur de nombreux ouvrages sur le socialisme, le mouvement ouvrier, la dynamique des inégalités et l’extrême droite, il a notamment publié : La préhistoire du capital (2006), La novlangue néolibérale (2007), La logique méconnue du Capital (2010) et Les rapports sociaux de classe (2012), tous parus aux Editions Page 2 (Lausanne).

Ecologie : sous la transition, la dé-privatisation

Ce texte a été rédigé pour la formation syndicale Solidaires Les utopiques, en mai 2015.

Jade Lindgaard est journaliste à Mediapart où elle suit les questions environnementales. Elle est l’auteure notamment de Je crise climatique, la planète, ma chaudière et moi (La Découverte, 2014) et de La France invisible (sous la dir. de Stéphane Beaud et Joseph Confavreux), La Découverte, 2006

Défense des hors-statut et défense du statut : un rapport dialectique ; l’exemple du secteur ferroviaire

Syndicalisme de métiers, d’entreprises ou de branches: le débat sur l’organisation du mouvement syndical traverse son histoire. Il est toujours d’actualité et même incontournable dans une période où le patronat a réussi à diviser les travailleurs et les travailleuses, à travers une multitude de statuts. À partir de l’exemple du secteur ferroviaire, il s’agit ici de réfléchir sur la situation actuelle.

Cheminot à la gare de Lyon, à partir de 1976, Christian Mahieux a été militant de la CFDT-Cheminots jusqu’en janvier 1996, puis de SUD-Rail, dont il a notamment été secrétaire fédéral de 1999 à 2009.

La journée de la chemise !

L’affaire de la « chemise du DRH d’Air France » a fait coulé beaucoup d’encre cet automne ; ce fut aussi le prétexte à une campagne de dénigrement du syndicalisme, plus précisément du syndicalisme qui soutient sans réserve les luttes des salariés, de la part de la direction d’Air France et du gouvernement. Cet article rappelle quelques vérités sur le contexte actuel, mentionne des luttes passées et pointe la violence permanente du pouvoir patronal pour qui les effectifs salariés sont devenus définitivement la seule variable d’ajustement pour augmenter la profitabilité.

Salariés d’Air-France, Pierre « Buenaventura » Contesenne et Léon «  Davidovitch » Crémieux ont participé à la création de Sud aérien en 1996, puis à l’animation du syndicat national jusqu’en 2015.

Une compagnie internationaliste

La Compagnie Jolie Môme est une troupe qui joue ses propres créations et des œuvres comme celles de Brecht, de Prévert. Elle chante et joue dans la rue et sur scène. Elle lutte pour les droits des intermittent-es du spectacle et soutient les combats de tous les travailleurs-euses.

Le CLIC-P, l’intersyndicale qui fait peur aux patrons

Pour Brecht, « Dans toute idée, il faut chercher à qui elle va et de qui elle vient ; alors seulement on comprend son efficacité. » Quel lien peut-donc unir des dispositions aussi diverses que l’extension du travail du dimanche et de nuit, l’abaissement des moyens de défense des travailleurs, la marchandisation du sang, des privatisations d’aéroports et l’octroi d’actions gratuites contenues dans la loi Macron ? Satisfaire les injonctions de la commission européenne, pour qui la France doit rattraper son retard en matière de réformes structurelles, et accentuer la politique pro-business menée par le gouvernement, à l’œuvre depuis 2013 via l’ANI et le pacte de compétitivité.

Laurent Degoussée est secrétaire de la fédération Sud Commerce.

Face à la crise globale du capitalisme global, la décroissance est-elle une voie soutenable ?

La croissance indéfinie est impossible. Mais que recouvre la décroissance ? Et si le débat croissance-décroissance cachait celui sur la richesse et la valeur ?

Jean-Marie Harribey, professeur agrégé de sciences économiques et sociales à la retraite, a coprésidé ATTAC de 2006 à 2009 ; il en copréside aujourd‘hui le Conseil scientifique. Membre de Sud éducation, il était secrétaire général de l’Union Départementale CFDT de la Gironde en 1976, lors de la suspension de celle-ci par sa confédération.

La protection des fonctionnaires de la poste dans l’exercice de leurs mandats de représentation

Dans le numéro 6 de Droit social, en juin 2001, Jean-Marie Verdier, président honoraire de l’Université Paris x (Nanterre) rédigeait un article fondamental : « La protection des représentants des salariés dans l’entreprise : une logique du statut ». C’est dans la suite du chemin ainsi ouvert que se situe cette contribution centrée sur la situation à La poste.

Thierry Renard est avocat. Il a été responsable des questions juridiques pendant vingt ans pour le syndicat SUD PTT dont il est un des fondateurs, puis pour l’Union syndicale Solidaires

Retour vers le futur

Ce texte a paru dans Solidaritat, revue de l’Union Départementale Solidaires Gard. C’est une contribution au débat, pour l’unité d’action du syndicalisme de lutte. Il est signé, et là réside aussi son intérêt, à titre individuel, mais par quatre animateurs syndicaux gardois issus de Solidaires, la CGT, la CNT et la FSU. Il ouvre des perspectives et des pistes de réflexion qui invite à la poursuite du débat dans les prochains numéros de notre revue.

Les signataires sont Jérémie Berthuin de Solidaires 30, Niko Sallaberry de la CNT 30, Thomas Sattucci de la FSU 30 et Bernard Vire de l’UL CGT Alès.

Du passé, ne faisons pas toujours table rase…

« Avant, c’était plus facile », « dans le temps, on mobilisait plus facilement ». Vraiment ? La référence à un passé mythifié nous sert trop souvent à dissimuler nos faiblesses présentes. Le texte dont nous vous proposons quelques extraits a été écrit en… 1947. Si quelques références sont datées, 68 ans après, l’ensemble est très actuel ! Cette « Deuxième lettre d’un Ancien à quelques syndiqués sans galons », parue dans La Révolution prolétarienne d’avril 1947. Elle figure dans ce qui fut le dernier ouvrage de Pierre Monatte, « Trois scissions syndicales ».

Pierre Monatte (1881-1960) était correcteur d’imprimerie. Syndicaliste révolutionnaire, il est notamment fondateur de La Vie ouvrière, en 1909, puis de La Révolution prolétarienne, en 1925.

Suite au dossier « Un autre foot est possible » un adhérent de Solidaires a fait parvenir cette contribution argumentée :

Pour une critique radicale du sport contre l’illusion sportive

Petite bibliographie critique

Petite histoire


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Les Utopiques

La revue Les Utopiques parait depuis mai 2015.

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